Archives pour la catégorie 'Biographie'

07-11-2018

Le Colonel Birot, témoin et héros de la guerre 1914-1918

 

le tombeau dans la lumière

le tombeau dans la lumière

Au cours des années 2014-2018, la mémoire nationale s’est remise en route pour partager les souvenirs de la guerre qui s’est déroulée il y a maintenant 100 ans.

Nous avons à Saint Lieux, comme dans toutes les localités de France, notre Monument aux Morts qui relève 27 noms – ce qui est qui est déjà important pour un modeste village.

Une guerre, même terriblement meurtrière, finit par s’ensevelir dans le passé. Cette commémoration a été l’occasion de faire croiser les souvenirs qui viennent de nos familles avec le travail des historiens qui cherchent, avec le recul du temps, à établir ce qui s’est réellement passé.

Notre région garde le souvenir de Jaurès, infatigable défenseur de la paix, et assassiné à la veille du conflit. Il avait sillonné l’Europe pour ouvrir les yeux ds populations sur les conséquences d’un conflit qui, avec les progrès de l’industrie de l’armement et les rivalités des empires coloniaux en train de se constituer ne pouvait être qu’une guerre mondiale !

On peut voir à Saint Lieux, outre le Monument aux Mort face à l’église et à la mairie, au cimetière celui du Colonel Joseph BIROT, membre de la commune, où il s’est marié en 1898 avec Marie de BARAVY . On trouve, gravées sur le monument les traces des faits de guerre attribués au 124 ° RI , dont il a été le responsable pendant la totalité de la guerre.

l'armement est devenu de plus en plus sophistiqué

l’armement est devenu de plus en plus sophistiqué

Ce régiment, implanté aux environs de Laval, était constitué de Basques, de Gascons et de Bretons. Chaque régiment avait son identité, grâce au drapeau où étaient accrochés les souvenirs des ancien. Celui du 124° RI rappelait le passage de la Berésina, lorsque Napoléon avait subi ses premiers échecs : de quoi remonter le moral des troupes et partir au combat la fleur au fusil. La supériorité de l’artillerie allemande a rapidement fait découvrir les réalités de la guerre : morts et blessés sans nombre, insécurité… et l’humiliation de la retraite de l’armée française. Le 124 ° RI, implanté dans la région des Flandres, compte dès les premiers mois la mort de 20 officier et 250 hommes de troupe.

On note alors les efforts du Commandant BIROT, pour avec un autre officier, réunir ceux qui restaient de leurs bataillons et aménager des positions pour résister à l’avancée des ennemis.

Devenu Lieutenant Colonel, il a pris la tête du 124 ° RI que l’on a déplacé,toujours aux avant postes, dans la région de Verdun.

L’historique du régiment signale des batailles plus difficiles. Chaque fois, le nombre de blessés et de morts s’affiche de façon laconique. Le quotidien, c’est la patrouille de reconnaissance, les bombardements des tranchées et les travaux de déblaiement et de reconstruction après une attaque, les offensives ordonnées par l’État Major. A plusieurs reprises, le PC du colonel est particulièrement visé. En Mars 1918, il est bombardé et gazé à l’ypérite. Une dizaine d’officiers, dont le colonel doivent être évacués, celui ci reprendra le commandement deux mois après !

Pour la dernière offensive avant la victoire, le régiment est à nouveau déplacé. Offensive particulièrement meurtrière qui coûtera la vie au Colonel BIROT. Il est mort le 7 Novembre 1918, quelque jour avant le cesser le feu.

Le monument de Saint Lieux, en rappelant ces batailles, dit que le régiment l’a pleuré comme un père. Les dangers quotidiens demandaient au chef une autorité naturelle et finalement d’être aimé par ses soldats. Un chef exécute les ordres mais il a parfois la possibilité de choisir le moment afin qu’ils soient assurés avec le maximum de sécurité. Le régiment a été remarqué pour la qualité de la nourriture ainsi que pour l’énergie qu’il a fallu déployer pour remettre en état les ouvrages de défense aussitôt que démolis, même si les soldats étaient épuisés, en cas d’une nouvelle attaque.

Son épouse Marie est venue s’installer à Saint Lieux où elle a vécu 50 ans de séparation et de veuvage. Ils n’avaient pas eu d’enfant. La vie s’était arrêtée pour elle le 2 août 1914. Elle vivait là avec les deux servantes qui avaient suivi le ménage durant ses déplacements.

Marie Birot

Marie Birot

Marie BIROT parlait de son homme comme de quelqu’un de bon et de droit. C’était probablement vrai car c’étaient ses propres qualités. La petite école libre de Saint Lieux a toujours pu compter sur son soutien financier.

La maison de Saint Lieux était devenue une sorte de monastère, marqué par les temps de prière, les travaux du jardin, la bonne cuisine pour les hôtes sous la direction de Cécile, et les nouvelles rapportées par Denise lorsqu’elle revenait à vélo du marché de Saint Sulpice.

Cette vie réglée ressemblait aussi à l’administration militaire qui comportait un fourrier, le gradé en temps de paix comme en temps de guerre, qui était chargé des conditions matérielles qui doivent être bien assurées pour que le groupe puisse bien remplir sa mission. Ces qualités ont imprégné la vie de Joseph BIROT et de son épouse. On peut penser aussi qu’elles leur venaient de notre terroir.

