Archives pour la catégorie 'Patrimoine artistique'

31-08-2020

Visite à Maguelone

burstEhab est un jeune palestinien, courageux malgré son handicap : il a quitté Toulouse où il était connu, pour continuer ses études de français à Montpellier. Ouvert à tous les signaux de son téléphone portable, il a fini par trouver un magnifique appartement en bord de mer où il m’a invité pour quelques jours de vacances.

Il m’a montré un de ses lieux préférés : l’ancienne cathédrale fortifiée de Maguelone qui domine la mer, tout près de chez lui. Il m’a fait partager ce qu’il ressent en ce lieu que ses ancêtres Sarazins ont autrefois occupé ! La forteresse avait ensuite servi de refuge à quelques papes du Moyen Age, puis aux protestants, ce qui lui a valu d’être démolie par Richelieu…magelone

Au XIX° siècle, une famille de commerçants  Montpelliérains achète l’île, et commence à réhabiliter les lieux en en faisant un parc de plantes méditerranéennes. Et c’est ce qui fait le cachet de cet endroit où sont associés la mer, la végétation méditerranéenne et les pierres de l’église romane.

Le lieu est maintenu en vie par un CAT (Centre d’Aide par le Travail), qui exploite les vignes, entretient les paysages, et plaide pour de nouvelles réhabilitations.IMG_20200824_170618_BURST001_COVER

Il m’ semblé que ce lieu parlait bien de notre situation d’aujourd’hui : malgré les troubles et les incertitudes que nous connaissons avec la pandémie et le reste, il y a des choses qui nous parlent : les paysages de bord de mer que l’on trouve ici, la lumière qui traverse les feuillages pour éclairer les murailles de ces vieux bâtiments, l’atmosphère apaisante de l’église romane, le centre l’aide par le travail qui maintient ce lieu en vie…

Un silence qui parle comme autrefois aux poètes romantiques :

« Objets inanimés, avez-vous donc une âme

Qui s’attache à note âme et la force d’aimer ? »

C’était Lamartine.  Avant lui, après les destructions produites par la Révolution Française, Chateaubriand avait écrit : « le Génie du Christianisme » : les pierres d’une église même détruite parlent encore… de ce que l’on ne voit pas : le mystère qui enveloppe la vie humaine et lui promet un avenir.

Autre chose que ce que nous trouvons sur nos appareils même bien branchés.

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17-02-2020

Chère Amazonie

 

_enfant amazonieJ’ai visité, le 6 février dernier à Paris, l’exposition de photos de Claudia ANDUJAR, sur l’Amazonie. Plus de 30 ans de photographie et d’amitié avec les « Yanomami » dont le nom signifierait « les êtres humains »…

C’et une belle leçon d’humanité que fournit ce peuple menacé de disparaître par l’extraction sauvage des minerais, le pillage et les incendies des forêts, les épidémies  et la déstabilisation des communautés.

« Claudia est entrée dans l’intimité des yanos , et a cherché à traduire l’intensité de l’univers chamanique qui les englobe. Des rayons de lumière fusent dans l’air, un jeune homme étendu dans son hamac est nimbé de fumée… Les scènes de la vie quotidienne   sont interprétées de manière à transcender la réalité, en invitant à une interprétation métaphysique. »

jeune hamac AmazonieJ’avais fait cette visite en compagnie de Raoul, mon ami chilien exilé à Paris. Il ressentait tout cela parfaitement.

J’ai « visité » quelque jours plus tard cette même exposition en lisant avec passion le texte que le pape François vient de publier : « Chère Amazonie ».

Le pape latino-américain connaît la pauvreté et la dignité de ce peuple en étroite communion avec ses fleuves et ses forêts, menacé de disparition et de corruption par les prédateurs de la civilisation capitaliste. Les habitants des forêts équatoriales risquent de disparaître comme des « espèces non viables ». Mais avec eux c’est le sens de notre appartenance  à notre environnement qui risque d’être mutilé, désacralisé.

Les mépriser,  c’est ne plus apercevoir ce qui nous réunit  au mystère de la vie, qui nous est offerte de manière somptueuse  comme un cadeau.

Lutter pour cette incroyable diversité présentée dans la nature, peut être une approche de Celui qui nous a donné tout cela et entrer plus avant dans les intentions du donateur.

Nous avons besoin de la poésie pour faire notre chemin vers Dieu.

chère Amazonie« Seule la poésie, dit encore le pape citant un poète indien, grâce à l’humilité de sa voix, pourra sauver le monde ».

Posté par Pierre Raffin dans Action Catholique, Migrations - International - Rwanda, Patrimoine artistique, Vie d'Eglise | 2 Commentaires »

12-12-2018

La France des gilets jaunes, entre collines et ravins

Sermon du temps de l’Avent

Luc 3, 1-6

Cette page de l’Evangile de Luc marque le début de la proclamation de l’Evangile sur la scène du monde.

Il y a ceux qui se partagent le pouvoir : l’autorité impériale, les chefs locaux, le grands prêtres avec lesquels il faut aussi compter…

Une autre voix vient du désert, elle investit Jean, le prophète.

