J’ai visité, le 6 février dernier à Paris, l’exposition de photos de Claudia ANDUJAR, sur l’Amazonie. Plus de 30 ans de photographie et d’amitié avec les « Yanomami » dont le nom signifierait « les êtres humains »…
C’et une belle leçon d’humanité que fournit ce peuple menacé de disparaître par l’extraction sauvage des minerais, le pillage et les incendies des forêts, les épidémies et la déstabilisation des communautés.
« Claudia est entrée dans l’intimité des yanos , et a cherché à traduire l’intensité de l’univers chamanique qui les englobe. Des rayons de lumière fusent dans l’air, un jeune homme étendu dans son hamac est nimbé de fumée… Les scènes de la vie quotidienne sont interprétées de manière à transcender la réalité, en invitant à une interprétation métaphysique. »
J’avais fait cette visite en compagnie de Raoul, mon ami chilien exilé à Paris. Il ressentait tout cela parfaitement.
J’ai « visité » quelque jours plus tard cette même exposition en lisant avec passion le texte que le pape François vient de publier : « Chère Amazonie ».
Le pape latino-américain connaît la pauvreté et la dignité de ce peuple en étroite communion avec ses fleuves et ses forêts, menacé de disparition et de corruption par les prédateurs de la civilisation capitaliste. Les habitants des forêts équatoriales risquent de disparaître comme des « espèces non viables ». Mais avec eux c’est le sens de notre appartenance à notre environnement qui risque d’être mutilé, désacralisé.
Les mépriser, c’est ne plus apercevoir ce qui nous réunit au mystère de la vie, qui nous est offerte de manière somptueuse comme un cadeau.
Lutter pour cette incroyable diversité présentée dans la nature, peut être une approche de Celui qui nous a donné tout cela et entrer plus avant dans les intentions du donateur.
Nous avons besoin de la poésie pour faire notre chemin vers Dieu.
« Seule la poésie, dit encore le pape citant un poète indien, grâce à l’humilité de sa voix, pourra sauver le monde ».
Il porte un gilet jaune depuis le début du mouvement. Pour Noël, c’est bien naturellement que le père Joseph Nurchi est venu célébrer la messe de minuit sur le rond-point des Quatre-Chemins à Somain (Nord). Et ce soir, la chasuble du prêtre, ancien ouvrier, est jaune aussi: « C’est un couple de réfugiés nord-coréens qui me l’avait offert à l’occasion de mon ordination… »
Les feuilles de chants sont distribuées, la messe peut commencer. C’est Aurélie, auxiliaire de vie, qui lit le mot d’accueil, en s’adressant à chacun: « Toi, le retraité, toi, le travailleur, toi, la maman qui cumule deux emplois… Nous sommes tous unis ce soir pour célébrer Dieu qui nous apporte la lumière… » Cette trentenaire a préparé la messe avec l’abbé et deux autres gilets jaunes catholiques, Johan et Maxence.
« Le ciel et la terre ont convergé dans la crèche et nous avons une convergence: lutter contre l’injustice sociale qu’on ne peut pas accepter », poursuit le père Nurchi pour introduire la prière pénitentielle… Avant d’insister, dans son homélie, sur le thème de la paix: « Aucune violence n’est légitime, qu’elle soit celle des casseurs qui touchent aux biens des autres ou la violence économique qui fait sortir les gens dans la rue… Mais sur ce rond-point des Quatre-Chemins, vous avez toujours privilégié le dialogue… »
Tombe du colonel Joseph Birot à St Lieux les Lavaur
En ce moment où l’on partage les souvenirs de la Guerre de 14, j’ai eu l’idée de retrouver sur Internet le nom de l’oncle Joseph Birot décédé le 7 Novembre, 4 jours avant l’armistice !
Marie Birot
Sa veuve, Marie, est décédée en 1964, quelques jours après mon ordination sacerdotale.
Ils n’avaient pas eu d’enfant. Son épouse s’était toujours intéressée à nous car elle était la marraine de mon père, puis de mon frère aîné, Joseph.
Elle vivait de ses souvenirs et avait gardé des modes de vie d’un autre âge, mais le cœur toujours ouvert pour aider à vivre l’école chrétienne de son village de Saint Lieux et aussi soutenir notre famille quand les fins de mois étaient difficiles.
C’est ainsi qu’elle a pris en charge mon argent de poche lorsque j’ai commencé les études pour devenir prêtre. Dans ce temps là, la famille était supposée subvenir à nos besoins. C’est ainsi que j’ai pu acheter les livres nécessaires à ma formation.
Elle nous parlait souvent de son mari, du temps où ils étaient en garnison à Aurillac, des voyages en chemin de fer qui leur permettaient de faire le va et vient avec leur château de Cathala, près de Giroussens dans le Tarn.