Posté par Pierre Raffin dans Action Culturelle, Biographie, Témoignage | Pas encore de commentaires »

28-06-2018

Venez fêter nos 80 ans

Nous sommes quelques amis à découvrir nos 80 ans.

Nous n’avions pas eu le temps d’y penser.

Souvent la vie associative et l’engagement d’Eglise nous ont permis d’élargir notre horizon.

Beaucoup de joies, de peines, beaucoup de liberté.

Chaque instant de la vie nous apparaît encore plus intense et fragile.

le-laboureur-et-ses-enfant

le-laboureur-et-ses-enfant

Comme le vieux laboureur de Lafontaine, nous avons peut être un secret à transmettre

Venez le fêter avec nous Samedi 30 juin 2018

à l’Eglise Sainte Germaine (métro Ste Agne)

On commencera

par la Messe Paroissiale à 18 h

Puis Apéritif

et Repas partagé sur l’esplanade.

Animation et dégustations au gré de chacun.

On peut prendre le menu complet ou se contenter de l’une ou l’autre de ces manifestations.   A bientôt

Marcel, Serge, Odile, Dominica, Pierre, Monique, Jacqueline

« Il est important de souligner une chose : c’est vrai que la société tend à nous mettre de côté, mais certainement pas le Seigneur. Le Seigneur ne nous met jamais de côté ! Il nous appelle à le suivre à tous les âges de la vie, et la vieillesse contient aussi une grâce et une mission, une véritable vocation de la part du Seigneur. Être âgé est une vocation. Ce n’est pas encore le moment de « baisser les bras ». Cette période de la vie est différente des précédentes, cela ne fait aucun doute ; nous devons également un peu « l’inventer », car nos sociétés ne sont pas prêtes, spirituellement et moralement, à donner à celle-ci, à ce moment de la vie, sa pleine valeur        (Pape François  11 Mars 2015)

Posté par Pierre Raffin dans Action Culturelle, Biographie, Non classé, Vie d'Eglise | Pas encore de commentaires »

27-08-2016

L’oncle Joseph Birot Notre part de souvenir de la Guerre de 14

Tombe du colonel Joseph Birot à St Lieux les Lavaur

Tombe du colonel Joseph Birot à St Lieux les Lavaur

En ce moment où l’on partage les souvenirs de la Guerre de 14, j’ai eu l’idée de retrouver sur Internet le nom de l’oncle Joseph Birot  décédé le 7  Novembre, 4 jours avant l’armistice !

Marie Birot

Marie Birot

Sa veuve, Marie, est décédée en 1964, quelques jours après mon ordination sacerdotale.

Ils n’avaient pas eu d’enfant. Son épouse s’était toujours intéressée à nous car elle était la marraine de mon père, puis de mon frère aîné, Joseph.

Elle vivait de ses souvenirs et avait gardé des modes de vie d’un autre âge, mais le cœur toujours ouvert pour aider à vivre l’école chrétienne de son village de Saint Lieux et aussi soutenir notre famille quand les fins de mois étaient difficiles.

C’est ainsi qu’elle  a pris en charge mon argent de poche lorsque j’ai commencé les études pour devenir prêtre. Dans ce temps là, la famille était supposée subvenir à nos besoins. C’est ainsi que j’ai pu acheter les livres nécessaires à ma formation.

Elle nous parlait souvent de son mari, du temps où ils étaient en garnison à Aurillac, des voyages en chemin de fer qui leur permettaient de faire le va et vient avec leur château de Cathala, près de Giroussens dans le Tarn.

La vie de garnison n’était pas non plus désagréable pour cette petite société bourgeoise qui donnait beaucoup de place aux réceptions et aux activités culturelles. Une ombre dans le tableau : L’affaire des Fiches. Entre 1900 et 1904, on s’était mis à ficher les officiers qui allaient à la messe et les briser dans leur carrière, car on suspectait les catholiques de fomenter un complot pour revenir à l’Ancien Régime !  Le Capitaine Birot allait se mettre au premier rang à la messe : « les fiches, je m’en fiche ! »

Et puis, la guerre est venue. Celui qui est maintenant le Lieutenant Colonel Birot est affecté au 124 ° RI.

Il a déjà 53 ans. Le Régiment va passer les 4 années de guerre en première ligne, il faut croire que le changement a été brutal.

le Château de Cathala à Giroussens "ma petite femme au milieu des bois"

le Château de Cathala à Giroussens
« ma petite femme au milieu des bois »

 

Sa femme disait bien que son mari était un homme droit et sincère, j’ai voulu aller voir ce qu’en disaient les documents militaires.

Mon premier choc a été de tomber sur sa fiche : portrait en uniforme, grade, date de naissance, affectation au 124 ° RI, mort des suites de ses blessures le 7 Novembre 1918. J’ai trouvé que c’était un peu sec, pour lui et pour ceux qui ont donné, comme lui, leur  vie de tout leur cœur.

guerre-530x374En consultant le  Journal des Marches du 124° RI pendant la Guerre de 1914, sur lequel le Colonel Birot apposait chaque année sa signature, j’ai pu faire connaissance avec l’atmosphère de cette unité et peut être avec celui qui était chargé de l’animer.