Elle vient du fond des âges. Elle s’identifie avec les promesses renouvelées par le prophète Isaïe ch 40 :

« Consolez mon peuple… Parlez au cœur de Jérusalem, dites lui que son esclavage est fini, dites lui qu’elle a reçu double punition pour ses fautes » ou ses erreurs : il a fallu avaler toutes les punitions qui sont les conséquences de nos déviations… maintenant, le Seigneur vient. Il a écarté toutes les difficultés qui nous faisaient croire qu’il nous serait impossible de sortir du gouffre.

Le prophète Isaïe dit qu’il y a un cœur pour Jérusalem : un lieu où elle peut écouter, se laisser réconcilier, exprimer aussi ce qu’il y a de beau qui peut sortir de son cœur…

Le Psaume 119 32 dit : « Tu as dilaté mon cœur, maintenant je vais courir sur les chemins de tes commandements ».

Son cœur peut se dilater en se laissant réconcilier avec Dieu. Les précipices seront comblés !

-   On peut être enfermé comme au fond d’un gouffre

-   On peut être opprimé ou anéanti par ceux qui tiennent aujourd’hui le haut du pavé

Yse-_-Ludmila-Mikael

Ludmila-Mikael dans le rôle d’Ysée

-   On peut être dépaysé par des chemins tortueux.

-   On peut être blessés au hasard  des obstacles rencontrés…

Le poète Paul Claudel avait résumé cela avec un proverbe portugais :

« Dieu écrit droit avec des lignes courbes ».

Il a raconté sa conversion survenue18 ans, l’après midi de Noël 1886, derrière un pilier, à ND de Paris : «  »En un instant mon cœur fut touché et je crus ! » Il a eu le sentiment d’être investi par une présence qui le dépassait. Tout lui paraissait lumineux, sauf qu’il y avait tout à faire, à reconstruire, sauf qu’il fallait régler son compte avec une liaison adultère où il s’était investi. « Ce terrible amour, dit-il, qu’il faut vous arracher du cœur ! »

Cette situation revient souvent dans son œuvre : elle était devenue le symbole des ravins infranchissables qui nous séparent de la mise en œuvre de la Parole une fois entendue.

« Comment t’es-tu fait un chemin, voix de mon Dieu ? » (Gertrude Von Le Fort, poétesse allemande) ;

Le rappel de ces citations nous indique les chemins, parfois abrupts, infranchissables, qui se découvrent comme possibles avec la grâce de Dieu.

L’Evangile de Luc donne ici une préface à son récit qui raconte plusieurs épisodes du chemin de Jésus avec les siens, comme autant d’ouvertures qui permettent à la Parole de Dieu de venir jusqu’à nous et nous donne les moyens de répondre.

Gilets-jaunes-17-novembre-1024x768-1-854x641-854x641En ce moment d’anxiété vécu par notre pays, on dirait que nous sommes au fond d’un ravin dont nous ne savons comment sortir.

Chaque croyant devrait pouvoir se dire pour lui-même la parole adressée à jean Baptiste :

« Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très Haut, tu marcheras devant la face su Seigneur pour préparer ses chemins pour faire connaître à son peuple le salut et la rémission de ses péchés » !

Le salut, par rapport aux montagnes d’orgueil qui nous paraissent infranchissables, aux ravins dans lesquels nous nous sommes laissés emprisonner, aux blessures qui nous paraissent inguérissables.

Le salut par la foi, dit le prophète Michée est « de marcher humblement devant ton Dieu »(Michée 6, 1-8)

A charge pour nous d’explorer toutes les voies enseignées par Jésus dans l’ l’Evangile,(Pascal), lancer les ponts que nous pouvons réaliser pour que la justice et la paix, entrevues dans la foi se réalisent sur la terre comme au ciel.

C’est un défi.

L’urgence du temps nous indique aussi la force d’autorité que nous pouvons donner à la Parole de Jésus, car il vient « non pour condamner le monde, mais pour que par lui, le monde soit sauvé ».(Jean 3, 17)

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26-01-2017

Brève histoire de la solidarité-charité à Toulouse

communication de Pierre RAFFIN  au GIRLE ( Groupe Interreligieux Laïcité Empalot)

 

Martin partage son manteau

Martin partage son manteau

On peut commencer par le village de Saint Martin du Touch. Saint Martin remporte en France la palme dans le nombre des villages portant le même nom. Ce légionnaire romain du IV° siècle avait partagé son manteau avec un miséreux qui grelottait de froid. Il lui sembla voir le Christ dans le visage de ce pauvre. Devenu évêque, il a eu le souci de proposer la foi chrétienne aux gens des compagnes, méprisés parce qu’ils n’avaient pas la culture de la ville. C’est ce qui lui valut son immense popularité.

La solidarité dans l’imaginaire chrétien est rattachée à la sainteté. Les saints représentent des personnages à imiter … et qui peuvent vous protéger ! On retient un détail qui fait image et c’est ce qui se transmet.

Saint Exupère. Basilique Saint Sernin

Saint Exupère. Basilique Saint Sernin

 

Passons à l’église Saint Exupère, près du Jardin des Plantes. C’était un évêque du V° siècle qui, par la seule force de sa parole dissuada les Barbares de saccager la ville. On lui a donné le titre de « défenseur de la cité ». Ce même titre a été plus tard apposé sur la tombe du Cardinal Saliège pour avoir pris la défense des juifs pendant la guerre de 1939-45.

