03-04-2014

Combien de colloques pour le Rwanda ?

Les reportages sur le 20° anniversaire du génocide au Rwanda se multiplient, toujours pour présenter sans sourciller les faits d’une seule voix, orchestrée par les vainqueurs aujourd’hui au pouvoir à Kigali.

manifestation en Belgique contre la présence de Paul Kagame les 2 et 3 avril 2014 à Bruxelles

manifestation en Belgique contre la présence de Paul Kagame les 2 et 3 avril 2014 à Bruxelles

On peut imaginer les conséquences de ces cruautés sur des personnes, des familles, une nation, une région et remonter à la question : « Pourquoi ce 4° génocide  du XX° siècle ? »

Ces actes se sont produits dans des contextes culturels très différents.

Je viens d’assister à un colloque organisé par des militaires appelés en force d’interposition et accusés ensuite d’avoir participé comme d’autres à des actes criminels…

L’esprit critique demande de mettre à jour patiemment les causes des conflits.

D’anciens collaborateurs accusaient le chef de la rébellion d’avoir constamment, preuves à l’appui,  écarté toute solution négociée du conflit et poursuivi une logique de guerre, même 20 ans après…

L’importance des moyens à sa disposition ne pouvait venir que de l’aide d’une ou plusieurs grandes puissances. L’un des orateurs signalait celle des Etats-Unis, très impliqués dans l’exploitation des immenses ressources de la région, mais, disait-il, il faudrait pour cela un autre colloque !

Le même orateur annonçait qu’il parlerait de la place de l’Eglise, mais il n’en a pas eu non plus le temps !

Personne, même chez les gens d’Eglise, n’est à l’abri de se laisser aller à des complicités, mais je crois en effet qu’un autre colloque devrait avoir lieu faisant le point de diverses recherches qui existent en la matière.

Après l’extermination de millions de juifs, on a pu se demander : « Où était Dieu ? » : était-il indifférent ou impuissant ? Présent malgré tout, mais pourquoi faire ?

On a pu se poser les mêmes questions à propos du Rwanda.

J’ai eu pour ma part à approcher cette souffrance et je sais que nombre de gens ont tenu grâce à leur foi.

Comment la foi se vit et s’est vécue au cours de ce long calvaire ?

Une famille tutsi connue en 1983, que sont-ils devenus ?

Une famille tutsi connue en 1983, que sont-ils devenus ?

Que peuvent devenir les hommes lorsqu’ils se font à eux-mêmes leur propres lois ?

Des hommes cherchent Dieu, même dans l’obscurité de leur destin. Qui rassemblera ces semences éparses pour en faire une moisson ?

Voilà bien un thème pour un prochain colloque !

Publié par Pierre Raffin dans Migrations - International - Rwanda | Pas de Commentaires »

20-03-2014

Nous n’avons pas eu le courage de faire la Fête…

Certains de mes correspondants me disent qu’ils aiment bien ma manière d’être présent dans la vie : avec conviction, certes, mais aussi en respectant le pénible cheminement des uns et des autres, en ne cachant pas non plus mes propres perplexités.

Mais ils ajoutent : « J’ai peur que vous ne soyez pas très nombreux à agir comme cela dans l’Eglise » !

Pope Francis blows a candle on a cake during an audience with children assisted by volunteers of Santa Marta institute in Paul VI hall at the VaticanEn lisant la dernière lettre du pape François : « La joie de l’Evangile », je m’aperçois que je ne suis pas seul ! J’ai lu cette lettre avec plaisir et étonnement, car elle émane d’un esprit libre, invitant les chrétiens à se laisser bousculer par la nouveauté d’un message qu’ils ont parfois laissé recouvrir de pieuses conventions, et à se laisser aussi interpeller  par les solidarités qui au jour le jour se présentent à nous.

J’ai commencé ce blog   avec le désir de m’expliquer avec ceux pour qui j’ai de la sympathie et qui pourtant résistent au témoignage d’espoir et d’amour que ma situation de chrétien m’invite à leur transmettre.

Il me semble que cette lettre fait droit à tous ceux qui sont pleins de générosité  et ne peuvent pourtant donner leur adhésion  à ce message à cause de toutes les déceptions qui les ont marqués parfois profondément.