La vie de garnison n’était pas non plus désagréable pour cette petite société bourgeoise qui donnait beaucoup de place aux réceptions et aux activités culturelles. Une ombre dans le tableau : L’affaire des Fiches. Entre 1900 et 1904, on s’était mis à ficher les officiers qui allaient à la messe et les briser dans leur carrière, car on suspectait les catholiques de fomenter un complot pour revenir à l’Ancien Régime ! Le Capitaine Birot allait se mettre au premier rang à la messe : « les fiches, je m’en fiche ! »
Et puis, la guerre est venue. Celui qui est maintenant le Lieutenant Colonel Birot est affecté au 124 ° RI.
Il a déjà 53 ans. Le Régiment va passer les 4 années de guerre en première ligne, il faut croire que le changement a été brutal.
le Château de Cathala à Giroussens « ma petite femme au milieu des bois »
Sa femme disait bien que son mari était un homme droit et sincère, j’ai voulu aller voir ce qu’en disaient les documents militaires.
Mon premier choc a été de tomber sur sa fiche : portrait en uniforme, grade, date de naissance, affectation au 124 ° RI, mort des suites de ses blessures le 7 Novembre 1918. J’ai trouvé que c’était un peu sec, pour lui et pour ceux qui ont donné, comme lui, leur vie de tout leur cœur.
En consultant le Journal des Marches du124° RI pendant la Guerre de 1914, sur lequel le Colonel Birot apposait chaque année sa signature, j’ai pu faire connaissance avec l’atmosphère de cette unité et peut être avec celui qui était chargé de l’animer.
Chaque unité avait sa parcelle de terrain à défendre pour, à la fin, constituer une ligne ininterrompue qui empêcherait l’ennemi de pénétrer au-delà de la zone qu’il occupait. Le 124 ° RI faisait partie de la 124° DI, qui à son tour faisait partie de la 4° Armée…
Chaque monticule sur la ligne du front était un observatoire à défendre. Le reste du terrain n’était qu’un réseau de tranchées, à proximité des tranchées ennemies.
Chaque jour sont notés l’heure et l’intensité des bombardements, des accrochages, des attaques offensives décidées par les Etat Majors.
En 4 ans, on voit que les tirs d’artillerie sont de plus en plus sophistiqués : obus à ailettes, bombes à fragmentation, gaz toxiques. Il ne restait plus aux hommes, après ces préparations que de se lancer au combat aux armes automatiques, à la grenade, sans compter les périlleuses patrouilles de renseignement, les morts et les blessés à récupérer et la reconstitution des systèmes de défense.
Dans cet environnement, que peut faire le chef ?
le bas relief du tombeau de Joseph Birot
Il est très peu souvent nommé dans le Journal, mais on aperçoit son empreinte à travers les éloges venant de la hiérarchie. Un jour, le Général commandant le Corps d’Armée fait transmettre, par l’intermédiaire du Général de Division ses félicitations pour la bonne nourriture qui est dispensée aux troupes dans le 124 ° RI !
A un autre moment, on aperçoit que le régiment a bonne réputation à cause de la qualité de ses ouvrages de fortification, la rapidité de leur reconstruction dès qu’ils sont endommagés, ce qui assure une plus grande sécurité et peut aider à épargner beaucoup de vies.
On relève encore le moral des soldats, leur cohésion. Tout cela est dû en partie à l’influence du chef.
C’est ce que j’ai retrouvé dans le comportement de sa veuve : toujours attentive aux conditions matérielles de la vie des gens, veillant à préparer des conserves pour les mauvais jours… ce que son mari a voulu sauvegarder dans des conditions autrement difficiles.
On entrevoit ainsi un homme qui, à plus de 50 ans, réapprend le métier de la guerre. Il doit se faire à un style de vie spartiate, mettre à jour ses compétences techniques face à ce qui prend de plus en plus d’importance : l’évolution de l’armement, l’aviation de plus en plus présente et aussi l’invasion des gaz toxiques… C’est ainsi que la formation fait largement partie du temps de repos lorsque les unités reviennent à l’arrière.
Dans les moments les plus difficiles et imprévus, un chef doit imposer ses décisions. Un jour où les combats étaient particulièrement durs et même incertains, tandis qu’il percevait un fléchissement de la part des unités voisines, le Colonel Birot s’est engagé personnellement et avec succès pour le maintien de ses lignes. Plus tard, lors de l’offensive générale auquel son régiment participe, on le sent temporiser un peu à exécuter les ordres donnés pour être sûr que l’engagement de ses troupes était possible.
l’armement est devenu de plus en plus sophistiqué
Il faut aussi donner de sa personne : aller visiter les lignes, être prêt à déplacer son PC, s’il le faut plusieurs fois dans la journée, pour être au plus près de la situation. Un jour, son PC est bombardé et gazé. Le Colonel Birot est intoxiqué. On le renvoie à l’arrière… il revient 2 mois après reprendre la tête de son régiment !