La solidarité, c’est d’être aussi capable de faire le geste historique qui convient lorsque l’on bénéficie soi même d’une certaine représentation sociale. On peut rapprocher de ces gestes l’Appel de l’ Abbé Pierre en faveur des sans logis au cours de l’hiver 54.

les colonnes de cette salle d'hôpital ont été placées pour soutenir le plafond qui croulait sous le poids des malades lors d'une épidémie de peste

les colonnes de cette salle d’hôpital ont été placées pour soutenir le plafond qui croulait sous le poids des malades lors d’une épidémie de peste

 

Nous sommes maintenant devant l’Hôtel Dieu, construit à la fin du XII° siècle, par les pèlerins de Saint Jacques de Compostelle, en même temps que la Basilique Saint Sernin, pour les pèlerins, les malades et les pauvres : l’Hostel =l’Oustal, la maison où l’on vous accueille ; Dieu : c’est Dieu qui vous accueille. Celui qui construisait la basilique ne devait pas se contenter d’apporter sa pierre ou sa brique à l’édifice, il devait accomplir ce qui lui semblait la conséquence de sa foi : porter secours aux pauvres.

Il est significatif de voir que l’Hôtel Dieu à Paris se trouve sur le parvis de L’église Notre Dame.

Au fur et à mesure du temps, les besoins se sont amplifiés. Les dons des particuliers, même s’il y avaient d’illustres donateurs ne suffisaient pas, l’état s’est mis à créer ses propres instituions qui n’étaient pas non plus reluisantes du point de vue de la salubrité. La norme d’un lit au moins pour 3 personnes était largement dépassée…

François rencontre le Sultan pour tenter de mettre fin à une croisade

François rencontre le Sultan pour tenter de mettre fin à une croisade

Et nous arrivons bien sûr à l’église des Récollets construite à la fin du XV° siècle. C’étaient une branche des religieux franciscains fondés par François d’Assise au XIII° siècle. Ils faisaient la « récolte », c’est à dire qu’ils voulaient mendier pour vivre, à la suite François d’Assise qui s’était dépouillé de ses habits de jeune homme riche pour revêtir celui d’un pauvre. Il s’agissait de sauver l’Eglise de l’enlisement dans la richesse dont témoigne l’architecture des villes italiennes. Comme tous les réformateurs chrétiens, François voulait revenir à la pauvreté et à la solidarité du Christ avec les pauvres. C’est le nom qu’a voulu porter le pape actuel.

 

N’oublions pas non plus qu’il y avait, rue Achille Viadieu, une chapelle Notre Dame du Refuge. C’était une institution fondée dans le sillage de Saint Jean Eude qui s’était préoccupé au XVII° siècle de prostituées et de celles qui par suite de leur pauvreté pouvaient devenir délinquantes. La aussi, cette pieuse intuition  a pu se dégrader au cours du temps. La collaboration de l’état  a transformé ces maisons en centre de redressement où la vocation de ces religieuses ne trouvait pas son compte. Elles étaient plutôt devenues gardiennes de prison.

 

Tous ces avatars de l’histoire montrent qu’en face des nouveaux besoins ou abus, des chrétiens ont   comme considéré l’Eglise toujours ayant besoin de réforme. Tout cela à cause des déficiences de chacun de ses membres, et aussi parce que de nouveaux acteurs, en l’occurrence l’état,  se sont présentés pour prendre le relais d’institutions qu’elle avait pourtant créé.

Le défi pour les chrétiens est de prendre leur place autrement, souvent en participant à des initiatives dont ils ne sont pas nécessairement les auteurs mais où ils apportent un Esprit. Beaucoup se reconnaissent dans cette tâche. L’histoire leur apprend que cet Esprit peut s’enliser au fil du temps, des défaillances des hommes et de la complexité croissante des situations.

Posté par Pierre Raffin dans Laïcité, Non classé, Patrimoine artistique, Témoignage | Pas encore de commentaires »

24-11-2015

Ton Peuple cherche ta Parole

De mois en mois, les agressions terroristes se succèdent sur notre sol et réveillent des sentiments de compassion et d’insécurité. Nous apercevons tout à coup la fragilité de notre vie démocratique aussi bien que notre attachement profond aux valeurs qui la fondent. Nous avons besoin de les exprimer.

En le faisant, chacun prend encore mieux conscience d’être rattaché par des liens invisibles à une foule d’être humains.

Beaucoup ont répondu à l’appel de l’Evêque de Toulouse et se sont rendus le soir du 16 novembre à une célébration qui réunissait des croyants chrétiens, juifs, musulmans dans ce lieu symbolique qu’est la Cathédrale Saint Etienne.

On a lu le passage du 2° chapitre de la Bible qui raconte le meurtre d’Abel par son frère Caïn. Cette vieille histoire, racontée à la manière des mythes de l’Antiquité, fait comprendre que le problème du mal et de la violence est aussi vieux que l’humanité.