Nous avons lu hier la lettre du pape avec un groupe de chrétiens. Une seule phrase pour en donner la tonalité : « Nous croyons à l’Evangile qui dit que le Royaume de Dieu est déjà présent dans le monde… il vit de nouveau, il combat pour refleurir… La Résurrection du Christ produit partout les germes de ce monde nouveau ; et même s’ils venaient à être taillés, ils poussent de nouveau car la Résurrection du Seigneur a déjà pénétré la trame cachée cette histoire, car Jésus n’est pas ressuscité pour rien. Ne restons pas en marge de ce chemin de l’Espérance vivante » (n° 278)

Voici une lettre reçue pour l’anniversaire de mon ordination :

Pierre,

Tu en as des questions…Heurtebise

Je ne suis pas sure de répondre vraiment à la question que tu poses, et c’est pour cela que je réponds au dernier moment (mille excuses) mais voici ce qui me vient à l’esprit…

Je suis venu à la JOC par mon père qui en avait fait pendant la guerre et parce qu’un Jociste algérien responsable JOC, mais non croyant…, à Paris m’a interpellée à la sortie d’une messe. Les 2 évènements m’ont donné envie d’y goûter.

Le prêtre de la Mission de France qui s’en occupait, Roger, nous a aussi mariés avec une démarche ou nous nous sommes reconnus (Jo est non croyant). A cette époque j’ai avec ce même prêtre participé à un genre de foyer avec des employées de maison dans le 16ef« é arrondissement et à des rencontres jeunes foyers.

Encore aujourd’hui, 30 ans après sa mort, Roger est un appui pour moi, et quand je suis un peu perdue, je me demande ce qu’il me dirait s’il était devant moi.

Plus tard, j’ai fait de l’ACE avec ma fille qui était à l’époque en demande, car pour moi la catéchèse seule me semblait insuffisante, et heureusement qu’il y avait des prêtres pour nous guider …Ma fille aujourd’hui n’est pas croyante, mais dans son métier lié à l’éducation, elle utilise l’ACE car cela a contribué a ce qu’elle est aujourd’hui et a participé à sa  construction.

11 y a eu aussi l’ACO, le Rwanda, nos discussions, les sorties au cinéma.

Pour finir, car l’écriture ce n’est pas mon fort, l’image de ton invitation m’évoque ta personne.

Je te vois le nez au vent, dans la course de la vie du temps présent, au milieu de ceux qui font.

Bonne fête pour ces 50 ans, cela nous donne l’occasion de réfléchir un peu et de revoir des amis.

Nous venons de faire nos 40 ans de mariage, mais n’avons pas eu le courage de faire la fête. Bien amicalement, Corinne.

Pierre,

Comme Corine, j’ai du mal à répondre à ta question.

En effet, pour moi, il est difficile de faire la part entre l’ami, le militant et le prêtre.

Ce que je peux dire c’est que le prêtre que tu es a toujours accepté de discuter avec le « mécréant » que je suis sans aucune discrimination.

Je me souviens aussi de l’appui que tu as apporté, en tant que prêtre, à une association dont je m’occupe, L’UNAFAM, en nous aidant à organiser un concert de soutien dans une église.

Bien amicalement, Jo

Nous n’avons pas eu le courage de faire la Fête… dans Action Catholique vierge-annonciation-xv-224x300

Vierge Annonciation XV° siècle

Ces mots d’amitié laissent percer une grande souffrance. Je la porte avec eux. Le pape poursuit : « Dans ce pèlerinage d’évangélisation, il y aura des moments d’aridité et d’enfouissement et même de fatigue, comme l’a vécu Marie durant les années de Nazareth »… L’Eglise nous a apprend à porter avec d’autres certaines peines de cœur afin de s’ouvrir avec eux à l’Espérance que donne Jésus Christ

Publié par Pierre Raffin dans Action Catholique, mystique | Pas de Commentaires »

13-03-2014

Les Béguines de Sainte Marie des Anges

 

Le 8 Mars, la Journée de la Femme a oublié Marguerite PORETE, brûlée vive en 1310 pour avoir écrit ces mots :

 

Vertus, je prends congé de vous

pour toujours

J’en aurai le coeur plus libre

et plus gai

Votre service est trop constant

je le sais

.J’ai mis un temps mon coeur en vous

Sans rien me réserver

Vous savez que j’étais à vous,

tout entière abandonnée

J’étais alors votre esclave,

           j’en suis maintenant délivrée

4859C06F

 

 

Tout le monde savait que cette noble dame avait une vie pourtant très austère. Elle appartenait à un mouvement religieux laïc du Moyen Age qui prétendait vivre la recherche de Dieu sans s’embarrasser de l’autorité d’un supérieur religieux. On les appelait les Béguines.

