16-01-2014

Le Baptême du Christ à Villeneuve Tolosane

Evangile de Matthieu , 3, 13-17

Le Baptême du Christ, église de Villeneuve Tolosane

Le Baptême du Christ, église de Villeneuve Tolosane

Un tableau du XVIII° s. dans l’église de Villeneuve Tolosane représente le Baptême du Christ. L’auteur a eu l’idée de représenter aussi les gens qui assistaient au baptême. Malheureusement, ils sont là comme de simples figurants.

Les chrétiens ont toujours essayé de se représenter l’histoire de Jésus mais c’est petit à petit que le sens de cette histoire leur apparaît mieux.

En lisant l’Evangile de Mathieu, on s’aperçoit que ces gens n’étaient pas là par hasard : ils étaient venus répondre à l’appel de Jean le Baptiste qui, dans un langage rocailleux, les invitait de façon pressante à un changement de vie :

« La cognée est à la racine de l’arbre, tout arbre qui ne donne pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu… » Certains répondaient spontanément : « Que devons nous faire ? »…tandis que d’autres regardaient avec méfiance ce nouveau leader qui pourrait un jour les embarrasser.

Ces gens étaient venus de loin mais ils étaient surtout conviés à un voyage intérieur. Il y avait un gué à passer pour entrer dans le monde nouveau. Jean leur demandait un geste radical qui montrerait leur réelle intension : « Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a pas ! »… et il les invitait au geste symbolique de se plonger dans l’eau du Jourdain en signe de purification et de renaissance.

Jésus vient se mêler à ce mouvement de conversion.

Jean le Baptiste est intimidé par cette rencontre : « Ce n’est pas à toi de te faire baptiser par moi… » Jésus répond : « il faut que nous accomplissions toute justice », toi et moi !

Jésus rend justice à Jean Baptiste et à ce peuple de croyants qui fait un geste de conversion. La justice Jean Baptiste consiste à laisser faire Jésus dans un geste dont il n’apprécie pas tout à fait la portée.

Comment pouvons nous entrer dans cette attitude de Jésus qui participe à la conversion de son peuple ?

Le Concile parle des qualités humaines appréciées par nos contemporains : elles sont vécues dans des mondes très divers : le monde de la santé, de l’éducation, de la vie syndicale ou politique… Il nous est demandé d’y participer, de les faire nôtres. Nous sommes en cela, comme le dit la suite du récit de l’Evangile, des fils bien aimés en qui le Père se complait, dont il est fier, parce qu’en nous se réalise son œuvre.

Publié par Pierre Raffin dans Action Culturelle, Patrimoine artistique, sermon | Pas de Commentaires »

09-01-2014

Angèle

Eglise Saint Amant Soult

Eglise Saint Amant Soult

Nous avons accompagné Angèle, une amie de 40 ans, au cimetière de Saint Amant Soult. Elle était membre d’un groupe de personnes qui souhaitaient vivre leur vie comme une consécration à Dieu en Jésus Christ…

Aussi loin qu’on remonte dans la tradition chrétienne, on trouve des exemples de cette sorte d’amour fou qui peut amener des personnes à s’investir dans une priorité donnée à l’amour du Christ qui prend la forme d’une passion.

Angèle,lors de sa jeunesse avait trouvé dans la JOC une école où l’on fait l’apprentissage des responsabilités, dans le concret d’une vie à transformer en vue d’un bonheur pour tous, dans le sillage de Jésus, de son amour pour les gens, de sa manière de former des disciples en leur apprenant à ne rien garder pour eux-mêmes mais à se tourner plutôt vers notre Père commun qui nous aime et qui nous attire vers Lui.

Le groupe, qui porte le nom de Travailleuses Chrétiennes, a le souci de vivre cette consécration au plus près de la vie du Monde Ouvrier. Comme d’autres membres de son groupe, Angèle a pris des responsabilités dans le monde syndical car elle y trouvait un moyen de rechercher et de mettre en œuvre la promotion collective du monde ouvrier.

Nous apprenons de ces militants que l’amélioration des conditions de vie n’est pas nécessairement la recherche d’un bien être personnel, mais plutôt un chemin où l’on apprend à rencontrer les autres, avancer avec eux, vouloir ensemble un dépassement.

