02-12-2013
Chili
Nous avons fait connaissance avec ce pays grâce au CCFD. Chaque année, il proposait des campagnes de carême adaptées aux adolescents qui alliaient la découverte d’un pays et l’apprentissage de la solidarité. Tout cela se terminait par une fête avec exposition photographique, vente de bricolages, animations, prière.
C’est ainsi nous avons fait connaissance avec le Chili qui était en train de vivre une révolution démocratique. On y apprenait comment, à défaut de moyens pour faire des affiches, les murs se recouvraient de dessins colorés reprenant les espoirs du peuple chilien.
Là-dessus est venue l’annonce brutale du coup d’état, le 11 septembre 1973. Il allait enfoncer le pays dans une longue dictature. Cette histoire a été durement ressentie par les milieux politiques de gauche auxquels de nombreux chrétiens participaient – tout ce qui était inclus dans le fameux courant appelé Théologie de la Libération.
Il ne s’agissait pas que de théologiens, mais bien d’une manière pour le peuple de remonter aux traditions bibliques qui parlent d’un Peuple soumis à l’esclavage en Egypte et qui rencontre Dieu dans sa volonté de le libérer.
http://www.histoire.presse.fr/dossiers/chili/on-me-dit-je-vais-etre-fusille-28-08-2013-59569
« On me dit que je vais être fusillé »
Le réalisateur chilien Patricio Guzman raconte comment il a tourné La Bataille du Chili, jusqu’au coup d’État du 11 septembre 1973.
C’est ainsi qu’en 1982, nous avons vu débarquer à Toulouse Raoul et Maggy, un couple chilien qui avait fui le régime parce que Raoul y avait fait l’expérience de la prison. J’ai eu l’occasion de les accueillir, les aidant à trouver un travail et une formation, les invitant à donner leur témoignage dans des rencontres d’Eglise. Une phrase de Raoul reste dans ma mémoire : il parlait des tortures qu’il avait subies en prison et il avait remarqué que les tortionnaires eux-mêmes avaient peur de quelque chose : « Finalement, disait-il, ce n’étaient pas eux qui étaient libre, c’était moi ! »
Pendant le temps où ils sont restés à Toulouse, Raoul et Maggy m’ont fait connaître d’autres membres de l’émigration chilienne. Ils m’ont sensibilisé à leur culture et m’ont fait faire quelques progrès en espagnol… Certains d’entre eux ont eu des contacts plus approfondis avec la communauté chrétienne.
Je n’étais pas le seul :un de nos amis prêtre, André JARLAN a voulu s’engager plus loin. Il était aumônier de JOC en Aveyron et il a demandé à partir au Chili rejoindre un autre prêtre, Pierre DUBOIS, à la Victoria, une favella proche de Santiago. C’est là qu’il a été assassiné au cours d’une journée de protesta (protestation) organisée par le peuple.
Avec Maurice PUECH, nous venions de prendre en charge la paroisse de Villeneuve Tolosane et Frouzins. Nous avons eu les honneurs de la télé pour une interview de Maurice dans le jardin du presbytère parce qu’il connaissait bien André JARLAN. Plus tard, lorsque la municipalité nous a attribué une salle pour les activités paroissiales, nous l’avons faite appeler « Salle André JARLAN ». Un tableau de Maurice représentant André couché sur sa table de travail a été placé dans l’église puis envoyé à la Victoria lorsque la dictature a pris fin.
L’assassinat d’André JARLAN est devenu un témoignage de l’Eglise, dans un contexte où l’on pouvait voir des gens d’église proches du pouvoir tandis que d’autres vivaient avec le peuple les épisodes d’une libération qui passe par bien des souffrances et aussi la tentation de laisser l’oubli effacer les moments où l’on a ressenti ce que peut éprouver l’humanité qui est en nous, lorsqu’on lui parle de dignité, de solidarité et d’espérance.
Publié par Pierre Raffin dans Migrations - International - Rwanda | 2 Commentaires »
29-11-2013
1968 avec la JOC
Jeune prêtre, j’ai été nommé au Séminaire du Christ roi pour l’enseignement des Lettres Classiques. Je suis vite devenu professeur externe, occupé plutôt à l’apostolat de la JOC auquel j’ai été initié par un prêtre du quartier voisin, le Pont des Demoiselles.