Ce jour là, le mythe devenait une parole vivante. L’homme qui l’écoute accepte tout à coup de recevoir une Parole venant de Dieu, alors que dans sa vie habituelle il passe le temps à douter de son existence.

Il accepte de se laisser interroger par le mensonge de Caïn qui vient de tuer son frère : « Suis-je le gardien de mon frère ? ». Eh oui, j’ai une mission vis-à-vis de mon frère, et je l’ai peut être oubliée !…

« Le mal restera comme une bête tapie à ta porte »… et tu mettras beaucoup de temps à t’en délivrer !

Oui, le mal existe. Que signifie ce compagnonnage, à certains jours infernal, avec la vie des hommes ?

La suite de l’histoire biblique montre que ce n’est pas une fatalité : il y a un chemin de libération, et c’est Dieu lui-même qui nous y fait entrer.

Tu dois accepter cela : te laisser remettre en question, ne pas mépriser cette main tendue qui soutiendra ton courage.

 

La lapidation d'Etienne. Rétable cathédrale de Toulouse

La lapidation d’Etienne.
Rétable cathédrale de Toulouse

L’Evêque a fait remarquer pour conclure que le grand rétable de marbre qui orne le chœur de l’église avait été illuminé de teintes bleu, blanc, rouge… comme la Tour Eiffel, comme le Christ de la baie de Rio de Janeiro. Cette lumière tricolore symbolisait les valeurs de Liberté, Egalité, Fraternité que la France a propagées dans le monde.

 

Il aurait pu continuer en rappelant que ce rétable représente la lapidation de Saint Etienne, le premier martyr chrétien. Etienne a eu conscience de mourir comme le Christ, redisant la même espérance que lui et lui demandant sa force.

 

Un jeune homme, nommé Saul,  qui était d’accord avec l’exécution, gardait les vêtements de ceux qui lapidaient Etienne. Le même Saul est devenu Paul, l’apôtre de Jésus pour les nations païennes.

 

Que peut-il sortir des soubresauts de l’histoire, si nous la mettons comme Etienne entre les mains de Dieu ?

 

Pierre RAFFIN

 

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15-11-2015

Les spiritualités au secours de la Planète

Sermon pour le 15 Novembre 2015

J’avais préparé ce sermon en pensant aux inquiétudes sur l’avenir de la planète qui vont faire l’objet de la COP 21.

Les attentats du 13 novembre à Paris nous ramènent sur le même sujet : le renforcement des mesures sécuritaires suffit-il à écarter les causes de ces actes de violence ? Le combat qui est à mener n’a-t-’il pas une dimension spirituelle ?

Marc 13, 24-32 (évocation de la fin du monde)

 

Van Gogh La nuit des étoiles filantes

Van Gogh La nuit des étoiles filantes

Dans les jours qui précèdent la Passion, Jésus parle de ce qui se passe comme d’une angoissante transition.

On peut retenir l’image du figuier qui ne donne pas de fruit et se dessèche, puis voilà de jeunes bourgeons qui annoncent une nouvelle saison.

Entre temps, des choses terribles se passent qui évoquent la fin des vieux temps.

Le passage de Jésus par la souffrance et la mort est de cet ordre là.

Jésus applique à sa vie et à son œuvre d’annoncer l’Evangile, l’image d’une angoissante venue au monde.

« Le monde ancien s’en est allé,

un nouveau monde est déjà né ».

Mais pour cela, il faut qu’un passage s’accomplisse. L’Evangile accentue le caractère dramatique de ce renouvellement du monde.

 

Il y a dans le déroulement de la vie du monde quelque chose d’imprévisible. C’est ce que la Bible suggère, nous vivons nous aussi des temps difficiles, peut être de plus en plus difficiles.

Une publicité appelant à l’engagement par rapport aux problèmes de l’environnement affirme que le problème, ce n’est pas la nature qui se dégrade car elle n’en sait rien, le problème, c’est nous qui le savons et en sommes parfois responsables.

Dans le même courant d’idées, le philosophe Dominique BOURG amène cette question au débat : « Les spiritualités au secours de la planète ? »

Il argumente son propos de façon intéressante en se plaçant du point de vue de tout ce qui peut contribuer à donner du sens : les mouvements politiques, les philosophies, les religions.

C’est ainsi qu’il parle des spiritualités qui peuvent sauver la planète.

Il y a longtemps que l’on n’avait pas entendu cela !

La seule expérience d’une action militante donne à apercevoir que l’on fait de la spiritualité sans le savoir, comme Monsieur Jourdain de la prose !

On est amené en effet, et c’est la doctrine sociale de l’Eglise, à faire des choix pour le bien commun, et cela se passe chaque fois que dans la vie quotidienne on relativise notre intérêt immédiat.

On est amené à rencontrer les autres, à débattre chaque fois que l’on sort de notre petite planète, à trouver du courage, à repartir en cas d’échec ou de contradiction.

Ces valeurs s’attachent à notre personne et nous font progresser, trouver d’autres raisons que la peur pour se décider à bouger…

 

Dominique BOURG est peut être chrétien, Il se place en tout cas au niveau de la philosophie.