Le chemin d’Angèle a brusquement bifurqué il y a 30 ans à la suite d’un accident de voiture, avec des mois de coma, qui l’a laissée gravement handicapée.

Avec ses amies, nous l’avons accompagnée dans la logique de ses choix de vie. Elle est restée longtemps déléguée des résidents de la maison de retraite où elle était entrée jeune, toujours avec le souci du collectif, qui était la marque de sa personnalité. Elle associait sa lutte pour vivre et faire vivre à son amour pour Jésus Christ qui nous a montré le Chemin et la Vie.

Il nous est donné dans notre vie de prêtre d’accompagner certaines de ces personnes que l’on peut qualifier de mystiques : des gens qui s’investissent à corps perdu sur un chemin qui les attire vers plus grand qu’eux-mêmes. A charge pour nous de rester à leur service, en gardant la conscience forte d’être nous-mêmes des compagnons sur cette route de vérité vis-à-vis de nous-mêmes et de vie.

Aujourd’hui, nous pouvons te redire :

« Ce que tu as donné en d’autre fleurira

Celui qui perd sa vie un jour la trouvera »

travailleuses-chretiennes.blog50.com

Pour s'informer

Pour s’informer

Publié par Pierre Raffin dans Action Catholique, mystique | Pas de Commentaires »

02-01-2014

La catéchèse à Villeneuve Tolosane

Par Brigitte LADUYE, catéchiste

 En 1996, au moment de l’inscription de mon fils Guillaume en 1ere année de catéchèse, Pierre Raffin alors prêtre à Villeneuve Tolosane m’a proposé d’initier un groupe d’enfants à la vie chrétienne. J’ai accepté et je le remercie encore pour la confiance qu’il m’a accordée.

Guilhaume Laduye

Ensemble, Pierre et tous les catéchistes, nous marchions sur un chemin d’initiation à la foi  de Jésus Christ pour conduire les enfants à des relations fraternelles.

Pierre savait rassembler les Paroisses de Villeneuve et de Frouzins pour des temps forts comme les kilomètres de soleil ou les chanteurs à l’étoile qui au temps de l’Avent offraient des chants de Noël sur le marché ou dans les maisons de retraite. Nous soutenions des projets pour aider des enfants en difficultés.

Les années de catéchèse ont été de solides fondations pour ces jeunes devenus aujourd’hui adultes.

rETRAITE 1 ) cOMMUNION vtJean François, Guillaume, Flora se joignent à moi pour vous souhaiter une belle fête pour vos 50 ans de vie offerte à Jésus Christ et de service aux autres.

Amitiés

Brigitte Laduye

 

 

Publié par Pierre Raffin dans Catéchèse | 1 Commentaire »

30-12-2013

le Choeur Saint Germier de Frouzins

Par Monique FREMEAU  et un groupe de choristes

 En ce temps-là, du temps où Pierre RAFFIN était curé de Frouzins, un petit groupe de chanteurs initiés par Chantal MATHE eurent la prétention de se constituer « chorale paroissiale » accompagné à l’orgue par Jacqueline MANNINI l’organiste liturgique. Pierre et Jacqueline

Esther PIGNOLO qui était à l’origine de ce petit groupe les accueillait tous les mercredis dans sa véranda.

Les chants auxquels étaient conviés les fidèles paroissiens pendant la messe dominicale, les Noëls traditionnels la nuit du 24 décembre, la participation aux célébrations diverses jalonnant l’année liturgique apportaient une dimension nouvelle :« Chanter c’est prier deux fois » paroles attribuées à St Augustin et reprises par Luther.

Prise de conscience que ce moyen d’expression est souvent meilleur que tout autre car la charge spirituelle est portée à la fois par les mots et la musique.

C’est aussi par le chant que se transmet une bonne part de l’enseignement biblique et catéchétique.

Enfin le chant est un puissant symbole d’unité. C’est tout cela que ressentaient confusément les acteurs de cette aventure.

Car ce fut une aventure ! Ce fut aussi la naissance d’esprit -osons les mots- de fraternité et d’amitié entre les chanteurs qui donnaient le meilleur d’eux-mêmes au service de la communauté paroissiale.