Nous avons constitué un groupe d’apprentis avec des jeunes du quartier rencontrés dans la rue.
Le point culminant a été le rassemblement de Paris 67 pour le 40° anniversaire du mouvement.
La JOC avait acquis une grande expérience de ces rassemblements, convaincue de la valeur éducative de leur préparation. Le résultat était une expérience de communion profonde avec la totalité de la jeunesse ouvrière. Les jeunes exprimaient leurs conditions de vie et leur solidarité pour les porter ensemble et les faire bouger. Ils étaient confortés par la voix du Père GUERIN, fondateur de la JOC française, et celle de Paul VI dont le visage apparaissait sur grand écran. Il termina avec une citation du prophète Zacharie qui accompagnait les juifs à leur retour d’exil : « Nous voulons aller avec vous car nous avons appris que Dieu était avec vous ».
Peu de temps après ce rassemblement où la JOC avait donné magnifiquement la parole aux jeunes des milieux populaires, survenaient les évènements de Mai 68. On aurait dit que sa voix était perdue dans l’immense raz de marée produit par la contestation de la société de consommation : il y avaient d’autres biens à rechercher que la consommation matérielle, nous avions besoin d’une autre vie sociale !
Les jeunes que nous connaissions pouvaient se demander : à quoi bon nos revendications de jeunes de milieux populaires, à quoi bon aller chercher le Christ pour nous aider ? Ceux qui animent ce mouvement de Mai sont plus radicaux et leurs discours qui nous plaisent !
Certains nous ont quittés pour embrasser des mouvements plus cadrés ou plus radicaux. En tant que prêtres, nous nous sommes mobilisés pour aider les jeunes à faire Révision de Vie, à regarder ce qui se passe, apprécier les découvertes et les transformations vécues par leurs copains ou par eux-mêmes, se confronter avec la parole du Christ. Nous avions à leur rendre ce service : au plus fort de leurs engagements, les aider à demeurer libres, garder au cœur l’histoire du Mouvement Ouvrier dont ils portaient les valeurs et la personne du Christ qui nous accompagne sur la route.
Toutes ces préoccupations étaient l’objet de nos partages entre aumôniers : nous pouvions nous interpeller, vérifier ensemble la fidélité du mouvement aux grandes intuitions de la JOC et ses préoccupations apostoliques.
La JOC a fait ainsi l’expérience de dire une parole, apporter une revendication, être finalement reconnue tout en étant minoritaire dans la société.
Cette spiritualité du service d’un mouvement conduit par des chrétiens laïcs, porteurs des dynamismes découverts et approfondis par la lecture de l’Evangile est à la base de ce qu’on a appelé la Spiritualité de la Mission Ouvrière.
C’est dans cet esprit que nous avons abordé notre participation aux autres mouvements apostoliques en Monde Ouvrier tels que l’Action Catholique des Enfants et l’Action Catholique Ouvrière.
Publié par Pierre Raffin dans Action Catholique | 5 Commentaires »
26-11-2013
Fortunato
« Portugal est un jardin » dit la vieille chanson portugaise, une terre que souvent les portugais ont été amenés à quitter, mais ils gardent la nostalgie de la retrouver.
Tandis que s’achevait la construction du « Christ Roi » où je faisais ma brève carrière de professeur, un réfugié portugais se cachait la nuit dans les caves du chantier où il avait été embauché.
IL m’a plus tard raconté son histoire, c’était dans les années 65. Avec sa qualification de menuisier il a voulu un jour se risquer à traverser la frontière.
Fortunato se retrouve largué dans le chantier de la construction du « Christ Roi », il ne sait pas un mot de français et erre dans le quartier entre midi et deux à la recherche de quelqu’un qui pourra l’aider pour ses papiers… On l’interpelle : « Eh, o pourtuguès ! » . Enfin quelqu’un qui parle sa langue et avec qui il peut s’expliquer ! C’est son salut.