Chaque unité avait sa parcelle de terrain à défendre pour, à la fin, constituer une ligne ininterrompue qui empêcherait l’ennemi de pénétrer au-delà de la zone qu’il occupait. Le 124 ° RI faisait partie de la 124° DI, qui à son tour faisait partie de la 4° Armée…

Chaque monticule sur la ligne du front était un observatoire à défendre. Le reste du terrain n’était qu’un réseau de tranchées, à proximité des tranchées ennemies.

Chaque jour sont notés l’heure et l’intensité des bombardements, des accrochages, des  attaques offensives décidées par les Etat Majors.

En 4 ans, on voit que les tirs d’artillerie sont de plus en plus sophistiqués : obus à ailettes, bombes à fragmentation, gaz toxiques. Il ne restait plus aux hommes, après ces préparations que de se lancer au combat aux armes automatiques, à la grenade, sans compter les périlleuses patrouilles de renseignement, les morts et les blessés à récupérer et la reconstitution des systèmes de défense.

Dans cet environnement, que peut faire le chef ?

le bas relief du tombeau de Joseph Birot

le bas relief du tombeau de Joseph Birot

Il est très peu souvent nommé dans le Journal, mais on aperçoit son empreinte à travers les éloges venant de la hiérarchie. Un jour, le Général commandant le Corps d’Armée fait transmettre, par l’intermédiaire du Général de Division ses félicitations pour la bonne nourriture qui est dispensée aux troupes dans le 124 ° RI !

A un autre moment, on aperçoit que le régiment a bonne réputation à cause de la qualité de ses ouvrages de fortification, la rapidité de leur reconstruction dès qu’ils sont endommagés, ce qui assure une plus grande sécurité et peut aider à épargner beaucoup de vies.

On relève encore le moral des soldats, leur cohésion. Tout cela est dû en partie à l’influence du chef.

C’est ce que j’ai retrouvé dans le comportement de sa veuve : toujours attentive aux conditions matérielles de la vie des gens, veillant à préparer des conserves pour les mauvais jours… ce que son mari a voulu sauvegarder dans des conditions autrement difficiles.

 

On entrevoit ainsi un homme qui, à plus de 50 ans, réapprend le métier de la guerre.  Il doit se faire à un style de vie spartiate, mettre à jour ses compétences techniques face à ce qui prend de plus en plus d’importance : l’évolution de l’armement, l’aviation de plus en plus présente et aussi l’invasion des gaz toxiques… C’est ainsi que la formation fait largement partie du temps de repos lorsque les unités reviennent à l’arrière.

Dans les moments les plus difficiles et imprévus, un chef doit imposer ses décisions. Un jour où les combats étaient particulièrement durs et même incertains, tandis qu’il percevait un fléchissement de la part des unités voisines, le Colonel Birot s’est engagé personnellement et avec succès pour le maintien de ses lignes. Plus tard, lors de l’offensive générale auquel son régiment participe, on le sent temporiser un peu  à exécuter les ordres donnés pour être sûr que l’engagement de ses troupes était possible.

l'armement est devenu de plus en plus sophistiqué

l’armement est devenu de plus en plus sophistiqué

Il faut aussi donner de sa personne : aller visiter les lignes, être prêt à déplacer son PC, s’il le faut plusieurs fois dans la journée, pour être au plus près de la situation. Un jour, son PC est bombardé et gazé. Le Colonel Birot est intoxiqué. On le renvoie à l’arrière… il revient 2 mois après reprendre la tête de son régiment !

En octobre 1918, le Commandement en Chef a décidé une grande offensive. Le régiment est déplacé et se trouve en première ligne. Chaque nuit, le Colonel reçoit les ordres pour le jour qui vient. Le 31 octobre, tandis qu’il reçoit les ordres pour la journée, le Colonel Joseph Birot est blessé d’un éclat d’obus. Avant d’être évacué, il trouve le temps de donner des consignes au Capitaine de Kerguenec qui va lui succéder.

Le7 Novembre, le Capitaine reçoit la nouvelle de l’hôpital : décédé de ses blessures, mort pour la France… comme tant d’autres de son régiment.

Sa veuve a fait construire un tombeau-monument avec en intitulé un verset de la Bible :

« Ses vues étaient droites et ses jugements équitables ».

Suit une épitaphe de ses compagnons du Régiment :

« AU COLONEL BIROT, OFFCIER DE LA LEGION D’HONNEUR

A ETE DECORE DE LA CROIX DE GUERRE 4 PALMES 2 ETOILES ET FOURAGERE

TITULAIRE DE LA VALEUR MILITAIRE ITALIENNE

MORT POUR LA FRANCE LE 7 NOVEMBRE 1918 DANS LES ARDENNES

Le 124° Régiment d’Infanterie qu’il mena à de rudes et glorieux combats comme un chef valeureux et dont il est regretté comme un père. PPL »

 

Le père du régiment : c’est bien ce qui le caractérisait : un père qui prend soin de ses hommes, dont les  décisions sont  inspirées par le sens du devoir et du possible, qui sait  entraîner les autres par son engagement personnel.