Jean Marc Monique Stella

Jean Marc Monique Stella

Dotée de la confiance de leur pasteur, la chorale s’élargit : altos, ténors et basses firent leur apparition et accompagnèrent les sopranos. La qualité musicale des chants et le dynamisme de l’animation entraînaient les membres de l’Assemblée. Ce fut « la chorale paroissiale élargie » qui se retrouvait pour les grandes occasions.

Le départ de Pierre RAFFIN et les changements qui suivirent amenèrent la chorale à se « laïciser » et à se constituer en association loi 1901 dont Jean-Marc DUBOURG fut le président actif.

Elle prit alors le nom de « Choeur Saint-Germier » sous la direction de Monique FREMEAU.

Petit à petit ce groupe s’étoffa et l’on compta jusqu’à 45 choristes qui répétaient dans une salle octroyée par la mairie de Frouzins.

Cet ensemble vocal proposa un répertoire de pièces de musique sacrée du Moyen-âge à nos jours, oeuvres de compositeurs connus : Mozart, Lotti, Pergolèse, Gounod, Franck, Bach

Deux oeuvres majeures resteront dans les mémoires ; La Messe en Do Majeur dite « Aux chapelles » de Charles Gounod et « Les sept paroles du Christ en Croix » de César Franck.

Pitié Sainte Marie des Anges

Pitié Sainte Marie des Anges

Le choeur s’est produit pour des concerts donnés au profit d’oeuvres caritatives et humanitaires. Il a d’ailleurs eu le plaisir de chanter à Ste Germaine-Ste Marie des Anges, nouvelle paroisse de Pierre Raffin.

Tout au long de ces années, il a été accompagné au piano ou à l’orgue par des bénévoles et particulièrement par Anh Vu Tran pianiste confirmé.

Tous les ans, pour la fête de la musique, un moment musical et convivial réunit tous les parents et amis à la Chapelle des soeurs des Missions étrangères au domaine de Lamothe.

Des deuils, des départs ont affecté ce groupe qui a terminé son histoire par un très beau concert donné en juin 2013 au temple protestant de Vabre dans le Tarn.

L’Association « Choeur St Germier » dont la présidence était alors assurée par Edmée CARBOUE, a été dissoute au mois de juin 2013 laissant certes des regrets mais surtout le plaisir et le souvenir d’un accomplissement.

Concert les sespt paroles à SMA

Publié par Pierre Raffin dans Action Culturelle | 1 Commentaire »

27-12-2013

La Croix des Pousses

La Croix des Pousses  au Cimetière de Villeneuve Tolosane

La Croix des Pousses
au Cimetière de Villeneuve Tolosane

Pourquoi ériger une croix dans un cimetière?

Par Jacqueline Guyot     jacquelineguyot@gmail.com

 Des chrétiens souffraient d’un manque de signe religieux dans ce nouveau cimetière des Pousses, alors qu’au village une jolie chapelle dédiée à Notre Dame des champs située dans le cimetière de Cugnaux Villeneuve, cela permet aux chrétiens de prier et de se recueillir.

Après avoir sollicité monsieur le Maire, de ce projet et obtenu son accord, une souscription a été ouverte. C’est un jeune sculpteur du Tarn Frédéric EYRAUD, qui a été retenu pour finaliser le projet. Durant la semaine Sainte, il nous a présenté des esquisses, au cours d’une conférence animée par le père Alain MARCHADOUR bibliste, et recteur de l’Ecole Biblique à Jérusalem dans les années 2004, sur la croix du Christ.

Pour la Toussaint, la croix est érigée au cimetière des Pousses en présence des responsables de la municipalité Le socle est réalisé par les employés municipaux et trois plaques y sont apposées :

« L’Amour espère tout » St Paul………, la deuxième plaque pour remercier le sculpteur Frédéric Ayraud et les donateurs  et la troisième plaque rappelle le génocide rwandais :  une fois par an des rwandais se réunissent autour de la croix pour prier pour leurs défunts et ceux du génocide.

Ce monument est entretenu et fleuri par la piété populaire.

Publié par Pierre Raffin dans Action Culturelle, Laïcité | 1 Commentaire »

26-12-2013

la fête est arrivée

Nous sommes au jour « J ». Le journal la Dépêche a déjà donné le ton par un article sympathique.

si l'impossible devenait possible!

si l’impossible devenait possible!