En octobre 1918, le Commandement en Chef a décidé une grande offensive. Le régiment est déplacé et se trouve en première ligne. Chaque nuit, le Colonel reçoit les ordres pour le jour qui vient. Le 31 octobre, tandis qu’il reçoit les ordres pour la journée, le Colonel Joseph Birot est blessé d’un éclat d’obus. Avant d’être évacué, il trouve le temps de donner des consignes au Capitaine de Kerguenec qui va lui succéder.
Le7 Novembre, le Capitaine reçoit la nouvelle de l’hôpital : décédé de ses blessures, mort pour la France… comme tant d’autres de son régiment.
Sa veuve a fait construire un tombeau-monument avec en intitulé un verset de la Bible :
« Ses vues étaient droites et ses jugements équitables ».
Suit une épitaphe de ses compagnons du Régiment :
« AU COLONEL BIROT, OFFCIER DE LA LEGION D’HONNEUR
A ETE DECORE DE LA CROIX DE GUERRE 4 PALMES 2 ETOILES ET FOURAGERE
TITULAIRE DE LA VALEUR MILITAIRE ITALIENNE
MORT POUR LA FRANCE LE 7 NOVEMBRE 1918 DANS LES ARDENNES
Le 124° Régiment d’Infanterie qu’il mena à de rudes et glorieux combats comme un chef valeureux et dont il est regretté comme un père. PPL »
Le père du régiment : c’est bien ce qui le caractérisait : un père qui prend soin de ses hommes, dont les décisions sont inspirées par le sens du devoir et du possible, qui sait entraîner les autres par son engagement personnel.
Quelques mois avant sa disparition, après un engagement intense de son régiment, une permission de 15 jours lui avait été accordée. Il s’efforçait de rassurer son épouse : « avec le canon ce 75, nous avons une précision que les allemands n’ont pas », « les balles, elles me connaissent » ! Et de faire avec elle des projets de retraite : « nous achèterons une automobile… nous mettrons une sonnette qui ira jusque chez le métayer pour qu’on se sente en sécurité pendant la nuit… »
Au printemps 1919, sa veuve s’est rendue sur le lieu où il avait été blessé. C’était dans un bois, le muguet était en fleur. Elle en a ramassé une touffe, l’a plantée auprès du tombeau et l’a toute sa vie entretenue. Aujourd’hui les désherbants ont fait leur œuvre mais je ne manque pas, à la saison d’apporter ma touffe de muguet.
Que dire de plus ?
Après des centaines d’hommes du régiment dont il avait la charge, Joseph Birot est mort tandis qu’il participait à la dernière offensive de la Guerre de 1914.
Cet homme était croyant, il ne craignait pas de le monter dans les moments où fallait l’exprimer publiquement mais il a aussi traduit sa foi dans un humanisme qui lui a valu le respect de tous, dans un moment où les croyants étaient suspectés soit d’obscurantisme soit d’être sans cesse à la recherche d’une restauration de quelque pouvoir clérical. L’expérience de la vie de tranchée, sur ce point comme sur bien d’autres a fait bouger les lignes.
le tombeau dans la lumière
Il est mort, comme autrefois Moïse qui après avoir conduit son peuple à travers le désert est mort face à la Terre Promise sans pouvoir y entrer lui-même. Il avait cependant pris le temps de lui rappeler encore une fois à quelles conditions cette Terre Promise pourrait être une véritable Terre de Bonheur et de Paix.
La vie et la mort des hommes posent parfois de telles interrogations.
Les 6 et 13 décembre 2015 auront lieu les élections régionales. Actions de formation et d’apprentissage, alternance, sport, culture, gestion des transports… Les compétences de la région nous concernent particulièrement en tant que jeunes du milieu ouvrier.
Avec le mode du scrutin de ces élections, il suffit d’arriver en tête avec un gros tiers des voix pour s’assurer la majorité absolue des sièges. Mathématiquement, la triangulaire rend le seuil de victoire plus bas. Ce seuil de victoire, des partis d’extrême droite l’ont déjà atteint aux élections européennes ou départementales. Ces triangulaires empêchent des partis de s’allier pour « faire front » contre l’extrême droite, comme ils ont pu le faire lors d’autres élections.
Le parti d’extrême droite qui nous inquiète le plus est le Front National. Il dénonce une société de désordre et il a une volonté d’un nouvel ordre fondé sur un pouvoir autoritaire et policier pour défendre la préférence nationale. Ce parti utilise la peur, le racisme, le sentiment d’insécurité et les souffrances dues au capitalisme.
Le FN ne devrait pas avoir de difficulté à atteindre de nouveau un score de 35%, dans les régions (ou nouvelles régions) suivantes : Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Alsace-Champagne-Ardennes-Lorraine et Bourgogne-Franche-Comté.
Comment expliquer des scores si élevés ? Il est facile de se reconnaître dans certaines parties du discours des partis d’extrême droite. Ce sont pour la plupart des constats que nous portons : déceptions et manque de confiance en une partie des élus, précarité économique et sociale, concurrence subie…
Par le vote, par des expressions locales, par des actions d’éducation populaire, déconstruisons collectivement les idées propagées par l’extrême droite et réinventons la solidarité !