Si nous sommes croyants en Jésus et si nous souhaitons partager notre foi, nous rencontrons tout de suite des gens pou nous dire : « il est probable que ces valeurs dont nous parlons sont issues de la foi chrétienne, mais nous serons pas chrétiens pour autant. Il suffira de recycler ces valeurs culturellement acquises dans le combat qui nous concerne tous pour l’avenir de la planète ! »

Avec cette provocation, nous avons à nous demander ce qui nous rattache vraiment au christianisme et comment la foi en Jésus nous appelle à faire un nouveau pas dans la confiance et l’espérance.

Pour un chrétien, cette espérance a un visage et un nom : Jésus Christ qui a assumé en lui-même le chemin de l’humanité, ce chemin que nous vivons aujourd’hui avec ses doutes, ses fragilités, ses élans d’espérance, pour le faire déboucher sur un nouveau printemps.

L’histoire du figuier qui se dessèche n’est-elle pas la figure de nos rêves un jour engloutis, du passage par le vide, de l’épreuve de la contradiction… tout ce qui est en réalité le climat où s’expérimente la foi.

Mais le figuier redonne ensuite des bourgeons imprévus : on est entré dans une nouvelle saison, le monde nouveau dans lequel le Christ nous entraîne par sa résurrection.

Le Bon samaritain Van Gogh A la différence de la Nuit des Etoiles,il y a une partie lumineuse dans le tableau. Une source d'eau pure établit la frontière

Le Bon Samaritain Van Gogh
A la différence de la Nuit des Etoiles,il y a une partie lumineuse dans le tableau. Une source d’eau pure établit la frontière

L’année de la Miséricorde qui commence nous dit que la foi en Jésus ne nous ouvre pas seulement sur une espérance meilleure, elle nous affirme que nous avons pour vocation d’être des visages de la Miséricorde de Dieu qui entretient l’espérance.

La rencontre du Christ que nous renouvelons dans les sacrements nous imprègne d’une nouvelle vie pour aujourd’hui et pour demain.

pour s'informer

pour s’informer

 

Entretien avec Dominique BOURG– Revue Projets

Pour le philosophe Dominique Bourg, nous n’éviterons pas la catastrophe écologique. Il est donc urgent de se préparer à l’affronter. À cet égard, les spiritualités offrent de vraies ressources pour résister.

Face aux enjeux environnementaux, la démarche spirituelle est-elle un simple palliatif, un engagement en désespoir de cause ?
Nous avons besoin d’un véritable sursaut spirituel pour affronter ces enjeux. Mais ce qui nous arrive est aussi un défi à la spiritualité, un défi énorme pour la production de sens.

Posté par Pierre Raffin dans Action Culturelle, Laïcité, Patrimoine artistique, sermon | 1 Commentaire »

29-04-2015

L’Anneau de la Mémoire

Le Cimetière Mémorial  Notre Dame de Lorette

Le Cimetière Mémorial
Notre Dame de Lorette

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En cet anniversaire de la Guerre de 14-18 nous avons fait le voyage en Flandre pour visiter l’immense nécropole qu’est la colline de notre Dame de Lorette.

Les milliers de soldats qui sont tombés là ne se sont pas effacés de la mémoire.

Les allemands avaient occupé la colline qui leur servait de poste avancé, à proximité d’une modeste chapelle, devenue après la guerre un grandiose lieu de recueillement.

L'anneau de la Mémoire

L’anneau de la Mémoire

François Hollande y a inauguré un nouveau mémorial, constitué de 500 plaques d’acier portant les noms de 579.606 soldats tombés dans la région, sans distinction de nationalité ou de religion. L’«Anneau de la Mémoire» a été pensé comme un symbole d’unité, censé réunir des soldats de toutes origines dans une «fraternité posthume».

« Nous rentrons dans cet anneau de la mémoire comme par une saignée dans la terre ; pour connaître de façon lointaine ce qu’ont vécu les soldats.  D’un seul regard, on a l’incarnation de la mort de masse, mais on a aussi des individus qui ont existé ; tous ces gens avaient du talent, de l’intelligence, perdus pour l’humanité »

Les Britanniques sont les plus nombreux, avec 241.214 noms de combattants inhumés pour la plupart dans quelque 800 cimetières militaires de la région. Devant les Allemands (173.876) et les Français (106.012) ou appartenant à l’Empire colonial français, qui comprenait alors des Nord-Africains, des Sénégalais, ainsi que les combattants de la Légion étrangère (originaires d’une vingtaine de pays différents). Si ce nombre est relativement faible cela s’explique par le fait que l’armée française a largement quitté le front d’Artois dès mars 1916 pour gagner Verdun où les attaques s’intensifiaient.  le monument égraine dans l’ordre alphabétique les noms de combattants d’une quarantaine de pays, dont ceux issus des anciennes puissances coloniale .

Les noms gravés sur le bronze

Les noms gravés sur le bronze

 

Ces quelques détails nous renseignent sur ce qu’a été cette guerre, son aspect international. Les bouleversements qui se sont alors produits sur le plan technologique, mais aussi sur le plan de l’expérimentation de la propagande de masse et encore la nouveauté que pouvait alors représenter une communauté de destin impose à tous.