16 h 45 les amis commencent d’arriver. Combien seront-ils pour le partage ? On commence à se réunir dans l’église pour rappeler les objectifs de la fête…

Parler du prêtre au milieu des hommes… raconter, dessiner un profil… Quatre groupes de 20 personnes se forment pour dire : « un prêtre, où en avons vu un ? Dans quelles circonstances de notre vie, de la vie de l’église, du monde ? »

Dans l’un des carrefours, les participants ont été heureux de se retrouver au milieu de ma famille, dans la diversité des cheminements de chacun et aussi l’affection, la fidélité, la foi qui nous réunit. Nous avons eu la chance de vivre cet accompagnement mutuel.

D’autres ont insisté sur les liens personnels que nous avons tissé à partir d’évènements, de contacts commencés pour un sacrement, animer des groupes de catéchèse, réfléchir ensemble à notre mission. Il me semblait retrouver les phrases du Concile disant qu’il y a des valeurs qui sont « prisées par nos contemporains ». Notre témoignage peut être estimé et reçu s’il est vécu dans un climat de droiture, de sincérité, d’effort pour accueillir les questions qui nous provoquent tous, telles que la recherche de la solidarité et de la justice sans cesse renouvelée.

P1100276D’autre encore ont pu exprimer des combats où ils sont davantage engagés, tels que la place des femmes dans l‘église, la place exclus  dans la société et le soutien qu’ils ont trouvé auprès de prêtres qui les ont marqués, engagés sur des terrains divers : « un prêtre introduit de l’humanisme dans le matérialisme ».

Le prêtre est là pour célébrer, mais aussi pour accompagner, nous faire avancer ensemble.

Un prêtre a besoin lui-même d’une communauté pour avancer.

J’avais trouvé cela dans les échanges que nous avons faits grâce au blog. On trouve aussi dans le blog des questions parfois angoissantes sur ce que les générations plus jeunes ont reçu de notre témoignage.

Nous avions besoin de cette rencontre pour apprécier l’authenticité chrétienne de ce que nous vivons. C’est ce que la présence de Jacques DESPIERRE, ancien évêque de Carcassonne est venu nous apporter. Il était déjà connu des plus anciens car il avait été aumônier de la JOC à Toulouse et il n’a pas eu beaucoup de peine à rassembler les premiers arrivés qui avaient participé au débat et les nombreux paroissiens et prêtres venus célébrer l’Eucharistie avec lui.

Ses paroles nous ont touchés car elles rejoignaient le cœur de ce que nous essayons de vivre et que nous avons évoqué dans nos débats.P1100277

Prière intense présidée par l’évêque et les prêtres de mes amis qui ont pu se déplacer. Comme les lévites autrefois, nous avons reçu, en nous impliquant nous-mêmes, l’offrande de vie du peuple chrétien qui a trouvé un espace pour vivre et avancer dans sa foi, puis, nous avons prononcé les paroles sacramentelles à la suite du Christ : « ceci est mon corps », il aurait aussi pu bien dire : « ceux-ci c’est mon corps », un corps qui trouve son unité mais aussi qui s’est rendu prêt pour de nouvelles étapes dans sa marche vers le Royaume qui lui est promis.

P1100285La célébration s’est terminée par des phrases d’action de grâce prononcées par des participants aux carrefours –assurés d’être sur « le chemin où Dieu nous attend pour bâtir son Royaume de justice et de paix ».

L’action e grâce, c’était aussi les remerciements  pour les témoignages d’amitié et les nombreux cadeaux et offrandes d’argent qui viennent les émailler.

En un clin d’œil l’église s’est transformée ensuite en salle des fêtes pour prolonger d’une autre façon ce qui nous a réunis. Apéritif et repas pour 200 personnes offerts par la communauté chrétienne, desserts apportés par chacun comme convenu, musique du folklore de Noël et danses de Rwanda…

Aussitôt les invités partis, en un nouveau clin d’œil les restes étaient distribués et le mobilier de l’église retrouvait sa place habituelle.

Certains auraient pu s’étonner de voir l’église transformée pour un repas de fête. Non, non : quelque chose comme çà s’est passé avec  Jésus en Galilée, car il était l’invité de la fête !