 

Quelques mois avant sa disparition, après un engagement intense de son régiment, une permission de 15 jours lui avait été accordée. Il s’efforçait de rassurer son épouse : « avec le canon ce 75, nous avons une précision que les allemands n’ont pas », « les balles, elles me connaissent » ! Et de faire avec elle des projets de retraite : « nous achèterons une automobile… nous mettrons une sonnette qui ira jusque chez le métayer pour qu’on se sente en sécurité pendant la nuit… »

Au printemps 1919, sa veuve s’est rendue sur le lieu où il avait été blessé. C’était dans un bois, le muguet était en fleur. Elle en a ramassé une touffe, l’a plantée auprès du tombeau et l’a toute sa vie entretenue.  Aujourd’hui les désherbants ont fait leur œuvre mais je ne manque pas, à la saison d’apporter ma touffe de muguet.

 

Que dire de plus ?

 

Après des centaines d’hommes du régiment dont il avait la charge, Joseph Birot est mort tandis qu’il participait  à la dernière offensive de la Guerre de 1914.

Cet homme était croyant, il ne craignait pas de le monter dans les moments où fallait l’exprimer publiquement mais il a aussi traduit sa foi dans un humanisme qui lui a valu le respect de tous, dans un moment où les croyants étaient suspectés soit d’obscurantisme soit d’être sans cesse à la recherche d’une restauration de quelque pouvoir clérical. L’expérience de la vie de tranchée, sur ce point comme sur bien d’autres a fait bouger les lignes.

le tombeau dans la lumière

le tombeau dans la lumière

 

Il est mort, comme autrefois Moïse qui après avoir conduit son peuple à travers le désert est mort face à la Terre Promise sans pouvoir y entrer lui-même. Il avait cependant pris le temps de lui rappeler encore une fois à quelles conditions cette Terre Promise pourrait être  une véritable Terre de Bonheur et de Paix.

La vie et la mort des hommes posent parfois de telles interrogations.

 

Posté par Pierre Raffin dans Action Catholique, Action Culturelle, Biographie, Témoignage | Pas encore de commentaires »

10-06-2016

Les Amis de Gikongoro… et après

20160605 Rwanda  cloture (1)aUn an après le décès de Madeleine RAFFIN, nous étions 25 amis réunis à la mairie du village de Saint Lieux où elle avait créé cette association.

Madeleine a toujours eu besoin d’amis pour la soutenir dans les chantiers qu’elle avait entrepris.

Il s’agissait d’abord d’encourager des initiatives de développement rural au Rwanda dans un climat de relative stabilité politique. Il fallait améliorer la scolarité des enfants et les aider à entrer dans la vie professionnelle.

Que faire ensuite dans une économie de guerre civile, lorsque les bâtiments sont détruits et les partenaires dispersés ou disparus dans la tourmente ?

avec Thérèse, compagne de lutte pour la justice internationale

avec Thérèse, compagne de lutte pour la justice internationale

Madeleine a tenu à rester sur le terrain et une fois expulsée par le nouveau pouvoir, elle a cherché à garder le contact, cultiver les relations et, toujours avec l’aide des ses amis, participer à la reconstruction de bâtiments, à l’éducation d’enfants orphelins de la guerre, témoigner lorsqu’une personne était mise en difficulté.

Un ami croit au témoignage de l’autre parce qu’il a des raisons de lui faire confiance – même si ce témoignage est contesté.

Voici comment son association était présentée en 2014 pour le journal municipal de Saint Lieux les Lavaur. Il est probable qu’elle avait rédigé elle-même l’article !

 

Les Amis de Gikongoro 

Eglise et Mairie de Saint Lieux

Eglise et Mairie de Saint Lieux

Tout le monde à Saint Lieux connaît « Les Amis de Gikongoro »… grâce à Madeleine RAFFIN, venue prendre ici sa retraite après 30 ans passés au service du développement de ce pays.

Elle avait gardé un lien avec Saint Lieux où sa famille est présente depuis 1970.

Elle a su faire aimer ce pays dans le département du Tarn où elle est venue habiter, et cinq ans plus tard elle créait l’association des « Amis de GIKONGORO » dont le siège est Saint Lieux. Celle-ci comprend des rwandais avides de nouvelles de leur pays et disposés à élargir la solidarité qu’ils ont eux-mêmes vis-à-vis de leurs familles, souvent dans la plus grande difficulté : Par l’association on peut encourager la création d’écoles, s’intéresser aux jeunes qui vivent dans la rue, envisager des solutions d’avenir…

Des habitants de Saint Lieux sont venus les rejoindre et participent toujours à l’aide de ce petit diocèse d’Afrique que Madeleine a été obligée de quitter il y a presque 20 ans…

passage à Lavaur en 1994

passage à Lavaur en 1994

On se souvient des « Repas Rwandais » dans notre salle municipale, où l’on a fait connaissance avec les coutumes, les mentalités du Rwanda et aussi avec les améliorations soutenues par l’association, récemment la mise aux normes d’une salle de réunions destinées à des activités éducatives pour des jeunes.

Il y a 2 ans, Madeleine écrivait un livre mémoire d’une grande qualité : « Le Rwanda, un autre regard ». Il a été lancé  officiellement à Saint Lieux au cours d’une réunion de l’association.

Merci aux « Amis de Gikongoro » pour cette fenêtre ouverte sur l’Afrique. Vous contribuez à donner à notre commune un visage humaniste.

« Les Amis de Gikongoro » : Les Caussanels 81500 Saint Lieux Les Lavaur.