C’est du côté des réponses proposées que nous nous plaçons en oppositions totalesaux idées d’extrême droite. Les solutions de ces partis portent sur la préférence nationale, l’expulsion des étrangers, la fermeture des frontières, l’islamophobie, la xénophobie, le racisme, l’assignation des femmes à leur rôle de mère, l’homophobie… Les partis d’extrême droite rendent des groupes de personnes, qui ne seraient pas égaux des autres humains, responsables des crises mondiales qui nous bousculent.
Le contexte de précarité grandissante, d’insécurité sociale (notamment chez les jeunes), l’exploitation de la force de millions de travailleurs en France et dans le monde dans des conditions de rémunération et de vie inacceptables ne doit pas mener à la réponse de l’extrême droite : la haine de l’autre pour se protéger soi.
Notre responsabilité est de trouver d’autres réponses, comme s’y attèlent déjà de nombreuses associations, syndicats, chercheurs… « Face aux défis de grande ampleur qu’affrontent le monde du travail et plus largement nos sociétés, il s’agit de réinventer des politiques économiques et sociales qui sortent du cercle régressif de l’austérité, d’éradiquer la misère en faisant progresser l’emploi, de construire des coopérations mutuellement avantageuses avec d’autres continents, d’imposer des normes sociales dans les accords internationaux, de contribuer à la transition écologique pour l’humanité. Ces défis ne pourront être relevés qu’à une condition : que la solidarité l’emporte sur le chacun pour soi et le chacun chez soi. » (En finir avec les idées fausses propagées par l’extrême droite, Pierre-Yves Bulteau).
Les premiers visés par les propos de l’extrême droite sont les musulmans. Sous couvert des principes de laïcité, des propos racistes et islamophobes se multiplient dans de plus en plus de sphères politiques. Nous souhaitons rappeler que la laïcité n’a jamais signifié l’éradication des religions, ou de certaines d’entre elles, ni la relégation de leurs expressions dans un espace « privé ». La laïcité garantit le droit des femmes et des hommes à conduire leur existence comme ils l’entendent, quelles que soient leurs situations ou leurs convictions. Selon la Convention européenne des droits de l’homme: « Toute personne a droit à a liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites. »
Le vrai combat est celui de l’égale répartition des richesses. Chaque jeune a droit à accéder à l’éducation et au travail dans des conditions dignes. Ce droit ne peut être fondé sur un critère de nationalité ou tout autre critère discriminatoire. « Notre devise, en tant que jociste, est « un jeune travailleur vaut plus que tout l’or du monde, car il est Fils de Dieu ». Nous sommes tous égaux et devons tous pouvoir accéder aux mêmes droits.
Localement, la JOC s’est déjà exprimée sur la question, comme la JOC de Lorraine qui tient à rappeler qu’en tant que « chrétiens et ouvriers, nous sommes appelés à la fraternité. Cette fraternité doit nous rendre fiers de partager notre richesse, grâce à des dispositifs de solidarité comme le RSA ou les allocations familiales, afin de protéger les plus petits. Étant tous frères, nous ne pouvons tolérer qu’il y ait des boucs émissaires. »
Nous avons souhaité cette année lancer une dynamique sur le vivre ensemble dans nos quartiers. Le vivre ensemble, c’est reconnaître la richesse de l’autre, frère et sœur en Christ. Nous souhaitons que les actions menées en lien avec cette dynamique permettent à tous d’être pleinement acteur de son quartier afin de pouvoir y vivre dignement.
Par le vote, par des expressions locales, par des actions d’éducation populaire, déconstruisons collectivement les idées propagées par l’extrême droite et réinventons la solidarité !
Eilé, Eho… c’est le cri des bergers du désert d’Arabie, lieu source pour les juifs, les chrétiens et les musulmans.
Nous avons été bercés par ce cri pendant le Week End de Pentecôte à Lourdes au Rassemblement de la Mission Ouvrière.
Nous étions un millier venant de toute la France, représentant d’autres milliers de chrétiens qui s’aventurent dans leur foi en risquant le partage, le dialogue, la solidarité dans les quartiers, parfois un peu chauds, où ils vivent.
Autrefois, les juifs avaient inventé la Fête des Tentes pour se rappeler leur long séjour au désert.
Les chrétiens du monde ouvrier ont aussi planté leur Tente à Lourdes, pour se rappeler les rencontres vécues en précarité peut être, mais habitées par la flamme d’une espérance qu’ils ont envie de communiquer.
Parc de la Cité Saint Pierre à Lourdes
Pendant deux jours, nous nous sommes imprégnés de cette image biblique tirée du prophète Isaïe: « Elargis l’espace de ta tente, renforce tes piquets, resserre tes cordages… »
Peu à peu, l’image retrouvait une vie nouvelle : la toile déployée devenait un patchwork. L’assemblage de tous ces morceaux colorés était bien l’image de nos vies réunies pour recueillir dans sa voilure le souffle de l’Esprit.