 

 

Publié par Pierre Raffin dans Biographie | 1 Commentaire »

19-12-2013

« Le bonheur est dans les prés »

Après presque 20 ans dans le secteur urbain de Jolimont-la Juncasse, on m’a demandé d’être curé dans la banlieue, à Villeneuve et à Frouzins.

église de Villeneuve Tolosane

église de Villeneuve Tolosane

Déjà Maurice PUECH m’y attendait et nous avons ainsi habité ensemble une vingtaine d’années. Maurice nous a quittés en 2003, emporté par un cancer. Nous avions le désir de constituer un secteur paroissial où l’on pourrait proposer une forme d’Eglise plus proche de la vie des gens des milieux populaires… souvent éloignés de la pratique religieuse.

Maurice avait un véritable sens du contact, c’est ainsi qu’il ne manquait jamais le marché de Cugnaux. Il m’a fait connaître des gens qui avaient une activité associative…Certains croyants en ont déduit qu’on ne s’intéressait pas à eux et ont demandé le renvoi de ces prêtres d’un mauvais genre.

J’ai été heureusement soutenu par notre doyen, Gérard LESTIENNE, qui a fait valoir que si certains chrétiens étaient partis ailleurs, d’autres pourraient peut être venir…

L’évêque a sagement conclu : « Je vous laisse une chance. » La chance a duré 20 ans de plus ! Nous avons vécu cette chance, certains diront cette grâce d’une nouvelle évangélisation. Le presbytère prenait un autre visage. Le jardin, avec ses vieux arbres était un lieu de partage. Les employés municipaux qui venaient pour l’entretien prolongeaient souvent leur activité avec le verre de pastis. La saison venue, la collecte des champignons occupait nos conversations, quand ce n’était pas les tableaux de rugby que Maurice peignait à ses moments perdus. On y parlait aussi du monde tel qu’ils le voyaient, du respect de la dignité de chacun dans son travail.

Maurice fréquentait la Cellule du parti Communiste où la vie locale était analysée selon les thèmes et les objectifs de ce parti, avec la culture populaire que le parti entretenait. L’Eglise n’y avait pas une bonne réputation et les curés y étaient considérés comme des gens qui cherchaient un pouvoir dans la société tout en s’entourant de mystère. Les communistes n’étaient pas les seuls à penser cela ! Tout le monde avait plaisir à vivre avec nous des relations qu’on ressentait franches et désintéressées. 

Lorsque j’ai quitté les lieux, deux ans après le décès de Maurice, l’évêque est venu rencontrer la communauté chrétienne pour la féliciter du travail accompli et l’encourager pour ce qui restait à faire. Il avait employé la comparaison « du corps qui a des articulations et des jointures ». Chaque chrétien est un lieu de jointure entre le monde qui l’entoure et qu’il a pour vocation d’habiter, et le Royaume de Dieu qu’avec l’aide de la communauté il expérimente déjà et apprend à espérer.

écusson VTDans chacune des municipalités, nous avons vécu des évènements culturels, tels que le jumelage de la commune de Frouzins avec Calenda en Espagne, des expositions à la Galerie Municipale de Villeneuve, des manifestations importantes lors de la restauration d’églises ou de l’implantation d’une croix dans le Cimetière des Pousses. Autant de lieux où les gens ont l’occasion se rencontrer, de s’apprécier  et peut être d’accueillir un Message si important pour leur vie

Publié par Pierre Raffin dans Biographie, Catéchèse | 1 Commentaire »

14-12-2013

Pourquoi cette fête ?

Pourquoi cette fête ?

Pourquoi cette fête ? heurtebise-300x213Voici l’image que j’ai envoyée à mes amis. C’est une tapisserie de Don Robert. Ne pas confondre avec Don Robert, l’évêque de Toulouse, quoique… l’un de ses prédécesseurs, Gabriel GARRONE, employait souvent l’image de la tapisserie. Ceux qui font le tissage voient le revers de la tapisserie. Ils assemblent et répartissent les fils, ils font confiance à la trame qui leur a été fixée, mais quand ils retournent la tapisserie ils voient les formes et les couleurs qui se sont dégagées… et ils sont récompensés de leur travail.

Celui qui accomplit un travail d’Eglise est un tapissier affairé sur son coin de toile. Sa joie est de voir son travail réuni à celui des autres.