A la maison de Saint Lieux le jour de ses obsèques

A la maison de Saint Lieux le jour de ses obsèques

Un an après son décès, il n’était plus possible de continuer l’engagement qui était le sien, faute de contacts directs avec ceux qui sans doute continuent au Rwanda à faire pousser quelques unes des graines qu’elle a semées.

C’est cela la mort aussi – accepter que les choses ne se déroulent pas nécessairement comme on l’avait espéré, et croire pourtant à l’avenir, faire confiance sans voir encore ceux qui feront pousser quelques unes des graines que Madeleine et d’autres comme elle ont contribué à semer.

Les juifs ont inventé le titre de Justes des Nations pour ceux qui les ont défendus parce qu’ils étaient des êtres humains.

Nous reconnaissons que ce titre convient à Madeleine, et nous croyons volontiers que Dieu lui même l’a déclarée Juste et la faite entrer dans ce que la Bible appelle l’assemblée des justes.

A la maison de Saint Lieux en 2013

A la maison de Saint Lieux en 2013

A nous aussi d’être des justes et de trouver des amis qui nous estiment à cause de cela, et nous aident dans ce que nous entreprenons.

L’espérance n’est pourtant pas morte : un religieux de la province du Congo proche du Rwanda souffrant elle aussi de la guerre, le Père RIGOBERT, est venu nous dire comment les chrétiens là aussi cherchent à s’adapter pour survivre et être aussi à la hauteur de leur foi.

Une autre association, avec des moyens encore plus modestes que les nôtres, Le Futur Génie, originaire aussi de Gikongoro, nous a présenté aussi ses objectifs : y aurait-il des génies parmi les enfants qui ne peuvent pas suivre les études dans cette région de l’Afrique ?

Clôture de l'Association

Clôture de l’Association

Ce sera l’objet d’un prochain article.

Posté par Pierre Raffin dans Biographie, Migrations - International - Rwanda, Non classé, Témoignage | 1 Commentaire »

13-01-2016

Elargis l’espace de ta tente : Noël est planétaire

recueillement au Bataclan

recueillement au Bataclan

 

 

 

Comme le fait un prêtre, j’ai préparé et célébré Noël avec des communautés chrétiennes grandes et petites. Chacune de ces célébrations est pour moi une immersion dans des mondes que je suis invité à accompagner et ainsi prendre en compte les questions survenues dans leur vie.

 

 

Célébration et animation musicale dans une maison de retraite.

Crèche : pastel d'une vieille paroissienne

Crèche : pastel d’une vieille paroissienne

 

Si l’on ne voulait pas tricher avec ces personnes très âgées, il s’agit de vivre un moment de confiance pour s’accueillir chacun avec nos infirmités, nos solitudes, nos angoisses à se voir décliner les uns les autres. Envisager avec courage le passage vers une autre vie : « Et si c’était vrai ? »

 

 

 

 

Elargis l’espace de ta tente, avec la Mission Ouvrière

Rencontre Nationale de la Mission Ouvrière

Rencontre Nationale de la Mission Ouvrière

C’était le thème du congrès à Lourdes des mouvements d’Action Catholique en Monde Ouvrier ; nous étions une vingtaine de délégués de la Haute Garonne, et là, nous avons décidé de Fêter Noël en Mission Ouvrière. Et là, nous étions 120 !

Nous avons repris le message de la lettre du pape sur l’écologie, Laudato si : Noël est planétaire.

Plus que jamais, nous savons que nous sommes responsables de notre avenir, et de notre planète avec lui.

Cela demande le courage d’en assumer la responsabilité, de faire ensemble des pas qui conduisent à plus de fraternité.

Dans ces conditions, le message de Dieu qui vient vers nous prend toute sa vraisemblance.

C’est ma joie de vivre avec ce peuple des moment où l’on se reconnaît fraternels et même enfants de Dieu parce qu’on fait le choix  de s’ouvrir aux autres.

La Nuit de Noël à Sainte Germaine

Crèche à Sainte Germaine

Crèche à Sainte Germaine

La nuit et le jour de Noël sont des moments où il est donné aux chrétiens de rassembler ce qu’ils portent de la vie du monde, pour en faire avec le Christ un Repas où il est le premier invité. Et çà marche !… l’expérience de lui avoir mieux dit qu’on croit en Lui, d’avoir mieux compris qu’il nous ouvre un avenir.

 

 

 

 

La semaine en famille

Tout cela valait bien un peu de repos avec la famille venue me visiter. Pendant ce temps qui suit la fête, nous avons eu le temps de vivre au ralenti la vie de famille, sachant que durant ce temps passé ensemble, les batteries se rechargent.

On est au-dedans, mais la fenêtre est ouverte sur le monde.

Réveillon entre amis après la messe de Noël

Réveillon entre amis après la messe de Noël

Posté par Pierre Raffin dans Biographie, Vie d'Eglise | Pas encore de commentaires »

03-08-2015

Journée amicale en souvenir de Madeleine

 

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Dans l’église de Saint Lieux

Un mois et demi après son décès, les amis de Madeleine étaient toujours là, cette fois à Saint Lieux les Lavaur, dans l’église de son village d’adoption, pour prier, fêter la joie d’être ensemble et partager ce que nous avons vécu avec elle. Exilée du Rwanda en 1997, Madeleine avait choisi de vivre dan sa maison de Saint Lieux, où elle recevait les rwandais de passage, animait l’association des Amis de Gikongoro et rédigeait son bulletin de liaison : « Le Tambour de la fraternité ».   C’était son part d’attache. Ses voyages fréquents l’ont conduite jusqu’à Arusha en Tanzanie, où elle est allée défendre son ami Dominique devant le Tribunal Pénal International. Plus fréquemment c’était à Paris pour défendre, avec l’association « France Turquoise », des militaires accusés d’avoir aidé le génocide qu’ils étaient venus combattre !