A l’abri de la tente, les rencontres se faisaient et se défaisaient : chaque visage entrevu était un visage ami. Dans les regards qui se croisaient on pouvait lire la confiance redonnée, la joie de la mission.
Au terme de ces trois jours de partage, personne n’était pressé de partir.
Nous nous sommes quittés de bon coeur, cherchant ce que nous pourrions vivre après, maintenant que nous avons appris à mieux accueillir le chemin de l’Autre.
Nous savons qu’une autre fête nous attend : ce sera « La Fête des Tentes »… celle de l’humanité accueillie par Dieu dans son coeur de Père. C’est ce qu’il nous a promis.
Mais, comme dit le poète :
« Vivez si m’en croyez, n’attendez à demain » !
La délégation toulousaine à Lourdes
Samedi 20 septembre, avec les 15 délégués de la haute Garonne, nous étions de nouveau avec nos partenaires, Mouvements d’Action Catholique en Monde Ouvrier, Pastorale des Migrants, CCFD, personnes rencontrées dans l’esprit d’ouverture encouragé par les écrits et les gestes symboliques du pape François.
J’aime ces journées de retrouvailles où l’on ne sait pas à l’avance qui viendra ou ne viendra pas, où l’on accueille des nouveaux, dans un esprit commun.
Nous prenons le temps d’admirer ce qui bourgeonne autour de nous dans nos équipes, nos communautés d’église, ce qui sort de terre.
Nous étions cette fois invités à fixer notre regard sur ce que nous vivons dans le contexte de la précarité.
Pour accueillir les défis venant de l’immigration aujourd’hui, cela nous donne confiance d’écouter les récits de ceux qui sont arrivés du Portugal il y a quelques années à peine et qui nous disent comment ils se sont progressivement intégrés dans la vie sociale. Quand on ne connaît pas la langue, le premier geste pour communiquer est le sourire !
D’autres nous ont dit comment ils ont progressé dans la vie militante grâce aux temps de relecture proposés par leur Mouvement. Ils y prenaient conscience de leur propre cheminement, des choix qu’ils avaient faits, profondément intégrés à leur propre personnalité.
En fait, nous nous renvoyons les uns aux autres les images de nos propres cheminements que le thème biblique ouvre vers l’avenir.
La tente de nos patchworks
« Elargis l’espace de ta tente »… à commencer par l’espace de ton cœur.
L’image biblique de la tente, avec ses cordages, ses piquets, ses lambeaux de toile réunis comme un patchwork, est propre à faire parler nos désirs de partage, notre joie à faire confiance, à risquer un pas vers l’aventure. Nous y découvrons le visage de Dieu qui lui-même nous accueille, tandis que nous ouvrons nos bras, nos cœurs en nous donnant mutuellement confiance pour bâtir un avenir de Fraternité
Madeleine nous a quittés. Elle a tenu ces dernières années par son courage à se soigner, et bien sûr l’aide, la compétence et la disponibilité de son entourage : famille, amis, personnel soignant, communautés chrétiennes
Nous avons reçu des témoignages marquants les étapes de sa vie.
Elle a commencé sa carrière d’enseignante tout en continuant ses études, d’ailleurs brillantes, en mathématiques. Il ne fallait pas tarder à aider notre mère qui avait perdu en peu de temps un fils handicapé et ensuite son mari. Elle n’arrivait plus à assumer la charge de ses plus jeunes enfants et elle donnait les premiers signes d’un handicap moteur.
Nous sommes en Mai 68, le temps des projets et des remises en cause. Madeleine est professeur de mathématiques au Lycée Technique de Mazamet. Elle vit intensément les évènements avec le SGEN, branche enseignante de la CFDT. Les membres de la fratrie sont casés, elle se voit prête à se consacrer à un projet d’Eglise au service du Tiers Monde. Ce sera le Rwanda. Ses amis lui promettent d’être ses financiers…
Pendant 30 ans, elle y déploiera ses qualités d’adaptation et d’invention au service d’un peuple qui n’a pas tardé à l’adopter. C’est ce que racontera son Livre publié en 2005 : « Le Rwanda, un autre regard. »
Une famille visitée en 1981
Le retraite venue, Madeleine accepte de prendre la responsabilité de la Caritas dans le nouveau diocèse de Gikongoro.
Nous sommes en plein dans la guerre civile, commencée en 1990, qui se terminera dans un génocide.
Elle fait preuve de courage, de lucidité, de sens de l’action commune, jusqu’au jour où elle est expulsée par les nouvelles autorités.
Condamnée à l’exil, Madeleine tente depuis la France d’organiser la solidarité en faveur des plus petits, notamment des enfants, ainsi que de ceux qui sont poursuivis injustement, soutenue par ses Amis toujours fidèles. Avec elle, ils ne pouvaient qu’être eux aussi, « Amis du Rwanda », ou « Amis de Gikongoro », sa ville d’élection.
