- Accueil
- > Migrations - International - Rwanda
- > Avec les coyants de Gaza
22-05-2021
Avec les coyants de Gaza
Le vent de l’Esprit sur notre temps SErmon de Pentecôte
Actes des Ap 2,1-11
Jean 15, 26-27, 16, 12-15
L’image grandiose des langues de feu, au milieu d’un vent violent, venant se poser au-dessus des chacun des apôtres, est une sorte de préface au Livre des Actes des Apôtres. Saint Luc a écrit son ouvrage en deux tomes : l’Evangile, qui renferme les actes du Christ et les Actes des Apôtres qui relatent ce que les disciples ont fait à sa suite.
Les images de vent et de feu veulent évoquer l’histoire de la mission des croyants confiée par Jésus aux disciples au moment où il est quitte. Il leur avait promis : « Je suis avec vous jusqu’à la fin des siècles »
Jésus envoie son Esprit qui sera leur Défenseur : celui qui les défend et les consoles à la manière du vent, qui peut-être la légère brise du matin comme le tourbillon qui vous emporte dans l’insécurité totale.
L’Esprit de Dieu nous apprend aujourd’hui à garder confiance alors que nous sommes emportés par des événements que nous ne maîtrisons pas. Nous pensons tous évidemment à la pandémie qui a réveillé dans le monde le sentiment de l’insécurité et de la fragilité pour nous-mêmes et pour tous les hommes.
Nous pensons aux guerres, à celle de la Palestine qui vient de s’interrompre grâce peut-être à de multiples interventions humaines, qui nous donnent l’espoir qu’il y a toujours des solutions possibles entre nos mains.
L’Esprit de Dieu est aussi à chercher dans la brise légère :
« Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va » ! (Jean 3, 8). J’ai eu le privilège hier, grâce à un ami palestinien, d’être en communication avec sa famille à Gaza. On se présentait chacun à son tour comme on le fait sur WhatsApp et ils me disaient tous : « La guerre est finie » ! J’ai essayé de leur dire des paroles d’encouragement et ils me disent c’est tous : « merci merci », comme si nous avions été pour quelque chose dans ce résultat inespéré.
Peut-être avaient-ils conscience que le soutien que les Palestiniens ont pu recevoir dans le monde a été pour quelque chose dans l’aboutissement des tractations internationales qui ont imposé ce cesser le feu.
Ils ne se trompent pas : ce sont des croyants musulmans qui savent la force de la prière. C’est ce que dit la prière de la Messe pour la Réconciliation :
« C’est à toi que nous le devons lorsque le désir de s’entendre l’emporte sur la guerre, lorsque la soif de vengeance fait place au pardon
et que l’amour l’emporte sur la haine »
Nous croyons que l’Esprit Saint souffle où il veut : il souffle au cœur de tous les artisans de paix à travers le monde il peut toucher les hommes de toute religion il peut aussi toucher le cœur de tous ceux qui ont des responsabilités dans la communauté mondiale.
Il nous apprend à être sensible les uns aux autres, à la part infinitésimale que chacun peut apporter pour que l’amour et l’espoir existent. Je garde l’image de cette grand-mère que j’ai aperçue il y a 15 jours dans le square de l’église Sainte Germaine. Elle était arrivée un peu à l’avance à la messe et s’était assise pour bavarder avec les clochards qui occupent ce lieu. Voilà une bonne préparation à la célébration de l’Eucharistie. Jésus nous dit : « Je vous témoigne de l’amour du Père, et vous aussi vous serez mes témoins : ce que vous prendrez de moi, vous le donnerez à d’autres ».
Nous avons peut-être trop tendance à nous féliciter du bien que nous pouvons faire. Jésus nous apprend à remercier le Père qui a mis en nous cette disposition.
S’ouvrir à ce cœur de Père, c’est élargir le nôtre, et aussi s’ouvrir à l’espérance.
Charles de Foucauld parlait de Dieu comme du Maître de l’impossible. Nous avons besoin des témoignages des saints pour nous dire que ces paroles ne sont pas des mots seulement : c’est la Vérité toute entière vers laquelle l’Esprit de Dieu veut nous conduire, où chaque être humain à sa place dans le cœur de Dieu et dans l’Espérance qu’il nous ouvre.
Publié par Pierre Raffin dans Migrations - International - Rwanda, sermon | RSS 2.0






Laisser un commentaire
Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.