« À travers notre projet, dit l’architecte Philippe Prost,  nous avons voulu donner une forme à la fraternité, une expression à la paix, allier l’art et la nature pour les mettre au service de la mémoire. »

ND Lorette1914

ND Lorette1914

En arrière de la chapelle, on trouver les restes de l’affrontement .

L’organisation allemande était impressionnante. Les lignes de tranchées profondément creusées s’échelonnaient, renforcées de sacs de terre et de sacs de ciment, couvertes par des réseaux doubles ou triples de fils de fer et de chevaux de frise. De cent mètres en cent mètres des barricades formaient de puissants flanquements garnis de mitrailleuses. Plusieurs fortins et des ouvrages avancés servaient de points d’appui aux défenses des tranchées.
Une division d’élite, composée en majeure partie de Badois, a ordre de garder, coûte que coûte Notre-Dame-de-Lorette.

Croix au milieu des tranchées

Croix au milieu des tranchées

L’assaut donné par les français en mai 1916 se brise contre cet ouvrage formidable. Les unités subissent des pertes graves ; certaines compagnies ne sont bientôt plus commandées que par des sergents. La progression s’exécute par bonds d’un trou d’obus à un autre. Les-chasseurs cependant ne reculent pas. Décimés, ils s’accrochent au sol tandis que les fantassins les rejoignent. On se bat à coups de grenade, de baïonnette, même à coups de couteau, tandis que les mitrailleuses allemandes ne cessent de tirer.
La nuit tombe, dit le récit officiel, éclairée par les obus et les fusées, déchirée par les cris des blessés, le fracas des explosions, le claquement des balles. Chasseurs et fantassins s’installent comme ils peuvent sur le terrain. Devant. un énorme entonnoir de mine de 80 mètres de tour, ils poussent au fond les cadavres allemands et s’organisent sur les bords, derrière des parapets improvisés.

La lutte a duré treize jours. De part et d’autre, les pertes ont été très élevées. Sur le terrain même, 3.000 cadavres allemands ont été dénombrés.

Le Musée

musée ND de LoretteSitué sur la Colline de Notre Dame de Lorette, le Musée présente plus de 2500 pièces de collection ainsi que des reconstitutions d’ abris souterrains avec animation laser bilingue. Un diaporama comprenant plus de 400 vues stéréoscopiques d’ époque complète cette exposition.

Objets musée

Objets musée


A l’ extérieur le champ de bataille : sur 3 hectares plus de 1000m de tranchées sur les emplacements d’ origine avec canons, mitrailleuses, obus, barbelés, tourelles blindées.

 

Le paysage autrefois dévasté a retrouvé sa végétation, nous avons pu observer quelques pièces d’artillerie, circuler dans les tranchées où affleurent parfois quelques ossements humains.

les restes d'une tranchée

Les restes d’une tranchée

Notre marche entre les barbelés pointe sur deux monuments : la grande stèle qui représente la mémoire de la nation, et l’autre religieux, la Chapelle Notre Dame de Lorette dont l’évêque du lieu a obtenu la reconstruction. Entre les deux il y a un chemin, où la mémoire se précise, mais l’interrogation demeure toujours la même.  Face à des vies qui ont rencontré tant de souffrances et d’angoisses que nous cherchons à nous représenter, chacun peut se demander ce que cela signifie : « Mourir dans la dignité ».

à l'horizon, les monuments civils et religieux

à l’horizon, les monuments civils et religieux

La mémoire d’aujourd’hui reconstitue mieux les objets familiers, les grandes étapes de ce conflit, son ampleur internationale et aussi les croyances et les convictions qui ont accompagné et soutenu cet horrible calvaire.

Dans cet anneau de la mémoire se trouve placé aussi l’espérance chrétienne.

Le sanctuaire reconstitué

La stèle civile et le monument religieux face à face

Nous savons mieux que jamais qu’elle ne s’impose pas. Elle n’a pas été vécue non plus comme une évidence. Dans ces moment difficiles, chacun a eu l’occasion de se tourner sincèrement vers le Dieu qu’il connaissait. On a gardé la mémoire citoyenne  de certains soldats qui ont imposé à leur chefs de leur laisser prendre le temps de faire à leur camarades une sépulture digne… de prêtres brancardiers qui se sont portés auprès de blessés pour un dernier dialogue…

Au soir de cette journée, nous avons lu dans le recueillement d’une église un texte du Père Teilhard de Chardin, mobilisé dans cette guerre.Il cherchait à lire entre les lignes la présence du Christ dans ce moment de l’histoire, aussi mystérieuse et insistante qu’elle l’a été depuis les commencements du monde.

« J’ai songé, alors à ces cataclysmes d’une prodigieuse grandeur qui n’ont eu, jadis, que des animaux pour témoins. – Et il m’a semblé en cet instant, que j’étais devant cette Chose en train de se faire, pareil à une bête dont l’âme s ‘éveille, et qui perçoit des réalités connexes, sans pouvoir saisir le lien de ce qu’elles représentent » (Teilhard de Chardin, Ecrits du Temps de Guerre p 214) .

