10-09-2017

Irma : prophète au coeur des évènements

-Caraibes-Ouragan-Irma_Nous avons des antillais dans notre communauté. Voici l’Office que j’ai préparé pour la dimanche qui a suivi l’ouragan.

10 septembre 2017 Office du 23° dimanche

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Nous sommes d’autant plus bouleversés en apprenant les immenses blessures causées par les ouragans des Antilles que nous avons dans notre communauté de nombreux antillais touchés aujourd’hui dans leur chair et dans leur cœur.

Nous allons vivre cette Eucharistie en profonde communion avec eux, sachant que  le Christ nous réunit et nous précède avec sa Croix.

Ezeckiel, 33, 7-9

Evangile de Mat 18, 15-20

indexTandis que nous laissons mûrir en nous des sentiments de compassion par rapport à nos frères et sœurs marqués par les violents cyclones, nous laissons pénétrer en nous la Parole de Dieu qui nous invite à être des prophètes.

Le prophète n’est pas celui qui répète ce que dit tout le monde : c’est quelqu’un qui s’efforce d’écouter et de transmettre la parole d’un Autre.

Cette parole est familière : elle ne nous dit pas des choses nouvelles ou extraordinaires, elle nous redit notre vocation :

« Fils d’homme, je t’établis comme guetteur pour la maison d’Israël » : tu dois avertir du mal qui peut être à l’origine de ce qui t’arrive maintenant.

On s’accorde, il est vrai pour dire que le réchauffement climatique contribue à rendre les ouragans plus violents encore, que ce réchauffement climatique est dû aux déchets des hydrocarbures répandus dans l’atmosphère… mais que pouvons nous faire lorsque le mal est lancé ?

cyclon IrmaLe pape François, dans son encyclique Laudato Si dénonce ces mécanismes, mais, à la suite du pape Jean XXIII, il dit que nous ne pouvons pas nous contenter d’être des prophètes de malheur : nous sommes des témoins d’espérance.

Cette espérance, nous ne l’inventons pas. Elle est portée par l’expérience de la communauté chrétienne.

L’Eglise est fidèle à l’Esprit de Jésus Christ lorsqu’elle cherche, pour en témoigner, à repartir de la parole des pauvres.

J’ai entendu cette parole dans la bouche d’une grand-mère antillaise qui disait sa prière mercredi, au cours de la messe de semaine :

« Mon Dieu, je crois, j’espère, j’adore et je vous aime.

Je vous prie pour ceux qui ne croient pas, n’espèrent pas, et ne vous aiment pas ».

Une autre antillaise m’a répété cette même prière qui se récite là bas après les stations du chemin de croix. Elle vient des jeunes voyants de Fatima en 1917.

Cette prière a traversé les océans, pour nous revenir aujourd’hui comme des témoignages de croyants. Ceux-ci nous disent comment ils ont été aidés à tenir debout dans les moments d’épreuve.

 

La prière des ces hommes et de ces femmes qui s’adressent encore à Dieu alors qu’ils sont privés de tout est une haute expression de la dignité humaine.

Ils nous disent que la prière est encore possible, même si le ciel s’est complètement obscurci.

Voici un extrait d’un poème de Karol Wojtyla alors qu’il n’était pas encore pape :

« Je crois cependant que l’homme souffre par manque de vision.

S’il souffre par manque de vision, il doit se frayer un chemin entre les signes. »

Andréa Ricardi, fondateur des communautés San Egidio, commente : «  le grand signe de la vie chrétienne est la rencontre du pauvre… que l’on ne rencontre jamais si l’on ne s’arrête pas à côté de lui ».

Le signe que peut donner notre communauté, c’est notre présence fraternelle.

Jésus énumère ces attitudes dans l’Evangile :

-           console et encourage tes frères un à un…

-           fais toi aider par un compagnon si tu veux que ton signe soit plus crédible

-           fais appel à toute l’Eglise s’il le faut : aux petits voyants de Fatima, à tous ceux qui nous ont donné l’exemple du courage et de l’investissement dans la vie chrétienne, acceptant parfois de demander, au jour le jour,  le pain de ce jour.

 

La foi chrétienne nous dit que le courage que tu as trouvé auprès de Dieu dans l’épreuve – au moment où tout semblait s’écrouler – est un signe de la présence de Dieu au milieu de nous.

Cette présence est une force pour avancer aujourd’hui, elle est aussi le gage de notre résurrection et de notre vie éternelle. Nous vivons là quelque chose qui est plus fort que la mort.

Publié par Pierre Raffin dans Migrations - International - Rwanda, Non classé, sermon, Témoignage | RSS 2.0

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