J’ai connu Fortunato lorsqu’il a pu faire venir sa famille. Il fallait donc inscrire les enfants au catéchisme. Le curé de la paroisse a fait appel à moi car il ne savait comment s’y prendre avec ces étrangers.
J’ai appris leur langue et nous avons avancé ensemble. Leur petite tribu est venu peu à peu les rejoindre. Nous les avons accueillis avec d’autres qui peuvent raconter comment l’immigration portugaise est devenue une histoire d’amitié. Il sont venus leurs expressions traditionnelles de foi, leurs coutumes, leur culture, nous les avons aidés à insérer leur foi dans leur vie quotidienne, leurs solidarités anciennes et nouvelles.
L’accueil des immigrés a toujours quelque chose d’improvisé : une porte s’entrouvre, mais nous avons la responsabilité d’aider à ce que quelque chose de plus durable et plus vaste se construise. C’est le chantier de l’Eglise où la foi se propose.
Certains, avec l’aide de l’Action Catholique Ouvrière en ont fait un livre : « Ils tissent les couleurs de la France » (Editions Ouvrières 1985). Une part de ce livre raconte les expériences de partage de foi entre immigrés toulousains de nationalités et de religions différentes à l’initiative d’un membre de l’ACO.
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Voici le poème que l’on trouve dans ce livre
Tu t’appelles Bon Dieu
Toi, Dieu,
Je ne sais pas qui tu es, ni où tu es.
Est-ce que tu es comme nous ?
Moi, tu sais, j’ai appris que tu avais un adversaire.
Et alors, on m’a appris à avoir peur de lui
Et de Toi aussi.
Il faudrait marcher droit, sinon…
L’un ou l’autre aurait puni;
Dans le ciel ou l’enfer, on serait fini.
Mais une fois la frontière passée
J’ai trouvé que
Toi, Dieu, tu es resté là-bas
A l’église du village
Cette église brodée d’or et de cailloux précieux.
Alors, ici, toi comme çà, tu n’existais pas.
Et je commençais à demander de tes nouvelles
Aux autres immigrés
Beaucoup m’ont dit :
Ne t’en fais pas : il est resté là-bas au village! »
Et je croyais que c’était vrai
Parce que j’allais pour te voir
Et je ne te voyais pas.
Mais j’ai eu besoin de savoir
Comment tu vivais ici.
Alors, j’ai trouvé que
Toi, tu n’existais pas comme là-bas
Et tun’étais pas orné d’or et de superstition.
Mais que tu étais simplement là,
Là-bas, tu étais toujours au même endroit.
On allait te voir.
Ici, tu viens vers nous, tu nous parles de la vie.
Tu sais, au début, nous avions peur
Mais après, nous t’avons
Et tu es venu parmi nous.
Ici, tu nous parles beaucoup de la vie
Tu ne nous as jamais parlé du ciel et de l’enfer
Comme là bas.
Même ton nom a changé.
Ici, nous avons appris que toi, tu t’appelles Bon Dieu
Maria
Depuis, Fortunato a fait fortune : avec Micas, son épouse, ils ont acquis à leur retraite une ancienne ferme qu’ils ont retapée. Le jardin est un jardin du Portugal, avec ses pieds de vignes, ses rangées de choux et de tomates, ses fleurs, de quoi accueillir sa nombreuse famille ainsi que cochons et volailles.
Publié par Pierre Raffin dans Migrations - International - Rwanda | 4 Commentaires »
23-11-2013
Vocation
On m’a souvent demandé : « Comment avez-vous eu la vocation de prêtre ? »
Je ne sais généralement que répondre car j’ai manifesté ce désir très jeune, je peux dire plutôt comment j’ai découvert ce qu’est un prêtre… les choix que j’ai faits consciemment pour le devenir, expliquer la préhistoire de ce désir et de ces choix.
Le premier moment significatif a été pour moi la première Communion faite à l’âge de 7 ans, précédée d’un temps de retraite animée par une vieille religieuse réputée pour savoir raconter des histoires.
Je crois que ce fut le début d’une rencontre personnelle avec le Christ. On nous apprenait à soigner le temps de l’action de grâce lorsqu’on vient de recevoir le Corps du Christ.