Préparatifs de l'appéritif

Préparatifs de l’apéritif

Saint Lieux, c’était aussi la maison familiale qu’elle a aidée à faire vivre, favorisant les rencontres entre les générations. C’était aussi la communauté chrétienne en train de s’organiser pour vivre l’entraide avec les communautés du voisinage. Là aussi elle a apporté avec son amitié, son expérience de vie internationale et aussi du travail d’équipe. Il a pourtant fallu se détacher de ce lieu de vie lorsque les accidents de santé l’ont exigé, et s’établir à Toulouse. Il lui restait tout de même de l’énergie pour animer le « Club Humaniste », avec Jo Vidal qui lui laissait en gentleman le mot de la fin. Cette journée du 26 juillet a été une véritable fête familiale de 150 personnes.

apéritif

apéritif

C’était la joie de nombreuses rencontres qui se prolongeait et le sentiment que les choses ne pouvaient s’arrêter là, ni pour les associations qu’elle animait, ni pour l’esprit de famille qu’elle avait entretenu, ni pour elle qui a vécu dans l’amour et l’attente du Royaume de Dieu dont elle espérait bien avoir semé quelques graines.

au repas

au repas

Çà valait bien une fête

Et bien sûr la danse

Et bien sûr la danse

Posté par Pierre Raffin dans Biographie, Migrations - International - Rwanda, Non classé | Pas encore de commentaires »

25-09-2014

Les 50 ans de la Maison du Christ Roi

La Maison du Christ Roi

La Maison du Christ Roi

A Toulouse, la Maison du Christ Roi est aujourd’hui un lieu de rencontre et aussi un centre administratif des activités chrétiennes du diocèse.

Ce Centre avait été fondé il y a 50 ans pour abriter dans ses nouveaux locaux le Séminaire des Jeunes qui éventuellement se destinaient à devenir prêtres.

En s’installant auparavant au Cabirol (Colomiers), ce séminaire avait déjà subi une rénovation importante, sous l’impulsion du chanoine DELARUELLE. Il s’agissait de former des prêtres habités par la double culture de l’enseignement laïc et de la tradition catholique. C’est dans cet esprit que nous avons été élevés.

La création du Christ Roi en 1964, au moment du Concile, correspondait à un nouveau pas concernant le renouvellement de l’Eglise. On comprenait que la foi n’était pas la seule affaire des intellectuels, elle était aussi vécue dans le quotidien de la vie du peuple.

L’animateur du projet était le chanoine BARBASTE, l’un de premiers aumôniers de la JOC à Toulouse.

Grâce à l’héritage d’une riche toulousaine, Mlle PUGENS, on  a pu construire le magnifique ensemble que représentaient l’école et l’église paroissiale.

Comme gémit une biche après l'eau vive, ainsi mon âme a soif de toi. Psaume 42

Comme gémit une biche après l’eau vive, ainsi mon âme a soif de toi. Psaume 42. Détail de l’autel de la chapelle

Mettre cette entreprise sous le patronage du Christ Roi, c’était remonter aux projets apostoliques que Pie XI avait développés dès 1925. Par la transformation de la réalité sociale on voulait rapporter au Christ tout ce qu’il y a de meilleur dans l’humanité pour qu’il le protège et le fasse grandir.

C’est ce qu’expriment les inscriptions en lettres dorées sur la façade de l’église :

« Vivez dans le Christ Jésus. La réalité, c’est le Christ ». (Saint Paul)

« Tels des pierres vivantes, laissez vous édifier en demeure spirituelle » (Saint Pierre)

Devenu professeur de Lettres, c’est ainsi que le Père BARBASTE          et ses successeurs m’ont laissé toutes les chances pour m’enraciner dans les Mouvements d’Action Catholique en Monde Ouvrier., en souhaitant aussi que cet engagement soit un moyen d’ouverture pour l’ensemble de l’équipe éducative.

C’est ainsi que j’ai participé pendant plus de 10 ans à l’animation de l’école. Je dois dire que souvent mes préoccupations extérieures me prenaient beaucoup. Mes confrères ne m’en ont pas voulu : j’y étais aimé et respecté.

L’ensemble de l’équipe avait une grande valeur humaine et pédagogique. Mais, avec le temps, il a fallu se rendre à l’évidence : le projet ne pouvait plus tenir. Il reposait sur un trop petit nombre d’élèves et l’on ne pouvait plus assumer la variété des branches dans lesquelles l’enseignement s’est spécialisé.

Ce projet reposait sur des valeurs humaines et chrétiennes correspondant à l’idéal éducatif que l’on pouvait se faire. Nous n’avions plus les moyens de le mettre en œuvre.