Le livre où elle raconte son témoignage
Les années d’exil lui ont valu de se rapprocher du Club Humaniste, autrefois fondé par des amis enseignants, soucieux de partager dans le dialogue sur leurs raisons de vivre, d’espérer, de croire ou de ne pas croire.. A cause de son engagement durable et sans faille au service du développement, de la paix et de la justice, on lui confiait toujours le mot de la fin où elle exprimait avec concision les valeurs apportées par les intervenants. Pour le dernier, réfugié politique d’origine syrienne, psychiatre presque autodidacte, ancien musulman devenu agnostique, toujours prêt à s’engager pour la liberté et la justice, elle a martelé un éloge qui aurait pu être le sien : « Vous êtes un humaniste d’honneur ! »
Il ne lui restait que quelque semaines à vivre. Elle les a vécues dans la lucidité et la foi en Dieu qui lui étaient coutumières, le souci de préserver son autonomie et l’avenir des projets qu’elle portait.
A quels rivages était-elle prête d’aborder ? Qui entraînait-elle dans son exode ?
Le jour de ses obsèques, à l’Eglise Sainte Germaine à Toulouse
à l’Eglise Sainte Germaine
, au tombeau puis à la résidence familiale, ses amis étaient là pour l’accompagner et lui dire qu’ils avaient reçu son témoignage.
Au cimetière de Rabastens
Impossible d’oublier ces moments d’émotion qui ressemblaient à une fête de l’Espérance.
J’ai connu Nicole à travers le Catéchisme et l’Action Catholique des Enfants
Nicole était une personne effacée, douée d’une grande sensibilité. Elle avait la passion des fleurs qu’elle aimait cultiver, admirer, donner.
Quand elle faisait le catéchisme, chaque enfant était pour elle une fleur à cultiver, admirer, aimer.
Elle savait distinguer les mouvements du cœur de chaque enfant, son goût du partage aussi bien que son désir de temps en temps de garder tout pour soi, de commander les autres…
Elle avait la simplicité et la patience de les approcher pour cultiver la générosité de leur cœur.
Chaque chrétien porte en lui, comme une sorte d’instinct, la marque de l’Esprit Saint : Nicole savait ainsi distinguer ce qui vient vraiment du cœur et ce qui est désir de se mettre en valeur, aimer en vérité jusque dans le moindre détail.
Depuis une dizaine d’années, Nicole est devenue dépendante des autres. Elle a trouvé auprès des siens et de son entourage médical, un retour de ce qu’elle avait donné aux autres.
Nous l’avons accompagnée sur ce chemin avec d’autres membres de la communauté chrétienne.
Jésus nous a appris à nous laisser instruire par ceux qui souffrent. Nous avons pu apprécier sa lucidité, son courage, son exigence d’authenticité, son intérêt pour ce que vivent les autres.
Nicole nous a quittés au lendemain des Fêtes de Pâques. C’était le moment où elle inondait de ses fleurs les églises des alentours pour célébrer l’amour du Christ qui a connu la souffrance physique et morale, qui a tenu dans la confiance en Dieu et l’offrande de lui-même.
Elle a gardé jusqu’à son dernier souffle, lorsque les respirations sont comptées, la foi en Jésus, vivant pour les autres et se donnant à eux jusqu’au bout de lui-même, sachant que cet amour, vécu dans l’inconfort et la solitude est source de résurrection – pour lui-même et pour les autres ses frères.
Nicole a vécu de cet amour du Christ qu’elle avait besoin de fleurir et de partager avec d’autres.
Son témoignage est pour nous une source de joie, de paix, d’espérance et de dynamisme.
« Ce jour là, le premier jour de la semaine, des femmes arrivaient au tombeau… ». Elles le trouvent vide. Des anges leur disent qu’Il est vivant !
Ces femmes qui étaient disciples de Jésus ont été les premières à accueillir la Bonne Nouvelle qu’était la vie Renouvelée de leur Maître et Ami.
Pas de fascination sur l’image d’un être aimé, au contraire, le désir de partager et de propager avec les autres disciples cette bouleversante Nouvelle.
Ce jour là, le premier de la semaine, était pour les disciples le commencement d’une nouvelle vie. Ils ont ressenti cette rencontre avec Jésus Ressuscité comme le signal d’un nouveau départ.
Le signe distinctif de cette communauté renouvelée était le rendez-vous qu’ils se sont fixé le premier jour de la semaine, le Dimanche.
Aujourd’hui, on nous prétend que ce rythme de la semaine instauré par les juifs puis par les chrétiens serait improductif. En cette période de récession économique, il est temps de se mettre au travail 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 et 12 mois sur 12. Chacun trouvant naturellement son repos dans les temps morts que lui laisse l’organisation économique de la société. Pour certains, on le sait, ces temps de repos peuvent se prolonger plus longtemps que prévu !