Peut être pensait-il aux Phosphatières de la région de Montauban qu’il venait d’étudier où l’on retrouve de semblables tranchées, mais cette fois, c’étaient des bêtes préhistoriques qui y avaient trouvé la mort !

Tranchée préhistorique de la Phosphatière du Cloup d'Aural

Tranchée préhistorique de la Phosphatière du Cloup d’Aural

 

 

 

 

 

 

 

 

 

icone plongeur

Voir mon article sur les Phosphatières du Cloup d’Aural

 

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03-04-2015

Qu’en pensez vous ?

 

-         Les chrétiens relisent avec affection le récit des épreuves du Christ. Ce récit sobre et circonstancié s’adresse à tout homme, mais il est porté par la communauté chrétienne d’aujourd’hui. Ce qui est étonnant, c’est l’existence même de la communauté, qui 20 siècles plus tard se sent concernée pour être témoin de ce message.

-         Ce qui frappe encore, c’est l’attitude de Jésus devant sa mort : la mort programmée, la mort qui approche, les souffrances et les humiliations qui l’accompagnent, la foi que Jésus garde jusqu’au bout.

Rubens Musée des Augustins Toulouse

Rubens Musée des Augustins
Toulouse

-         Une condamnation ordinaire. Un procès préfabriqué comme cela sa passe dans les procès politiques. On commence par vouloir éliminer quelqu’un, ensuite on cherche des preuves. L’attitude des magistrats à qui il ne faut pas trop en demander, même si ils connaissent les lois. La cruauté des supplices que les romains, très civilisés par ailleurs trouvaient absolument normale. Et au milieu de tout cela un officier romain, habitué à surveiller les exécutions, dit sa foi : « Cet homme était Fils de Dieu »

 

C’est ce témoignage en milieu païen qui nous touche le plus aujourd’hui parce que ce milieu est aussi le notre. Avec les moyens qui sont à disposition, cet homme donne son appréciation sur ce que l’on dit de Jésus. On remarque que la parole du centurion à la fin de la vie de Jésus correspond à la première phrase du Livre écrit par Marc : « Bonne Nouvelle de Jésus, Christ, Fils de Dieu. »

Nous sommes interrogés aujourd’hui sur l’importance du témoignage de ceux qui risquent leur vie pour défendre une cause qui un jour leur apparaît plus importante que tout : la vérité, la justice, l’amour qui nous porte au delà de nous-mêmes : notre Humanité.

Le début et la fin du Livre se rejoignent, cela nous donne envie de mieux connaître ce qu’il y a à l’intérieur, de faire mieux connaissance avec ce Jésus et devenir à notre tour des disciples confirmés

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19-07-2014

En Bourgogne sur les Chemins de Saint Jacques

Robinson D'Auxerre

Robinson D’Auxerre

Ma nièce-Agnès habite la Bourgogne. On est fier là bas d’être bourguignon, à cause du bon vin, bien sûr, et aussi à cause des nombreuses traces des Pèlerins de Compostelle.

Jugez donc : la 2° Croisade est partie de Vézelay en 1092, modeste village qui compte aujourd’hui quelques 500 habitants mais qui a rassemblé des milliers de pèlerins.

Avant la croisade, ils avaient construit une incroyable basilique : chaque chapiteau représente et interprète un épisode de la Bible. La Création, le Ciel, l’Enfer, présentés avec tant d’humanité qu’on ne peut plus qualifier toutes ces croyances de niaiseries… dès que l’on a seulement pénétré dans le vestibule de la Basilique.

Bas relief Cathédrale d'Auxerre : le récit bibllique de la Tentation

Bas relief Cathédrale d’Auxerre : le récit bibllique de la Tentation

 

Agnès m’avait donc invité à visiter son coin de Bourgogne à pied, en suivant les Chemins Saint Jacques. Les jeunes enfants à la maison, l’année scolaire pas tout à fait terminée ne lui ont pas permis de m’accompagner. J’ai donc cheminé seul sur les sentiers de Bourgogne.

Pas tout à fait car lorsque l’on marche longuement dans la campagne, les pensées viennent peu à peu : c’est la mémoire qui voyage avec vous.

 

J’avais donc en tête la spiritualité des pèlerins qui, à travers leurs œuvres d’art nous ont laissé entendre comment leur foi était structurée ou comment elle était parvenue à se structurer.

Saint Fiacre, patron des jardiniers

Saint Fiacre, patron des jardiniers

Chacun s’était décidé à ce voyage à partir d’un évènement de sa vie, tel le vieux patriarche mis en scène par Paul Claudel dans l’Annonce faite à Marie : il s’en va parce que le pays est meurtri par la guerre de Cent Ans, parce que la foi vivante qui avait inspiré la Chrétienté s’était enlisée dans la routine d’une vie sans perspective.

Après avoir fêté 50 ans de service comme prêtre dans le monde et dans l’église, je ne manquais pas de motivations pour marcher, encouragé par des traits oubliés de la mémoire chrétienne que l’expérience de la marche fait remonter à la surface.

Marcher, monter le sentier d’une colline, puis d’une autre, quand les jambes du vieux pèlerin ont de la peine à suivre… On trouve sa motivation en pensant à la longue marche des hommes, dure, faite d’aller et retours, de souffrances et d’échecs inexpliqués, de défaillance.