On a brûlé en même temps son livre : « Le miroir des âmes simples et anéanties » où l’on trouve ce poème. Elle dit qu’elle ne peut se satisfaire de la bonne réputation que ses vertus pourraient lui prêter mais qu’elle veut plutôt se donner à la rencontre du pur amour en la personne de Jésus Christ.

« Sire Amour aime et aimera en moi »

Ces Béguines étaient probablement là au moment de la construction de l’église Sainte Marie des Anges au XV° siècle. Elles se délectaient de la Parole de Dieu que l’on pouvait maintenant livre seul dans un livre. La plus riche avait offert une représentation de Marie accueillant l’annonce de l’ange tandis qu’elle lisait le livre de la Bible…

SMA Marie Annonciation

Des dignes descendantes de ces Béguines se réunissent tous les moi s pour livre l’Evangile dans un groupe qu’elles appellent Partage en Chemin.

En méditant le Notre Père à l’envers, elle s’aperçoivent  que Jésus passe de la recherche du pain à celle de la Parole. Qu’il veut nous libérer du mal, des mensonges qui nous sont proposés, pour vivre une autre expérience de liberté : « « je vis en dé-consommation totale pour partager ensuite ce que je ne dépense pas, m’ouvrir aux autres »…

Les tentations que le monde propose sont aussi une chance, elle sont une « épreuve sportive », où « l’on apprend à faire beaucoup de deuils, à vivre joyeusement avec Jésus ». C’est ainsi qu’elles envisagent leur Carême qui et une marche vers Pâques : un temps pris ensemble  ouvert sur des fêtes qui ont un sens si l’on croit en Dieu…

Publié par Pierre Raffin dans mystique, Patrimoine artistique | 2 Commentaires »

04-03-2014

« Vous valez plus que les fleurs des champs »

Sermon pour une étape du baptême de 3 adultes à Sainte Germaine

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Giotto : le sermon aux oiseaux

Evangile de Mathieu 6, 24-34

« Regardez comme poussent les lys des champs :

Ils ne peinent ni ne filent

Pourtant Salomon dans toute sa gloire

n’a pas été vêtu comme l’un d’eux.

Si l’herbe des champs qui est là aujourd’hui et demain sera jetée au four

Dieu l’habille ainsi, combien plus pour vous, hommes de peu de foi »

Cette lecture d’Evangile tombe bien avec le début du printemps. Nous voyons s’ouvrir les premières fleurs, nous entendons aussi les premiers chants d’oiseaux.

Ces premières fleurs n’ont peut être pas été plantées, elles ont échappé aux labours qui auraient pu les emporter, elles ont résisté au froid…

Pourquoi celles-ci ont tenu et d’autres non ? Elles sont là tout simplement.

50BB20E6Jésus nous invite à découvrir un visage de l’action de Dieu.

L’action de Dieu ne se voit pas, elle se fait pressentir.

Un psaume (127) chante:

« Si le Seigneur ne bâtit la maison, en vain peinent les maçons » : autre est le travail du maçon, autre est celui de l’architecte  qui réfléchit au plan, à la fonctionnalité du bâtiment, au choix des matériaux. On voit la main du maçon qui assemble mais celle de l’architecte est invisible.

Le psaume continue : « si le Seigneur ne garde la ville, en vain la garde veille »… 

Peu à peu, celui qui a composé cette prière se laisse imprégner de l’idée que le Seigneur est là, qu’il veille sur nous et qu’on n’a pas besoin de le voir pour en être certain.

Aujourd’hui, Vanessa, Catherine et Paula, 3 adultes de notre communauté de Sainte Germaine font une étape vers leur baptême. Ce sont des catéchumènes. Elles viennent confronter leur chemin de foi avec celui que propose Jésus au début de son Evangile, au Sermon sur la Montagne.

