09-11-2013
Chrétiens à Toulouse dans l’après guerre
Nous étions une famille de 7 enfants originaire d’une petite bourgeoisie depuis longtemps ruinée et qui avait gardé néanmoins le souci de donner une bonne éducation aux enfants. C’est ainsi que, bon an mal an, nous avons tous pu prendre l’orientation que nous souhaitions, avec le soutien de l’Ecole libre qui faisait partie de nos traditions.
La vie était celle de tout le monde : logement étroit, fins de mois difficiles. A cela s’ajoutait la maladie rapidement reconnue incurable de mon frère Jojo, le caractère dépressif de mon père Maurice. Ma mère, Marie Jeanne a dû prendre beaucoup sur elle. Nos relations habituelles étaient celles du cousinage.
Les difficultés de la vie étaient spontanément partagées dans la vie familiale avec le soutien d’une prière simple et sincère.
Nous participions à la Paroisse Saint Exupère où se côtoyaient les activités traditionnelles et le bouillonnement provoqué par les Patronages et les diverses tentatives de renouvellement de la vie chrétienne : mouvements de jeunesse, adaptation liturgique, toutes choses laissées aux bons soins des vicaires, tandis que le vieux curé vivait dans le splendide isolement d’un autre siècle. La nomination d’un Pro-Curé a fini par remédier à ce problème. Tout cela nous paraissait normal. Nous faisions confiance à cette Eglise qui montrait peu à peu un visage plus humain : la figure du Christ remplaçait la morale rigide que nos parents avaient reçue.
Posté par Pierre Raffin dans Biographie, Non classé | 5 Commentaires »





