11-06-2018

Le Christ dans la mêlée

Marc, 3, 20-35

Nous avons eu cette semaine la Fête du Sacré Cœur. Tout le monde connaît la grande basilique du Sacré Cœur à Montmartre, témoin de la piété du 19° siècle.

L’idée que l’on se faisait était que tous les malheurs que nous avons avaient pour cause l’impiété des hommes, et qu’il fallait réparer en leur nom devant Dieu tout le mal qui avait pu être fait.

On pense alors au Christ dont le Cœur a été transpercé et qui demande pardon à notre Père en notre nom.

mêlée

L’image qui ressort est le regard doucereux du Christ, tourné vers le ciel et qui n’a même plus besoin de regarder la terre.

Les non croyants ne se sont pas privés de caricaturer cette attitude. On se rappelle la petite phrase de GIONO : « Le Christ traverse les batailles une rose à la main ». Jean GIONO, c’était le début du 20° siècle, on dirait aujourd’hui : « il est déconnecté ».

La page de l’Evangile que nous venons de lire nous montre au contraire le Christ dans la mêlée : il vit des affrontements, il reçoit des coups et il suggère que çà peut vous arriver aussi, si vous cherchez à faire la volonté de Dieu.

Voyons le genre d’affrontement dont il est question

-                  le premier vient des autorités de Jérusalem qui veulent contrôler et même soupçonner son activité. « C’est par Beelzeboul, le chef des démons que tu chasses les démons »… Jésus se bat sous le mode de la controverse : « Tout Royaume divisé contre lui-même est appelé à périr… »

C’est donc l’autorité du moment qui s’en prend à Jésus.

-                  Le deuxième cas de figure est l’entourage familial de Jésus. On lui reproche de trop se mettre en avant : « fais comme nous, écrase toi, il ne faut pas chercher à comprendre »

Jésus revendique sa liberté face à son entourage et face à ce qu’il a voulu contester.

Marc note son regard, qui n’est pas le regard doucereux dont on parlait tout à l’heure.

Il regarde ceux qui sot en train de devenir disciples : « ceux qui cherchent à faire la volonté de Dieu sont pour moi un frère, une sœur, ou une mère »…

« Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, ils seront appelés fils de Dieu »…

Les débats sur la vérité et la justice doivent-ils être aseptisés, de façon à ne pas être contaminé par ce qui vient du monde ? Ou bien faut-il se lancer dans l’actualité, et dans quelle perspective ?

meeting théâtre

Nous pouvons prendre un exemple dans l’actualité de la semaine.

Les lois de la démocratie permettent d’éplucher les comptes de campagnes des candidats.

On a épinglé celui qui est actuellement président. Ne vous en faites pas, demain ce sera un autre !

On lui reproche donc d’avoir obtenu pour la location d’un théâtre pour un meeting de campagne, d’avoir eu à verser 3000  euros, tandis qu’un autre candidat a dû trouver 100 fois plus…

Le 6 Janvier dernier, fête de l’Epiphanie, les services du Vatican ont fait paraître un texte de 19 pages intitulé :

« Considérations éthiques sur certains aspects du système économique et financier actuel ».

Le texte soutient que les grandes entreprises devraient avoir un comité d’éthique pour vérifier si les décisions prises favorisent à la longue le bien commun.

Et il prévoit l’objection : « Bien sûr que nous en avons » !

Seulement, le travail de ces commissions n’a pas toujours pour but l’utilité ou la moralité de ce qui est entrepris, mais de vérifier si on est bien dans les clous des lois existantes. Ces experts ont plutôt pour vocation de vous protéger contre les poursuites ultérieures.

La question que voudrait poser une autorité morale comme l’Eglise est celle du bien commun : admettons que le monsieur est le propriétaire du théâtre. Est-il le seul propriétaire : ou bien ceux qui travaillent pour le théâtre, ceux qui sont réduits peut être au rôle d’intermittents, les actionnaires même, n’ont-il pas droit aussi à demander des comptes sur l’argent qu’ils n’ont pas reçu.

On s’est servi de leur argent (qu’à leur tour ils auraient pu utiliser bien ou mal )  pour cautionner l’engagement personnel du chef d’entreprise…

Il s’agit d’élever le débat : non de savoir si l’on souhaite que celui-ci ou celui là sera plus ou moins blanchi, mais si l’engagement de chacun pour la vérité et la justice est porteur à la longue de fruit, donne une idée plus grande de la personne humaine et de sa vocation.

meeting macron

 

 

 

 

 

 

 

icone plongeur

Cherchez vos coquillages !

Présentation du texte par ZENITH

Le Saint-Siège plaide pour une régulation éthique de l'économie et de …

 

 

 

 

Texte intégral :

https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=3&cad=rja&uact=8&ved=0ahUKEwji4ePSt8fbAhVDOBQKHWNvDioQFggzMAI&url=http%3A%2F%2Fwww.vatican.va%2Froman_curia%2Fcongregations%2Fcfaith%2Fdocuments%2Frc_con_cfaith_doc_20180106_oeconomicae-et-pecuniariae_fr.html&usg=AOvVaw2jL_hoNC8eMobBallOxNef

Publié par Pierre Raffin dans Formation, sermon | RSS 2.0

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