Il commence à semer quelques pensées dans le cœur de ses disciples. Il leur demande de mettre de l’ordre dans leur vie, de faire des choix peut être de se convertir. Tout cela les amènera à mieux connaître l’action de Dieu dans le monde dans un climat de joie, d’admiration, à se mettre à vivre en fonction de Lui.

Voici leur témoignage

Quelle est la place de la Parole de Dieu dans ma vie ?

Vanessa

Pendant la messe, j’écoute les textes et si je ne comprends pas, j’y pense souvent et j’arrive parfois à trouver des réponses.

 

La Parole de Dieu tient la route par rapport à l’histoire : les actes d’amour entre frères ne sont pas de la science fiction, c’est du vécu, de la logique. La Parole entendue à la messe m’aide dans la vie de tous les jours

Paula

Quand je suis triste, je prends la Bible et j’en lis des passages, ils me consolent et j’y trouve souvent une réponse.

Dans la Bible, on nous dit qu’il faut pardonner mais ce n’est pas toujours facile, si je ne connaissais pas les paroles de Jésus, je ne pardonnerai pas. Le pardon n’est pas l’oubli, bien sûr, on se souvient de ce qui s’est passé.

Les Paroles de Jésus invitent à poser des actes

La Parole nous permet de garder confiance dans l’avenir, de ne pas aller dans tous les sens mais de toujours faire confiance en Dieu

Catherine

« Aimez-vous les uns les autres comme Dieu vous aime. » Les gens s’aiment dans la communauté, je m’y sens chez moi. Dans l’Eglise, on sent la différence, on n’est pas tout seul.

 

Lire les lectures et arriver à les comprendre renforce ma foi.

Dans ma famille, il y a des protestants et des musulmans et parler avec eux renforce aussi ma conviction de faire partie de l’Eglise catholique.

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Ces témoignages proviennent de vies cahotées, comme c’est souvent le cas aujourd’hui. Comme les fleurs champs, elles auraient pu être emportées dans les grands labours et les grands froids de nos sociétés individualistes. Elles ont trouvé dans l’Eglise un microclimat qui leur a permis de s’ouvrir et ensuite de se développer. Les premières fleurs de printemps en annoncent d’autres, à nous de les aider à se trouver elles mêmes, à se fortifier et à grandir ainsi dans notre propre foi.

 

Publié par Pierre Raffin dans Catéchèse, sermon, Témoignage | Pas de Commentaires »

22-02-2014

Qui est crédible au Rwanda ?

20 ans après les massacres qui l’ont tristement rendu célèbre, l’actualité revient sur ce petit pays  où s’est déroulé un conflit dont les causes et l’étendue n’ont jamais été élucidées.

Une loi récente vient de permettre de juger des personnes accusées de génocide  aujourd’hui réfugiées en France.

Cette mondialisation de la justice correspond bien à la réalité du temps. Des reportages sur l’exploitation du coltan dans une région frontalière du Rwanda montrent bien que nous sommes concernés par ce qui se passe dans un pays si lointain : le coltan est un minerai indispensable à la fabrication de nos téléphones portables !

Après les épisodes de 1994, la guerre s’est transportée dans une région minière proche du Rwanda au Congo et le nombre des victimes s’est multiplié…

Madeleine Raffin de passage à Lavaur pendant les évènements de 1994

Madeleine Raffin de passage à Lavaur pendant les évènements de 1994

Madeleine, ma sœur, s’est impliquée pendant 30 ans dans des activités de développement au Rwanda et maintenant dans la lutte pour qu’apparaisse la vérité et la justice, éléments indispensables pour que la paix puisse de nouveau revivre entre les habitants de ce pays qui gardent tous de profondes blessures.

Nous vivons ici un épisode de cet immense procès et nous sentons bien qu’il nous concerne tous.

Mais qui croire lorsque les faits sont si éloignés géographiquement et difficiles à établir avec impartialité ?

C’est le moment de lire le livre de Madeleine : « Le Rwanda, un autre regard ». Editions Sources du Nil

Elle raconte comment elle a lentement assimilé les coutumes, la langue, les problèmes de vie de ce peuple, en prenant modestement part à son développement.

Madeleine a été expulsée du Rwanda en 1997 comme témoin gênant… ce qui ne l’a pas empêchée d’apporter par la suite sa contribution dans des procès retentissants, à Kigali d’abord  pour le procès d’un évêque finalement disculpé, puis à Arusha  en Tanzanie, pour défendre un ami devant le Tribunal International.