On nous demande d’oublier un à un les modèles que les chrétiens, avec bien d’autres, ont réussi à intégrer dans la vie sociale pour qu’elle soit plus humaine : le rythme du travail, le respect de la vie du début à la fin, le soin à apporter à ceux qui réussissent moins bien, la tendresse et la fidélité au sein de la vie familiale…
L’entreprise connaît ces dernières décennies des transformations et mutations importantes des organisations du travail, s’appuyant sur des théories organisationnelles
Certes l’évolution rapide des choses nous montre que l’on ne peut pas se cantonner à défendre des calendriers ou des lois si bien ciselées qu’elles ne tolèrent aucune exception ! Nous avons besoin d’imagination pour que la vie soit un perpétuel dépassement de nos routines, de nos étroitesses d’esprit et de cœur.
Nous portons tous le désir d’une vie fraternelle et inventive.
Les chrétiens peuvent dire que cette vie est rythmée car le voyage peut être long. Il y a lieu de s’arrêter pour reprendre souffle, de s’alimenter. Ils trouvent auprès de Jésus, leur maître et ami, le secret d’une énergie à laquelle ils viennent joyeusement puiser, le premier jour de la semaine !
Un certain pape François a parlé de la Joie de l’Evangile, dont il faut toujours retrouver la source vivante pour être sûr de la communiquer ensuite.
L’Evangile parle de Vie Eternelle, une vie qui ne cesse de se ressourcer et de se communiquer car elle est le dynamisme de Dieu qui nous porte au-delà de nous même.
« Qui prendra la route vers ces nouveaux espaces
Qui prendra Jésus pour maître et pour ami ?
L’humble serviteur a la première place
Servir Dieu rend libre comme Lui » (Livre de la Prière des Heures)
A Toulouse, la Maison du Christ Roi est aujourd’hui un lieu de rencontre et aussi un centre administratif des activités chrétiennes du diocèse.
Ce Centre avait été fondé il y a 50 ans pour abriter dans ses nouveaux locaux le Séminaire des Jeunes qui éventuellement se destinaient à devenir prêtres.
En s’installant auparavant au Cabirol (Colomiers), ce séminaire avait déjà subi une rénovation importante, sous l’impulsion du chanoine DELARUELLE. Il s’agissait de former des prêtres habités par la double culture de l’enseignement laïc et de la tradition catholique. C’est dans cet esprit que nous avons été élevés.
La création du Christ Roi en 1964, au moment du Concile, correspondait à un nouveau pas concernant le renouvellement de l’Eglise. On comprenait que la foi n’était pas la seule affaire des intellectuels, elle était aussi vécue dans le quotidien de la vie du peuple.
L’animateur du projet était le chanoine BARBASTE, l’un de premiers aumôniers de la JOC à Toulouse.
Grâce à l’héritage d’une riche toulousaine, Mlle PUGENS, on a pu construire le magnifique ensemble que représentaient l’école et l’église paroissiale.
Comme gémit une biche après l’eau vive, ainsi mon âme a soif de toi. Psaume 42. Détail de l’autel de la chapelle
Mettre cette entreprise sous le patronage du Christ Roi, c’était remonter aux projets apostoliques que Pie XI avait développés dès 1925. Par la transformation de la réalité sociale on voulait rapporter au Christ tout ce qu’il y a de meilleur dans l’humanité pour qu’il le protège et le fasse grandir.
C’est ce qu’expriment les inscriptions en lettres dorées sur la façade de l’église :
« Vivez dans le Christ Jésus. La réalité, c’est le Christ ». (Saint Paul)
« Tels des pierres vivantes, laissez vous édifier en demeure spirituelle » (Saint Pierre)
Devenu professeur de Lettres, c’est ainsi que le Père BARBASTE et ses successeurs m’ont laissé toutes les chances pour m’enraciner dans les Mouvements d’Action Catholique en Monde Ouvrier., en souhaitant aussi que cet engagement soit un moyen d’ouverture pour l’ensemble de l’équipe éducative.
C’est ainsi que j’ai participé pendant plus de 10 ans à l’animation de l’école. Je dois dire que souvent mes préoccupations extérieures me prenaient beaucoup. Mes confrères ne m’en ont pas voulu : j’y étais aimé et respecté.
L’ensemble de l’équipe avait une grande valeur humaine et pédagogique. Mais, avec le temps, il a fallu se rendre à l’évidence : le projet ne pouvait plus tenir. Il reposait sur un trop petit nombre d’élèves et l’on ne pouvait plus assumer la variété des branches dans lesquelles l’enseignement s’est spécialisé.
Ce projet reposait sur des valeurs humaines et chrétiennes correspondant à l’idéal éducatif que l’on pouvait se faire. Nous n’avions plus les moyens de le mettre en œuvre.
