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07-11-2018
Le Colonel Birot, témoin et héros de la guerre 1914-1918
Au cours des années 2014-2018, la mémoire nationale s’est remise en route pour partager les souvenirs de la guerre qui s’est déroulée il y a maintenant 100 ans.
Nous avons à Saint Lieux, comme dans toutes les localités de France, notre Monument aux Morts qui relève 27 noms – ce qui est qui est déjà important pour un modeste village.
Une guerre, même terriblement meurtrière, finit par s’ensevelir dans le passé. Cette commémoration a été l’occasion de faire croiser les souvenirs qui viennent de nos familles avec le travail des historiens qui cherchent, avec le recul du temps, à établir ce qui s’est réellement passé.
Notre région garde le souvenir de Jaurès, infatigable défenseur de la paix, et assassiné à la veille du conflit. Il avait sillonné l’Europe pour ouvrir les yeux ds populations sur les conséquences d’un conflit qui, avec les progrès de l’industrie de l’armement et les rivalités des empires coloniaux en train de se constituer ne pouvait être qu’une guerre mondiale !
On peut voir à Saint Lieux, outre le Monument aux Mort face à l’église et à la mairie, au cimetière celui du Colonel Joseph BIROT, membre de la commune, où il s’est marié en 1898 avec Marie de BARAVY . On trouve, gravées sur le monument les traces des faits de guerre attribués au 124 ° RI , dont il a été le responsable pendant la totalité de la guerre.
Ce régiment, implanté aux environs de Laval, était constitué de Basques, de Gascons et de Bretons. Chaque régiment avait son identité, grâce au drapeau où étaient accrochés les souvenirs des ancien. Celui du 124° RI rappelait le passage de la Berésina, lorsque Napoléon avait subi ses premiers échecs : de quoi remonter le moral des troupes et partir au combat la fleur au fusil. La supériorité de l’artillerie allemande a rapidement fait découvrir les réalités de la guerre : morts et blessés sans nombre, insécurité… et l’humiliation de la retraite de l’armée française. Le 124 ° RI, implanté dans la région des Flandres, compte dès les premiers mois la mort de 20 officier et 250 hommes de troupe.
On note alors les efforts du Commandant BIROT, pour avec un autre officier, réunir ceux qui restaient de leurs bataillons et aménager des positions pour résister à l’avancée des ennemis.
Devenu Lieutenant Colonel, il a pris la tête du 124 ° RI que l’on a déplacé,toujours aux avant postes, dans la région de Verdun.
L’historique du régiment signale des batailles plus difficiles. Chaque fois, le nombre de blessés et de morts s’affiche de façon laconique. Le quotidien, c’est la patrouille de reconnaissance, les bombardements des tranchées et les travaux de déblaiement et de reconstruction après une attaque, les offensives ordonnées par l’État Major. A plusieurs reprises, le PC du colonel est particulièrement visé. En Mars 1918, il est bombardé et gazé à l’ypérite. Une dizaine d’officiers, dont le colonel doivent être évacués, celui ci reprendra le commandement deux mois après !
Pour la dernière offensive avant la victoire, le régiment est à nouveau déplacé. Offensive particulièrement meurtrière qui coûtera la vie au Colonel BIROT. Il est mort le 7 Novembre 1918, quelque jour avant le cesser le feu.
Le monument de Saint Lieux, en rappelant ces batailles, dit que le régiment l’a pleuré comme un père. Les dangers quotidiens demandaient au chef une autorité naturelle et finalement d’être aimé par ses soldats. Un chef exécute les ordres mais il a parfois la possibilité de choisir le moment afin qu’ils soient assurés avec le maximum de sécurité. Le régiment a été remarqué pour la qualité de la nourriture ainsi que pour l’énergie qu’il a fallu déployer pour remettre en état les ouvrages de défense aussitôt que démolis, même si les soldats étaient épuisés, en cas d’une nouvelle attaque.
Son épouse Marie est venue s’installer à Saint Lieux où elle a vécu 50 ans de séparation et de veuvage. Ils n’avaient pas eu d’enfant. La vie s’était arrêtée pour elle le 2 août 1914. Elle vivait là avec les deux servantes qui avaient suivi le ménage durant ses déplacements.
Marie BIROT parlait de son homme comme de quelqu’un de bon et de droit. C’était probablement vrai car c’étaient ses propres qualités. La petite école libre de Saint Lieux a toujours pu compter sur son soutien financier.
La maison de Saint Lieux était devenue une sorte de monastère, marqué par les temps de prière, les travaux du jardin, la bonne cuisine pour les hôtes sous la direction de Cécile, et les nouvelles rapportées par Denise lorsqu’elle revenait à vélo du marché de Saint Sulpice.
Cette vie réglée ressemblait aussi à l’administration militaire qui comportait un fourrier, le gradé en temps de paix comme en temps de guerre, qui était chargé des conditions matérielles qui doivent être bien assurées pour que le groupe puisse bien remplir sa mission. Ces qualités ont imprégné la vie de Joseph BIROT et de son épouse. On peut penser aussi qu’elles leur venaient de notre terroir.
Publié par Pierre Raffin dans Action Culturelle, Biographie, Témoignage | RSS 2.0









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