Elle invite aujourd’hui à signer une pétition contre les accusations fantaisistes d’un journaliste cherchant à prouver que les Hutus ont été élevés dès leur tendre enfance dans une culture génocidaire…

Qui croire… au cœur de cette mondialisation qui nous demande de nous intéresser à ce qui se passe au loin, parce que nous sommes concerné ici ?

Mondialisation veut dire manipulations possibles. Elle ne peut se faire que sur les bases communes d’esprit humaniste qui commence avec le respect de la vérité et des vies qui sont mises en jeu.

On ne peut faire confiance à un témoin que s’il a par ailleurs montré des signes de son amour désintéressé pour l’être humain.

Pierre

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Organisations_des_droits_de_lhomme_Denoncer_la_declaration_antiHutu_du_journaliste_JeanFrancois_Dupaquier_1/?tPRcWgb

Vous pouvez vous reporter à la pétition et la faire circuler …

Publié par Pierre Raffin dans Migrations - International - Rwanda, Témoignage | Pas de Commentaires »

21-02-2014

Dites le avec des fleurs

21 décembre 2013

Pierre

Notre premier souvenir avec toi c’est la JOC , il y a 35 ans.

Avant toi, le prêtre représentait pour nous le catéchisme, l’ennui, la messe, la rigueur et les leçons de morale, en fait quelqu’un avec qui il n’y avait pas d’échange.

Avec toi, nous avons découvert qu’un prêtre pouvait aussi être un militant sensibilisé au monde ouvrier et luttant contre l’injustice, une personne avec qui l’on pouvait tout simplement échanger, discuter et réfléchir.

Tu as contribué à changer l’image que nous avions de l’Église, même si nous pensons que tu fais partie d’une minorité de par ton humilité et ton humanité

Nous avons eu la chance de te rencontrer.

Tu nous as accompagnées dans toutes les étapes de notre vie.

Nous ne savons pas si c’était la présence du prêtre qui était importante mais celle de l’AMI que tu es et étais.

Pour finir cet extrait de Jean HUMENRY que tu nous as fait découvrir il y a bien longtemps

« La route est courte ce serait dommage de se croiser sans se regarder

La route est courte ce serait dommage de se croiser sans se rencontrer »

Affectueusement

Françoise et Laure DAVID

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Ces mots me touchent profondément, voir ma réponse dans le commentaire

 

Publié par Pierre Raffin dans Action Catholique, Action Culturelle, Biographie | 1 Commentaire »

11-02-2014

Etes vous Voltairienne ?

Je reçois ce mot sympathique pour l’anniversaire de mon ordination:

« Un prêtre, on ne sait pas trop ce qu’il vient faire, et pourtant il est là… ; »>Telles sont les paroles imprimées sur le carton nous appelant à faire « don de mémoires », donc de nos dons de mémoires, nous obligeant ainsi à la fouiller. Alors en ce qui nous concerne, ma femme et moi, nous nous sommes rendus bien compte qu’un prêtre comme Pierre, ici présent, n’a sûrement pas été un « touriste » dans notre vie; jugez-en

Avant de le retrouver comme prêtre de notre paroisse de Villeneuve­ Tolosane dans les années 80, je l’ai connu, une bonne vingtaine d’années plus tôt comme animateur de la SOC du Christ Roi dont je faisais parti : déjà il nous incitait à réfléchir sur notre petit monde de jeunes, nous imprégnant ainsi du message de fraternité pour « Voir, Analyser, Agir ».

Nos retrouvailles à Villeneuve lors des offices, lors de l’accompagnement de nos enfants au catéchisme et surtout lors de réunions de couples auxquelles nous avions accepté de participer, nous l’ont fait connaître davantage comme guide spirituel qui nous aidait à découvrir le lien entre notre vie, notre société, notre monde et l’enseignement des Evangiles. Que de casse-tête pour choisir et traiter les sujets!! Et de temps en temps alors qu’il nourrissait nos esprits et nos coeurs, pour le remercier nous nourrissions son estomac !!

Aujourd’hui nos rencontres sont plus espacées, mais Pierre est toujours le bienvenu chez nous. Oui, nous, nous savons ce qu’un prêtre vient faire parmi nous : il essaie de nous guider sur le sentier de l’amour du prochain, de la tolérance, de la réflexion spirituelle pour une vie meilleure.