J’ai dès lors participé quotidiennement à la messe sans jamais ressentir la moindre monotonie. Je découvrais chaque fois un nouvel aspect de ce qui était célébré dans ces rites. La liturgie commençait alors avec le Psaume « Je m’avancerai jusqu’à l’autel de Dieu »… Il y avait déjà là toute la perspective de ma vie.
Plus tard, au cours d’une retraite, un prêtre nous avait expliqué les rites de la messe. J’ai retenu qu’elle était célébrée pour le salut du monde… Un autre m’a invité à apprendre par cœur, pour mieux les méditer, toutes les paroles de la messe.
Les sulpiciens, quant à eux aimaient nous faire méditer sur les textes liturgiques de l’ordination des prêtres et des différents degrés qui la préparent. J’ai retenu la formule : « Imitez ce que vous accomplissez » dans ces rites : si le Christ exprime son amour en se livrant sous la forme du pain et du vin, il nous demande d’être à notre tour ce pain rompu… pour le salut du monde.
Le Père TEILHARD DE CHARDIN, tandis qu’il faisait de longues expéditions à travers la Chine à la recherche des restes préhistoriques du sinanthrope, alors qu’il n’avait à sa disposition ni pain ni vin, avait composé sa «Messe sur le Monde ». C’est cette messe qu’à mon tour je récitais lorsque avec le Poste de Commandement de notre unité en Algérie nous nous déplacions pour suivre les opérations et, en ce qui me concernait, apporter les premiers secours aux blessés.
Peu de temps après mon ordination sacerdotale, j’ai trouvé dans une méditation faite par un jociste cette expression : « Ceux-ci, c’est mon corps ». L’auteur voulait dire que tous ces jeunes que le Christ lui apprenait à réunir dans son cœur étaient le Corps du Christ.
La Liturgie telle que l’entend le Concile est la prière d’un peuple qui célèbre le Christ.
Le Christ avait bien promis aux disciples : « je ne vous appellerai plus serviteurs mais amis ». Au fur et à mesure que l’on chemine en lui faisant confiance il se fait connaître à nous et élargit l’horizon donné à notre mission. Ses paroles n’ont pas fini de résonner : « Le pain que je lui donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde ».
Le prêtre est le ministre de l’Eucharistie, il doit ensuite imiter dans sa vie les mystères qu’il célèbre et inviter les autres chrétiens à le faire.
Quand on parle de vocation, on parle d’un désir, d’une affinité personnelle mais aussi d’évènements extérieurs qui sont venus vous bousculer ou tout simplement vous nourrir.
Enfant j’ai entendu un prédicateur dans la cathédrale de Lavaur reprendre en refrain cette phrase de l’Evangile : « Le maître est là et il t’appelle ». Cette phrase m’a touché parce qu’elle correspondait à ce que je cherchais alors. C’est ainsi que procède la Parole de Dieu. Elle n’agit que sur un coeur qui y est préparé. Cette Parole ne vient pas qu’une fois. Lors qu’on lit, comme je le fais chaque jour, un passage de cette parole, elle me nourrit pour la journée, ensuite une autre, ou la même, autrement.
La Parole de Dieu n’est pas seulement écrite dans des livres, elle est entendue dans telle ou telle réflexion que l’on reçoit des autres, de l’Eglise. Une autre jeune de la JOC écrivait : « Le mouvement joue pour moi le rôle du Christ », parce qu’il m’interpelle et me pousse à aimer les autres.
Il revenait à notre génération cette conviction du Concile : il a plu à Dieu que sa parole ne résonne pas seulement dans des cœurs isolés, mais qu’ils puissent se la renvoyer les uns aux autres pour avancer en peuple (Christ Lumière des Nations n° 9).
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20-11-2013
Une parenthèse, la guerre d’Algérie
Une parenthèse pour chacun d’entre nous : la Guerre d’Algérie. Nous l’avons vécue comme nos prédécesseurs la Captivité en 1939-45. Peut être nous y avaient ils préparés ?