Il peut en avoir le souffle coupé… et il respire, pour un moment, de l’inspiration d’un Autre. Cet Autre a un visage et un nom, c’est ce que nous sommes chargés de faire découvrir.

C’est ce plaisir et ce bonheur que nous pourrions partager ensemble.

Voici le programme des réjouissances

Samedi 21 décembre Eglise Sainte Germaine

-  16 h 30 : Forum :  Un prêtre, on ne sait pas trop ce qu’il vient ire et pourtant il est là

 

Pouvez-vous nommer des moments de votre vie, des temps forts de la vie de l’Eglise ou du monde où vous avez remarqué que la présence d’un prêtre y était importante ?

- 18 h 30 : Messe présidée par le Père Jacques Despierre

                                   ancien évêque de Carcassonne

- Apéritif, repas offert par la communauté chrétienne de Sainte Germaine et Sainte Marie des Anges. Vous pouvez amener un dessert

.

NB Pour assister à la dernière partie de la fête, on est prié d’avoir participé à l’une des deux autres !

A bientôt

 

Publié par Pierre Raffin dans Non classé | 2 Commentaires »

13-12-2013

L’action Catholique des Enfants.

 

L’Action Catholique des Enfants était fortement implantée dans le diocèse et j’ai été amené accompagner ce mouvement à la suite d’un prêtre qui s’y était fortement engagé mais a décidé ensuite de quitter le ministère pour se marier. Chaque fois qu’une telle situation se présentait, c’était une crise pour nous car il fallait prendre position par une décision prise certes par un ami, mais qui engageait plus que sa personne.

le club ACE de la Juncasse

le club ACE de la Juncasse

L’Action Catholique des Enfants, c’était surtout pour moi un club que nous avons créé avec des enfants du quartier de la Juncasse où je me suis investi pendant de nombreuses années. Le mouvement demande de faire confiance aux enfants, de les soutenir dans leurs initiatives et j’ai été surpris par l’incroyable dynamisme dont ils sont capables dès l’instant qu’ils sont réunis avec un projet et se sentent soutenus, aimés. J’ai pu souvent constater que les jeunes qui participent même brièvement à un groupe de JOC ou d’ACE en gardent des souvenirs précis, même longtemps après. Ils me parlent avec la même spontanéité et la même confiance. Ils ont recueilli là une graine d’Evangile qui a pris racine dans leur vie.

C’est le secret de fabrication de ces mouvements : l’Evangile dans la vie, pour l’accueillir, la transformer en tenant compte de l’environnement où se produit cette rencontre.

Décor de la Fête des Rentougais par Maurice Puech

Décor de la Fête des Rentougais par Maurice Puech

Chaque année, le mouvement organisait une fête départementale où les clubs pouvaient partager et mettre en spectacle leurs découvertes et leurs actions. C’était souvent autour d’un slogan, une chanson : « Le club des Rentougai », « On a tous quelque chose à donner »…

Le mouvement a besoin de responsables jeunes ou adultes, et plus que d’autres, nous avons fait l’expérience de la collaboration d’autres mouvements, de religieuses vivant dans les quartiers pour proposer aux enfants de vivre à leur manière d’enfants cette activité missionnaire.

Publié par Pierre Raffin dans Action Catholique | 2 Commentaires »

08-12-2013

Rwanda

Nous connaissions depuis longtemps ce petit pays d’Afrique Centrale parce que ma sœur Madeleine y était partie comme laïc missionnaire en 1968. Le Concile venait de donner tout son sens à ce terme de laïc qui signifie « du peuple ». On ne peut donc être laïc missionnaire qui si l’on s’attache à découvrir au jour le jour les richesses profondes d’un peuple et si l’on se solidarise avec lui. Elle était missionnaire au sens où elle venait collaborer à une vie d’Eglise qui existait déjà mais qui pouvait profiter du dynamisme qu’elle apportait.

Elle n’était pas seule dans son engagement, car en France elle était soutenue par un réseau de partenaires qui s’est peu à peu constitué avec les Amis du Rwanda. Avec beaucoup d’originalité, ils se sont mis à l’écoute des besoins et des réalisations entreprises dans ce pays. Ils les ont faits connaître autour d’eux et dans les moments difficiles, ils ont montré leur fidélité.