Merci pour ce don de vie à suivre que Pierre a partagé avec tous ceux qui ont voulu l’écouter depuis 50 ans!!!

 

Régis et Danielle (la Voltairienne)                               le 21 décembre 2013

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Candide cultivant son jardin

Voir ma réponse dans le commentaire !

Publié par Pierre Raffin dans Action Catholique, Non classé | 1 Commentaire »

01-02-2014

2 Février Fête des Lumières

Luc 2, 22, 35

Lorsque j’allume le feu à la campagne, j’aime bien voir la flamme se propager peu à peu… et je n’ai jamais l’impression de perdre le temps.

Baptême Saul à Sainte Germaine

Baptême Saul à Sainte Germaine

Le jour du baptême, lorsque je montre la lumière à un enfant pour la confier ensuite à son parrain et sa marraine, il fixe aussitôt les yeux sur la flamme.

Notre vie est l’histoire d’une alliance avec la lumière. Pour cette raison aussi, nous devons être attentifs à ceux qui ne voient pas. C’est une souffrance qui accompagne leur vie et qui appelle la solidarité de tous.

C’et de bon cœur que nous nous sommes procurés ces petites lumières : elles nous mettent en marche aussi spontanément que nous allons vers un enfant pour le cajoler et l’embrasser.

C’est d’ailleurs ce que fait le vieillard Siméon qui prend l’enfant dans ses bras et fait sa prière à Dieu.

« Maintenant maître, tu peux laisser s’en aller ton serviteur en paix…

 car mes yeux ont vu ton salut

tu l’as préparé pour qu’il se révèle à toutes les nations »..

Le cœur de ce vieux Siméon déborde de tendresse et d’action de grâce à cause de l’enfant qu’il tient dans ses bras. Il se met à prophétiser- il ne dit pas n’importe quoi- c’est l’Esprit qui parle en lui.

On flashe souvent le pape François accueillant les petits enfants, les laissant jouer avec lui. Bien sûr c’est une image facile, elle est pourtant prophétique par ce qu’elle est le reflet de son enseignement ou plutôt de son témoignage.

François et les enfants

François et les enfants

On ne peut pas dire que le discours de ce pape soit d’abord un enseignement. Il répète souvent : « ce que je vous dis, on vous l’a déjà dit, moi, je vous invite à le faire, en vous montrant que c’est possible ! »

« Mon témoignage c’est que vous n’allez pas tous être papes … mais voilà comment je comprends ma mission : je veux la vivre avec la confiance que me donne la proximité, la complicité avec les enfants. Ils sont mes maîtres. »

Au moment où Georges BERGOLIO  est devenu pape, il avait l’âge du vieillard Siméon et il a reçu l’Eglise dans se bras comme Siméon avait reçu Jésus des mains de Joseph et de Marie. L’Eglise, c’est tout le peuple des croyants en Jésus. Ces croyants ont besoin d’être réconfortés.

Il est dit que ce vieillard attendait la consolation d’Israël. Nous sommes ce peuple fatigué par beaucoup d’épreuves qu’il faut subir au jour le jour, beaucoup de mépris nous submerge (Psaume 123).

Ce psaume décrit parfaitement le milieu de vie du vieillard Siméon. Il appelle le Seigneur Maître et lui se déclare le serviteur, toujours prêt à obéir mais aussi à faire confiance.

La réponse de Dieu se trouve déjà dans le Livre de la Consolation écrit par un disciple du prophète Isaïe :

« C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour ramener les survivants d’Israël, tu seras la lumière des nations ».Isaïe 49.6

Dans notre identité de catholiques, il y a la relation vivante avec cet homme, le pape, qui essaye de traduire par sa vie la présence du Christ au milieu de son peuple. Il ne souhaite pas nous adresser un enseignement nouveau mais un style, une attitude qui peut être vécue par tous : aimer le monde, aimer les êtres humains à la manière dont nous approchons un enfant, avec le souci de son bonheur, le désir de le protéger, la disponibilité à se laisser transformer par lui, – l’enfant que l’on met au monde pour qu’il y grandisse, qu’il l’apprivoise, qu’il découvre sans cesse les horizons nouveaux vers lesquels il est envoyé.