Cette expérience nous a certainement transformés, au moins sur le plan politique : nous avons appris à nous déterminer en dehors de l’idéologie nécessaire à la conduite de cette guerre.
Mon poste d’infirmier m’a permis d’être un peu à l’écart des combats mais j’ai pu fraterniser aussi avec les populations que je devais soigner, avec les soldats supplétifs algériens et aussi les prisonniers de guerre.
J’ai pu faire aussi l’expérience de la différence vis-à-vis de mes compagnons de service. Tout cela se vivait dans une grande camaraderie. Ils étaient impressionnés de me voir lire la Bible régulièrement, ou les Degrés du Savoir de Jacques Maritain (929 pages ! de quoi occuper les jours d’inactivité). Les débats étaient parfois passionnés, ce qui m’a conduit à lire Zola et Gide et peut être de continuer à aborder par la littérature le débat avec les mentalités contemporaines
Publié par Pierre Raffin dans Biographie | Pas de Commentaires »
18-11-2013
L’Ecole Française de Spiritualité
La formation s’est poursuivie au Séminaire Régional de la rue des Teinturiers qui venait de se constituer à Toulouse. Elle était sous la conduite des Sulpiciens, du nom de la paroisse Saint Sulpice à Paris qui, au XVII° siècle avait accueilli un séminaire dans le but d’adapter à la réalité française les orientations du Concile de Trente. C’était aussi l’époque de Saint Vincent de Paul. Ils avaient une spiritualité commune que l’on a dénommé l’Ecole Française de Spiritualité. C’était une méditation centrée sur le Christ qui a pris chair et est devenu ainsi l’intermédiaire entre Dieu et les hommes. La spiritualité consistait à imprégner ceux qui voulaient devenir prêtres de cette mission du Christ et leur apprendre à lui laisser la place. Il n’y a qu’un seul Prêtre, le Christ et nous étions appelés à en devenir les ministres.
Les Sulpiciens avaient le souci de former avant tout des prêtres en vue du ministère paroissial. Ils avaient une grande expérience de la direction spirituelle. Cette pratique consiste en un dialogue renouvelé avec celui qui est accompagné. L’accompagnateur cherche à déceler l’action de l’Esprit de Dieu dans le cœur et la vie de celui qu’il accompagne et invite celui ci à y répondre en toute liberté.
Nous avons étés initiés aux nouveaux courants qui s’étaient manifestés dans l’Eglise depuis les années 30 : renouvellement de la liturgie et de la spiritualité sacerdotale, Action Catholique et enfin annonce du Concile convoqué par Jean XXIII.
L’École française de spiritualité est un concept forgé par l’abbé Henri Bremond dans les années 1920 pour définir le courant français issu de la Réforme catholique du XVIIe siècle1.
Dans l’École française de spiritualité, on a coutume de placer en premier lieu la Société de l’oratoire de Jésus fondée par Pierre de Bérulle, ainsi que le théologien Charles de Condren (1588-1641), mais également saint Vincent de Paul, Jean-Jacques Olier, saint Jean Eudes, saint Louis-Marie Grignion de Montfort et parfois Bossuet. On place quelquefois au sens large aux côtés de l’École française de spiritualité certains théologiens jansénistes, comme Jean Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran, proche de Bérulle, mais certains bérulliens ont pris position contre le mouvement janséniste.
L’École française de spiritualité a pour caractéristique de marquer l’accent sur le mystère de l’Incarnation et de préciser les rapports du Logos (Verbe incarné) dans la charité agissante, ceci a pour conséquence de placer au centre de ses préoccupations la sanctification du prêtre, en étant missionnaire des âmes.
Ce courant fut majoritaire dans la formation de la spiritualité et de la dévotion catholique, du milieu du XVIIe siècle au milieu du XXe siècle
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14-11-2013
Cabirol
J’ai manifesté très jeune le désir de devenir prêtre. Tandis que mes sœurs commençaient à prendre des responsabilités dans le scoutisme, je me suis orienté vers le Petit Séminaire où j’ai vécu mon adolescence. Le diocèse venait d’acquérir à Colomiers l’ancien château de Cabirol construit par une famille toulousaine qui avait réuni, grâce au commerce avec les « Colonies » une immense fortune.