Ecrire aujourd'hui sur le Rwanda n'est pas anodin

Ecrire aujourd’hui sur le Rwanda n’est pas anodin

Madeleine raconte son histoire dans son livre : Rwanda, un autre regard (Editions Sources du Nil). Tous les engagements et les positions qu’elle a pu prendre par la suite trouvent leur justesse dans l’expérience d’un peuple qu’elle a essayé d’épouser et dans la sincérité qu’elle a mise elle-même pour vivre avec lui une histoire devenue douloureuse. On connaît tous quelques bribes de l’histoire des conflits survenus dans cette région et qui sont allés jusqu’au génocide.

C’est un peu comme dans la vie du Christ où l’on trouve une période où domine la lumière : c’est le moment où Jésus sillonne la Galilée, émerveillé lui-même de la façon dont les gens simples l’ont accueilli, mais il y a eu ensuite Jérusalem : la violence de ceux qui se sont acharnés contre lui et ont cru se débarrasser de lui en le clouant sur la croix. Mais, y ont-ils réussi ? Certains ont cru à la pérennité de son message et ont été disposés à croire que cette traversée de la mort l’a conduit à la vie pleine de Fils de Dieu qu’il veut maintenant partager avec ses frères.

J’ai vécu pas à pas ce cheminement de Madeleine avec des rwandais. Sur la dédicace de son livre, elle dit « tu nous as accompagné ». C’est effectivement la mission d’un prêtre, qui ne peut pas être absolument partout où les laïcs sont, mais qui insiste pour que l’on puisse trouver la vraie source qui peut alimenter notre marche et parfois notre combat. Un prêtre insiste pour que l’on garde au cœur le but que Jésus a poursuivi lorsqu’il traversait ses épreuves. Le but est dans la promesse sans retenue que Dieu fait d’un bonheur pour les hommes, dans le Royaume de Dieu où s’épanouiront dans un partage tous les fruits de justice que nous avons lentement fait mûrir. A nous d’en être dignes.

Comme prêtres, à cette place d’accompagnement qui est la nôtre, nous devenons des confidents, témoins parfois étonnés et émerveillés de l’action de Dieu que certains ont presque physiquement ressentie lorsqu’ils ont erré sur leur chemin de réfugié.

Moi non plus je ne suis pas seul. Je trouve dans la communauté chrétienne et d’autres amis proches le soutien, l’engagement, la chaleur humaine pour réconforter celui qui n’en peut plus.

D117083AJ’entretiens une correspondance avec un prisonnier politique rwandais. Il me dit je lui apporte l’eau de la parole de Dieu. Je suis témoin en tout cas de ce que cette eau lui donne le courage de redresser la tête.

Les rwandais sont tous éprouvés par cette histoire de larmes et de sang, commencée il y a plus de 20 ans et qui se poursuit indéfiniment. Certains sont restés au pays. Comme dans d’autres pays d’Afrique, leur capitale est rutilante de lumière tandis que le reste du pays vit dans une immense précarité. Des chrétiens sont là, enfouis mais présents, messagers de paix, d’espoir au nom du Christ.

Victoire INGABIRE, mise en prison lorsqu'elle s'est présentée aux élections au Rwanda en 2010

Victoire INGABIRE, mise en prison lorsqu’elle s’est présentée aux élections au Rwanda en 2010

condamnée maintenant en appel à 15 ans de prison

condamnée maintenant en appel à 15 ans de prison

D’autres ont pris durablement le chemin de l’exil. L’existence de certains d’entre eux n’est pas assurée tous les jours. Là aussi, l’histoire biblique nous rappelle que nos ancêtres dans la foi ont vécu de pareilles épreuves et les ont surmontées par leur foi.

Nous vivons tous dans des zones d’ombre et de lumière qui sont la vie de notre siècle. Les étrangers au milieu de nous nous indiquent le profil de ce que nous sommes vraiment, des étrangers sur la terre, à la  recherche d’une autre patrie, mais nous avançons en peuple.

Publié par Pierre Raffin dans Migrations - International - Rwanda | 2 Commentaires »

1...45678

Roubaoye |
Augustinegunq |
Grandmaitrelanature |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Tadfziv
| Lesentretiensdumardi
| Mscparay