Publié par Pierre Raffin dans Enfants, sermon | Pas de Commentaires »

30-01-2014

Quand la maladie arrive

Rubnes crucifixion netre 2 larrons
Musée des Augustins
Christ de Rubens entre deux larrons

Témoignage de Pierre Alain

Le 17 mai, l’an dernier, tout a basculé lorsqu’un coup de fil de Purpan m’apprenait que j’étais atteint d’une leucémie myélloïde aigue suite à un contrôle sanguin  routinier.

En relisant ces 8 derniers mois, j’aimerais vous partager que bien sûr, tout n’est facile pour traverser cette épreuve mais combien la foi m’a aidé à la vivre. Celle-ci n’est pas terminée et après une chimio lourde qui a exigé 7 semaines d’hospitalisation en Octobre/Novembre, je m’apprête prochainement à recevoir une greffe de la moelle en Mars qui devrait me permettre d’aller vers la guérison. Il me faudra attendre encore 6 mois pour en être assuré, donc encore beaucoup d’incertitude… 

Ce qui m’aide à vivre cette période et surtout à l’accepter, c’est d’abord les Paroles de vie que j’ai reçues souvent à partir des textes du jour. Mais la 1ère, vraiment prémonitoire, extraite du Ps 23, je l’ai reçue  lors d’une retraite fin Avril, donc juste avant l’annonce de la maladie ;je la garde précieusement comme une parole d’espérance qui va se réaliser:

«  Vers les eaux du repos, il me mène – il y refait mon âme »     

Je peux témoigner qu’au cours de ces derniers mois, à travers cette épreuve, j’ai beaucoup reçu. J’ai appris progressivement à découvrir ma faiblesse puis à l’accepter, à  ne pas essayer de maîtriser ma vie, à vivre le moment présent. Alors, seulement j’ai pu me tourner vers le Christ qui est la Vie pour lui répondre. Je sais que non seulement, Il m’accompagne dans la maladie mais c’est Lui qui, en moi, va la porter. Jusqu’à présent, j’ai reçu  la grâce de rester toujours dans la confiance et l’espérance et je Le loue pour ce don.

Oui, je crois que cette épreuve, quelle qu’en soit l’issue, m’a déjà beaucoup apporté: que la vie est un don, qu’elle est belle, qu’elle est de moins en moins ce que je fais et de plus en plus ce que je suis. J’ai confiance qu’après la traversée de cette épreuve, j’en sortirai grandi, comme une renaissance, vers une vie plus authentique. J’essaie de dire oui à la Vie comme un don reçu et ce, malgré mes fragilités et mes doutes. Cette épreuve me dépasse, c’est pourquoi je suis heureux de la partager avec vous.  

Également, ces derniers mois ont été l’occasion d’échanges forts avec Anne-Marie, ma chère épouse, mes enfants, ma famille et tous les vrais amis qui m’ont accompagné et que j’ai vraiment découverts à cette occasion. Ces rencontres en vérité, chacun selon ce qu’il est, ont été d’un grand soutien pendant mon séjour à l’hôpital pour apprendre à me laisser aimer et porter. Les échanges avec le personnel soignant de l’hôpital et avec  mes compagnons de chambre ont été également des moments riches de sens. Un temps très fort a été aussi de recevoir le sacrement des malades au cours d’une eucharistie chez nous dans le Gers l’été dernier, entouré d’amis  au cours de laquelle nous avons eu un partage très fort sur l’évangile de la tempête apaisée.  Tout cela reste gravé dans mon cœur et me donne le désir de m’ouvrir davantage aux autres, en vérité.

Voilà ce que je voulais vous témoigner en ce début d’année. Je vous souhaite à chacun de vivre pleinement cette nouvelle année et de  reconnaître avec joie toujours et encore que la Vie est un don merveilleux à recevoir de notre Créateur.

Pierre-Alain

Lettre de Chantal à un ami prêtre

Merci pour tes voeux qui sont toujours appréciés à la maison. Non, on ne pense pas que tu nous abandonnes, on sait que tu es très pris et nous ne sommes pas non plus le centre du monde…

Cependant, Marc et moi seront très heureux de partager avec toi si tu nous fais une petite visite.