Village de Bourgagne au détour d'un sentier

Village de Bourgagne au détour d’un sentier

Puis vous apercevez à perte de vue la moisson déjà bien avancée, le champ immense du monde avec ses innombrables ouvriers, ses graines semées à l’infini.

Qu’en est-il de notre peine à chacun de nous ? L’histoire se reproduit comme la moisson à chaque génération, avec des manières différentes d’habiter le monde.

 Il y a un maître de la moisson… Peu à peu, arrivent les images de l’Evangile qui parlent de ce maître de la moisson et aussi de tant de choses qui nous inquiètent : l’ivraie mélangée au bon grain qui entache la surface des épis. Sur les bords du chemin, les machines ont froissé quelques épis, les vergers ont laissé quelques fruits que le voyageur peut recueillir avec reconnaissance. Jésus ‘avait-il pas promis qu’il se changerait de nourrir ceux qui marcheraient à sa suite ?

J’ai vite compris que ce pèlerinage après une fête était un devoir pour moi. Une manière d’accompagner tous ceux que j’ai croisés sur la route, dans un chemin de foi qui est aussi le mien.

En marchant dens les côteaux

En marchant dens les côteaux

Sur la route, vous rencontrez toujours quelqu’un : des ouvriers dans la vigne, des chercheurs de champignons, des bonnes dames qui vont aux commissions, ou tout simplement la famille de ma nièce et son entourage qui venaient me récupérer le soir après la marche.

Eux aussi avancent dans la vie avec leurs goûts, leurs questions, leur quête de bonheur… et  les perles qu’ils recueillent lorsqu’ils élèvent leurs enfants et s’intéressent à ceux des autres.

 

 

Halte à l'église de Champ sur Yonne

Halte à l’église de Champ sur Yonne

J’ai plongé dans cet univers pendant quatre jours. Il faut maintenant reprendre une autre route, celle de la vie quotidienne. Elle rencontrera sans doute moins de poésie. Il y aura pourtant des souvenirs que l’on garde au cœur  et qui vous motivent pour partager l’espérance avec ceux qui ont peine à la trouver.

Un prédécesseur : l'abbé Parat, découvreur du site préhistorique et galloromain de Cora

Un prédécesseur : l’abbé Parat, découvreur du site préhistorique et galloromain de Cora

 

Agnès, Rémi, Robinson et Jeanne : tribu gauloise des environs d'Auxerre

Agnès, Rémi, Robinson et Jeanne : tribu gauloise des environs d’Auxerre

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13-03-2014

Les Béguines de Sainte Marie des Anges

 

Le 8 Mars, la Journée de la Femme a oublié Marguerite PORETE, brûlée vive en 1310 pour avoir écrit ces mots :

 

Vertus, je prends congé de vous

pour toujours

J’en aurai le coeur plus libre

et plus gai

Votre service est trop constant

je le sais

.J’ai mis un temps mon coeur en vous

Sans rien me réserver

Vous savez que j’étais à vous,

tout entière abandonnée

J’étais alors votre esclave,

           j’en suis maintenant délivrée

4859C06F

 

 

Tout le monde savait que cette noble dame avait une vie pourtant très austère. Elle appartenait à un mouvement religieux laïc du Moyen Age qui prétendait vivre la recherche de Dieu sans s’embarrasser de l’autorité d’un supérieur religieux. On les appelait les Béguines.

On a brûlé en même temps son livre : « Le miroir des âmes simples et anéanties » où l’on trouve ce poème. Elle dit qu’elle ne peut se satisfaire de la bonne réputation que ses vertus pourraient lui prêter mais qu’elle veut plutôt se donner à la rencontre du pur amour en la personne de Jésus Christ.

« Sire Amour aime et aimera en moi »

Ces Béguines étaient probablement là au moment de la construction de l’église Sainte Marie des Anges au XV° siècle. Elles se délectaient de la Parole de Dieu que l’on pouvait maintenant livre seul dans un livre. La plus riche avait offert une représentation de Marie accueillant l’annonce de l’ange tandis qu’elle lisait le livre de la Bible…

SMA Marie Annonciation

Des dignes descendantes de ces Béguines se réunissent tous les moi s pour livre l’Evangile dans un groupe qu’elles appellent Partage en Chemin.

En méditant le Notre Père à l’envers, elle s’aperçoivent  que Jésus passe de la recherche du pain à celle de la Parole. Qu’il veut nous libérer du mal, des mensonges qui nous sont proposés, pour vivre une autre expérience de liberté : « « je vis en dé-consommation totale pour partager ensuite ce que je ne dépense pas, m’ouvrir aux autres »…

Les tentations que le monde propose sont aussi une chance, elle sont une « épreuve sportive », où « l’on apprend à faire beaucoup de deuils, à vivre joyeusement avec Jésus ». C’est ainsi qu’elles envisagent leur Carême qui et une marche vers Pâques : un temps pris ensemble  ouvert sur des fêtes qui ont un sens si l’on croit en Dieu…

Posté par Pierre Raffin dans mystique, Patrimoine artistique | 2 Commentaires »

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