C’était un pensionnat où l’on vivait en circuit un peu fermé mais, où les prêtres nos éducateurs, ordonnés au retour de leur Captivité en Allemagne, avaient été choisis pour leur ouverture d’esprit. Tout cela sous la houlette du Chanoine DELARUELLE, un prêtre agrégé d’Histoire qui insistait sur les qualités humaines et intellectuelles des candidats. On y pratiquait l’autodiscipline, le travail en équipe, les sorties éducatives, des journées de rencontre avec les familles, une formation sobre à la spiritualité et à la liturgie. Je me rappelle de la visite préparée avec soin du Maire de Colomiers, afin de nous sensibiliser au respect de ceux qui exercent une responsabilité civile. Nous étions formés dans le respect des traditions laïques dans la vie sociale.
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12-11-2013
En plongée
Merci de m’avoir lu jusqu’ici…
On visite le passé comme on fait de la plongée sous-marine. On se lance dans l’expédition en espérant trouver quelque coquillage. Peut-être les restes d’une embarcation ? Un petit toilettage et tout redevient vivant.
Et on se dit : que c’était bien ! On était capables de faire tout çà !
Peut être çà vaudrait le coup de faire de nouveaux voyages !
Il parait que le mot baptême signifie la plongée !
Plongée dans la vie de Dieu, plongée dans le passé où il s’est déjà fait connaître et plongé dans l’avenir qu’il nous promet.
Bon voyage et n’hésitez pas à ramener vos débris !
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09-11-2013
Chrétiens à Toulouse dans l’après guerre
Nous étions une famille de 7 enfants originaire d’une petite bourgeoisie depuis longtemps ruinée et qui avait gardé néanmoins le souci de donner une bonne éducation aux enfants. C’est ainsi que, bon an mal an, nous avons tous pu prendre l’orientation que nous souhaitions, avec le soutien de l’Ecole libre qui faisait partie de nos traditions.
La vie était celle de tout le monde : logement étroit, fins de mois difficiles. A cela s’ajoutait la maladie rapidement reconnue incurable de mon frère Jojo, le caractère dépressif de mon père Maurice. Ma mère, Marie Jeanne a dû prendre beaucoup sur elle. Nos relations habituelles étaient celles du cousinage.
Les difficultés de la vie étaient spontanément partagées dans la vie familiale avec le soutien d’une prière simple et sincère.
Nous participions à la Paroisse Saint Exupère où se côtoyaient les activités traditionnelles et le bouillonnement provoqué par les Patronages et les diverses tentatives de renouvellement de la vie chrétienne : mouvements de jeunesse, adaptation liturgique, toutes choses laissées aux bons soins des vicaires, tandis que le vieux curé vivait dans le splendide isolement d’un autre siècle. La nomination d’un Pro-Curé a fini par remédier à ce problème. Tout cela nous paraissait normal. Nous faisions confiance à cette Eglise qui montrait peu à peu un visage plus humain : la figure du Christ remplaçait la morale rigide que nos parents avaient reçue.
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09-11-2013
Bonjour
Pourquoi cette fête ?
Voici l’image que j’ai envoyée à mes amis. C’est une tapisserie de Don Robert. Ne pas confondre avec Don Robert, l’évêque de Toulouse, quoique… l’un de ses prédécesseurs, Gabriel GARRONE, employait souvent l’image de la tapisserie. Ceux qui font le tissage voient le revers de la tapisserie. Ils assemblent et répartissent les fils, ils font confiance à la trame qui leur a été fixée, mais quand ils retournent la tapisserie ils voient les formes et les couleurs qui se sont dégagées… et ils sont récompensés de leur travail.
Celui qui accomplit un travail d’Eglise est un tapissier affairé sur son coin de toile. Sa joie est de voir son travail réuni à celui des autres.
Il peut en avoir le souffle coupé… et il respire, pour un moment, de l’inspiration d’un Autre. Cet Autre a un visage et un nom, c’est ce que nous sommes chargés de faire découvrir.
C’est ce plaisir et ce bonheur que nous pourrions partager ensemble
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