Marc repart en chimio ce jour (tumeurs qui grossissent et apparaissent au cerveau

et qu’on ne peut plus irradier). Tu verras, il a changé. Si tu viens, téléphone car si tu tombes sur un jour où il est fatigué, il ne profitera pas de ta visite et ce serait dommage. II est très conscient de son état, moi je vis au jour le jour avec un regard réaliste sur l’avenir. Bientôt 4 ans que ça dure et 4 ans de victoire sur la maladie. Chaque jour qui passe est un don de Dieu que l’on remercie (presque) tous les soirs par une prière à deux.

Marc a du mal à exprimer ce qu’il ressent, Peut-être qu’avec toi…………. Peut-être d’ailleurs que si tu viens, je m’éclipserai pour vous laisser parler.

Je n’oublie pas que tu nous a marié et que nos engagements de couple, tu nous as aidés à les exprimer et tu en as été le témoin. Si c’était à refaire, je résignerai avec le même amour.

Je crois qu’on a pris au sérieux nos engagements d’ouverture aux autres, mais la souffrance m’a appris à m’approcher davantage de Dieu et à me laisser porter par lui quand c’est trop difficile. J’ai appris à lui demander de prolonger notre temps de vie commune et à sentir sa présence. J’ai conscience que notre vie sur terre est un passage obligé, mais que cette vie est un tel cadeau qu’elle vaut qu’on se batte pour la préserver, dans la foi et dans la joie. On est bien entourés, les copains sont nombreux et chaque fois qu’on a besoin,

ils sont là.

Bon j’arrête… Il faut bien se coucher…

Si tu passes, prévois de le faire plutôt l’après midi Je t’embrasse très fort.

Chantal

 

Publié par Pierre Raffin dans Action Catholique, Témoignage | Pas de Commentaires »

19-01-2014

Christine Pedotti à Sainte Germaine

 

 

Christine PEDOTTI, cofondatrice de la Confération des Baptisés de France

Christine PEDOTTI, cofondatrice de la Confération des Baptisés de France

Nous avons été très honorés en accueillant avant-hier Christine PEDOTTI dans sa tournée de conférences à travers la France sur le thème : « Vers une église de la miséricorde », tout un programme…

Christine PEDOTTI est cofondatrice d’une association qui regroupe plusieurs mouvements chrétiens soucieux de donner aux femmes et plus généralement aux chrétiens laïcs la place qui leur revient dans la vie d’Eglise. Tout cela devrait aller de soi et pourtant l’habitude d’être gouvernée par des hommes, et de plus des clercs, peut laisser des traces dommageables dans la manière de ressentir les situations. Il peut arriver que le souci de défendre la loi  fasse oublier l’inspiration profonde de l’Evangile et son parti pris de miséricorde.

L’oratrice en est venue à parler des prêtres dont l fonction est importante dans l’Eglise et pourtant pal définie.

Elle rejoignait le thème qui nous avait réunis 3 semaines plus tôt dans cette même église Sainte Germaine pour le 50° anniversaire de mon ministère de prêtre.

Nous avions organisé un débat qui a réuni une centaine de personnes avec ces mêmes questions : un prêtre, où en avons vu un ? Était-ce dans une circonstance importante de notre vie personnelle, de la vie de l’Eglise, de l vie du monde ?

Peu à peu, c’était le visage du prêtre qui se dessinait.

Voici un  petit témoignage que quelqu’un a glissé dans ma poche :

«  50 ans, signe de fidélité.

- Témoignage de durée plus fort à l’époque où justement il n’y a plus de durée : ‘génération zapping ‘. La fidélité ne peut être signe de soi seulement : on est fidèle grâce aux autres. Le prêtre ne peut être que par la communauté des chrétiens, témoignage de rencontres humaines, du vécu de la parole proclamée. Témoins plusieurs prêtres que j’ai connus.

- 50 ans est aussi la relecture de sa propre vie, des étapes franchies, compréhension peut être des zigzags rencontrés ou vécus. Merci, merci, merci Pierre RAFFIN »

Cette fête a été pour moi un moment de communion et d’action de grâce pour ce qui se passe dans nos vies. On en sort renforcé dans son dynamisme, encore plus joyeux d’être appelé à répandre l’Evangile.

Publié par Pierre Raffin dans Action Catholique, Laïcité, Non classé | Pas de Commentaires »

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