L’école a donc fermé et le diocèse, avec beaucoup de constance d’ailleurs, a donné à la Maison du Christ Roi la mission qui est la sienne aujourd’hui. Pour nous, c’était tout de même un échec…

Le tabernacle a la forme de l'Arche d'Alliance que le peuple transportait à travers le désert, symbole d'une Présence qui l'accompagne

Le tabernacle a la forme de l’Arche d’Alliance que le peuple transportait à travers le désert, symbole d’une Présence qui l’accompagne

Rappeler ces 50 ans aujourd’hui, c’est témoigner de la Force qui nous a permis de traverser cet échec

Ce qui m’étonne aujourd’hui, c’est que je n’ai rien à renier de mes motivations d’alors pour préparer la construction du Corps du Christ Jésus, en visant cette réalité qui nous est donnée en perspective.

 

Comme prêtres, nous avons à accompagner la foi des chrétiens, leur dire que leur relation au Christ peut demeurer vivante malgré les échecs qu’ils ne manquent pas de rencontrer. Le Christ est en avant de nous, la foi en lui est sans cesse remise en chantier.

Nous savons que çà marche, et nous avons pour mission de donner à d’autres la confiance que çà peut marcher.

Notre relation à lui est toujours vivante, elle nous donne assez d’assurance pour aider nos frères en humanité à traverser leurs épreuves.

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19-07-2014

En Bourgogne sur les Chemins de Saint Jacques

Robinson D'Auxerre

Robinson D’Auxerre

Ma nièce-Agnès habite la Bourgogne. On est fier là bas d’être bourguignon, à cause du bon vin, bien sûr, et aussi à cause des nombreuses traces des Pèlerins de Compostelle.

Jugez donc : la 2° Croisade est partie de Vézelay en 1092, modeste village qui compte aujourd’hui quelques 500 habitants mais qui a rassemblé des milliers de pèlerins.

Avant la croisade, ils avaient construit une incroyable basilique : chaque chapiteau représente et interprète un épisode de la Bible. La Création, le Ciel, l’Enfer, présentés avec tant d’humanité qu’on ne peut plus qualifier toutes ces croyances de niaiseries… dès que l’on a seulement pénétré dans le vestibule de la Basilique.

Bas relief Cathédrale d'Auxerre : le récit bibllique de la Tentation

Bas relief Cathédrale d’Auxerre : le récit bibllique de la Tentation

 

Agnès m’avait donc invité à visiter son coin de Bourgogne à pied, en suivant les Chemins Saint Jacques. Les jeunes enfants à la maison, l’année scolaire pas tout à fait terminée ne lui ont pas permis de m’accompagner. J’ai donc cheminé seul sur les sentiers de Bourgogne.

Pas tout à fait car lorsque l’on marche longuement dans la campagne, les pensées viennent peu à peu : c’est la mémoire qui voyage avec vous.

 

J’avais donc en tête la spiritualité des pèlerins qui, à travers leurs œuvres d’art nous ont laissé entendre comment leur foi était structurée ou comment elle était parvenue à se structurer.

Saint Fiacre, patron des jardiniers

Saint Fiacre, patron des jardiniers

Chacun s’était décidé à ce voyage à partir d’un évènement de sa vie, tel le vieux patriarche mis en scène par Paul Claudel dans l’Annonce faite à Marie : il s’en va parce que le pays est meurtri par la guerre de Cent Ans, parce que la foi vivante qui avait inspiré la Chrétienté s’était enlisée dans la routine d’une vie sans perspective.

Après avoir fêté 50 ans de service comme prêtre dans le monde et dans l’église, je ne manquais pas de motivations pour marcher, encouragé par des traits oubliés de la mémoire chrétienne que l’expérience de la marche fait remonter à la surface.

Marcher, monter le sentier d’une colline, puis d’une autre, quand les jambes du vieux pèlerin ont de la peine à suivre… On trouve sa motivation en pensant à la longue marche des hommes, dure, faite d’aller et retours, de souffrances et d’échecs inexpliqués, de défaillance.

Village de Bourgagne au détour d'un sentier

Village de Bourgagne au détour d’un sentier

Puis vous apercevez à perte de vue la moisson déjà bien avancée, le champ immense du monde avec ses innombrables ouvriers, ses graines semées à l’infini.

Qu’en est-il de notre peine à chacun de nous ? L’histoire se reproduit comme la moisson à chaque génération, avec des manières différentes d’habiter le monde.

 Il y a un maître de la moisson… Peu à peu, arrivent les images de l’Evangile qui parlent de ce maître de la moisson et aussi de tant de choses qui nous inquiètent : l’ivraie mélangée au bon grain qui entache la surface des épis. Sur les bords du chemin, les machines ont froissé quelques épis, les vergers ont laissé quelques fruits que le voyageur peut recueillir avec reconnaissance. Jésus ‘avait-il pas promis qu’il se changerait de nourrir ceux qui marcheraient à sa suite ?

J’ai vite compris que ce pèlerinage après une fête était un devoir pour moi. Une manière d’accompagner tous ceux que j’ai croisés sur la route, dans un chemin de foi qui est aussi le mien.

En marchant dens les côteaux

En marchant dens les côteaux

Sur la route, vous rencontrez toujours quelqu’un : des ouvriers dans la vigne, des chercheurs de champignons, des bonnes dames qui vont aux commissions, ou tout simplement la famille de ma nièce et son entourage qui venaient me récupérer le soir après la marche.