L’école a donc fermé et le diocèse, avec beaucoup de constance d’ailleurs, a donné à la Maison du Christ Roi la mission qui est la sienne aujourd’hui. Pour nous, c’était tout de même un échec…
Le tabernacle a la forme de l’Arche d’Alliance que le peuple transportait à travers le désert, symbole d’une Présence qui l’accompagne
Rappeler ces 50 ans aujourd’hui, c’est témoigner de la Force qui nous a permis de traverser cet échec
Ce qui m’étonne aujourd’hui, c’est que je n’ai rien à renier de mes motivations d’alors pour préparer la construction du Corps du Christ Jésus, en visant cetteréalité qui nous est donnée en perspective.
Comme prêtres, nous avons à accompagner la foi des chrétiens, leur dire que leur relation au Christ peut demeurer vivante malgré les échecs qu’ils ne manquent pas de rencontrer. Le Christ est en avant de nous, la foi en lui est sans cesse remise en chantier.
Nous savons que çà marche, et nous avons pour mission de donner à d’autres la confiance que çà peut marcher.
Notre relation à lui est toujours vivante, elle nous donne assez d’assurance pour aider nos frères en humanité à traverser leurs épreuves.
« Engagés pour la justice et la dignité, osons l’espérance »… C’était le thème de la XXI° Rencontre Nationale de l’ACO à Angers du 7 au 9 juin 2014.
J’ai eu l’honneur d’accompagner à titre de prêtre la délégation de Toulouse.
J’avais déjà participé à de grands rassemblements de mouvements d’action catholique de jeunes. Évidemment c’était pour moi un bain de jouvence : passer 4 jours ensemble si l’on compte le voyage, après une année de travail régulier ! On partage tout : on rit, on prie ensemble, on réagit, toujours avec le même naturel.
On peut dire qu’avec le temps, l’ACO en impose moins : elle a été longtemps dirigée par des militants ouvriers qui avaient fait leurs preuves. On les admirait et souvent on les craignait. Pourtant, ceux qui fréquentent le mouvement savent qu’il garde une grand expérience de la vie du peuple, de sa culture – une façon de vivre en solidarité et dans le respect de tous ceux qui portent le poids d’une vie dure, le souci de donner à chacun sa place et surtout de l’aider à la prendre.
Alors que la société, telle qu’elle est menée, aboutirait à désagréger le tissu social, le partage et la recherche avec de tels hommes et femmes montrent que ce que l’on avait entrevu dès le début, le message de Jésus Christ, est encore possible.
Chacun des 700 délégués avait préparé son dossier, ce qui l’avait aidé à prendre de ce dont il était réellement porteur : des éclats de vies recueillis çà et là et qui ne demandaient qu’à s’embraser.
Mais il fallait que l’étincelle prenne. J’ai été saisi par les chants et le rythme du groupe Nomades venus animer cette rencontre.
« Venez inventer notre histoire
On l’écrira au « tous les jours »
On s’est décidé à y croire,
Ce sera une histoire d’amour ».
A la fin de la rencontre, les membres du groupe Nomades nous ont avoué que leur vie était de créer des textes qui expriment l’espoir, mais ces textes prennent une autre dimension lorsqu’ils sont chantés par des gens qui se sont risqués à déjà vivre ce que le chant ne faisait qu’évoquer.
Le thème de la rencontre était la nouvelle proposition du mouvement pour les années à venir :
« Les personnes, les travailleurs en situation de précarité, de fragilité, sont au centre du projet missionnaire de l’ACO ».
De partout des clignotants s’allument pour révéler des situations de précarité encore plus nombreuses et inquiétantes. Nombreux sont ceux qui se lèvent aujourd’hui avec le désir d’y répondre. L’ACO se veut partenaire de ce mouvement et affirme que cette prise de conscience relève de sa compétence missionnaire : elle invite à y reconnaître un signe de l’Esprit, et pour cela à analyser, comprendre, être capable de remises en questions, y retrouver l’élan qui nous a toujours habité, se laisser entraîner dans un grand élan de fraternité qui nous porte bien au-delà de nous mêmes.
« On s’est décidé à y croire, ce sera une histoire d’amour ».
Réunis autour du slogan « Engagés pour la justice et la dignité, osons l’espérance ! », les 750 délégués ont voté à l’unanimité une motion de soutien au père Gérard Riffard, président de l’association « Anticyclone », qui a comparu le 11 juin 2014 à 8h30 au tribunal de Police de Saint-Étienne. Il y a reçu le soutien de nombreux membres de l’ACO
L’expérience d’une Rencontre Nationale apporte le sentiment de vivre et construire cette espérance avec d’autres. Suis-je décidé à mieux croire à ce qui m’animait sans doute depuis toujours ?
Certainement oui, mais avec une conscience plus grande d’être porté par un Peuple de Croyants qui m’aide à m’intéresser à cette espérance jaillie du brouillard.
Accroche à ton coeur un morceau de chiffon rouge, une fleur couleur de sang