Eux aussi avancent dans la vie avec leurs goûts, leurs questions, leur quête de bonheur… et  les perles qu’ils recueillent lorsqu’ils élèvent leurs enfants et s’intéressent à ceux des autres.

 

 

Halte à l'église de Champ sur Yonne

Halte à l’église de Champ sur Yonne

J’ai plongé dans cet univers pendant quatre jours. Il faut maintenant reprendre une autre route, celle de la vie quotidienne. Elle rencontrera sans doute moins de poésie. Il y aura pourtant des souvenirs que l’on garde au cœur  et qui vous motivent pour partager l’espérance avec ceux qui ont peine à la trouver.

Un prédécesseur : l'abbé Parat, découvreur du site préhistorique et galloromain de Cora

Un prédécesseur : l’abbé Parat, découvreur du site préhistorique et galloromain de Cora

 

Agnès, Rémi, Robinson et Jeanne : tribu gauloise des environs d'Auxerre

Agnès, Rémi, Robinson et Jeanne : tribu gauloise des environs d’Auxerre

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11-05-2014

Vivre son âge avec les herbes de Provence

 

Maison de sessions à La Baume

Maison de sessions à La Baume

Avec quelques prêtres de ma génération, nous avons été invités à une session pour faire le point sur notre âge, notre passage à la retraite, nos convictions au moment où des accidents de parcours peuvent survenir : çà n’arrive pas qu’aux autres !

Le programme était très original car il se voulait un temps de réflexion chrétienne à propose de cet âge de la vie, bien ancré sur une formation plus profane concernant la situation administrative des retraités et aussi l’évolution physiologique et psychologique que nous devons prendre en compte afin de vivre ce temps le mieux possible. Le tout aux environs d’Aix en Provence, patrie de Cézanne.

Nous nous sommes aidés mutuellement à nous mettre face à nous-mêmes pour regarder avec lucidité et spontanéité une période de la vie qui a ses charmes et aussi ses préoccupations.

Chapelle de verdure

Chapelle de verdure

On passait avec aisance d’une conférence biblique au topo d’un médecin spécialiste en gériatrie qui a réussi à nous faire apercevoir que malgré les apparences, nous étions tout de même marqués de quelques signes de vieillissement et surtout que nous pouvions nous aider à les contourner.

Il m’a semblé que nous avions beaucoup de chance en participant à de pareils échanges.

Une équipe compétente à notre service, un cadre beau et confortable. C’est merveilleux de se promener en cette saison sur les sentiers de Provence.

J’ai pensé aussi que si nous étions des privilégiés, c’était sans doute pour en faire profiter d’autres, être prêts à les écouter et les encourager.

Nous avons eu le temps de cette pause. Il faut beaucoup de confiance et de générosité pour en profiter et faire profiter d’autres des possibilités que nous offre cet âge de la vie.

Nous le valons bien !

Cloître d'Aix

Cloître d’Aix

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15-04-2014

L’arbre des justes

Nous avons planté en l’an 2 000 dans notre jardin de Saint Lieux un cèdre pour honorer  le Père Augustin MISAGO qui venait de ressortir vivant et acquitté après 18 mois de séjour dans les prisons du Rwanda.

L'évêque Misago Ce geste l’a touché car il venait inspecter son arbre à chacun de ses passages dans notre région. Après la 2° guerre mondiale, les juifs ont planté une forêt en l’honneur des Justes des Nations, ceux qui, appartenant à une autre nation que la leur, les avaient pourtant défendus au péril de leur vie.

Le Père MISAGO était évêque de Gikongoro au Rwanda, tandis que me sœur Madeleine participait avec la Caritas au secours  des réfugiés. Payant une rançon pour l’un, abritant l’autre, transportant ceux qui le lui demandaient, démarchant les nouvelles autorités afin qu’elles épargnent leurs vaincus, demeurant auprès de ces populations dont il avait la responsabilité en tant qu’Evêque.

Dans une situation de guerre civile, ces gestes devenaient des actes héroïques.

conversations avocats

conversations avocats

En ce début de Semaine Sainte où l’on commémore un Juste persécuté, on peut se demander pourquoi le Père MISAGO a été accusé publiquement par le président de son pays et quelques jours plus tard mis en prison. Pendant le temps de liberté qui lui restait, il a envoyé un message à ses amis :

 « Le Seigneur est ma lumière et mon salut ».

C’est le début du Psaume 27 que les chrétiens méditent pendant la Semaine Sainte.

Peut être avait –il en mémoire la fin de ce psaume :

« De faux témoins se sont levés contre moi, ils soufflent la violence.

Je le crois, je verrai la bonté du Seigneur sur la terre des vivants.

Espère en Dieu, prends cœur et prends courage. Espère en Dieu » ?

acquittement de Misago

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Son espérance était bien sûr de sortir vivant de cette épreuve, obtenir un espace de paix pour son peuple, mais aussi « une terre des vivants » promise à ceux qui ont su donner un peu de leur vie pour leurs frères.

Beaucoup de gens qui prétendent commémorer le génocide rwandais se bornent à ressusciter des images de sang. Je voudrais pour ma part rappeler le souvenir de toutes les victimes et aussi de tous ceux qui modestement ou publiquement se sont dépensés pour la survie de leurs frères.

Posté par Pierre Raffin dans Biographie, Migrations - International - Rwanda | Pas encore de commentaires »

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