22-04-2017

Dimanche de la Miséricorde

En présentant les récits évangéliques de la résurrection,  les dimanches après Pâques approfondissent le message de Pâques. Celui du 1° Dimanche après Pâques parle des plaies du Christ en Christ, témoignage d’amour pour les hommes.

Voici mon commentaire de l’Evangile de Jean.

Jean 20, 19-31

christ de Faustine

christ de Faustine 1935

L’Evangile de Saint Jean, en racontant l’ apparition de Jésus au soir de Pâques, puis huit jours après, comme c’est le cas pour nous lorsque nous nous réunissons le dimanche, présente une communauté qui risquerait de se refermer sur elle-même en cultivant le souvenir de Jésus…peut être espérant son retour.

Le témoignage que des femmes venaient de leur faire avait réveillé leur espoir. En attendant, il vaut mieux se cacher et attendre : wait and see. ..

Jésus vient les bousculer – et les délivrer de cette peur :

La Paix soit avec vous !

Il leur montre les blessures de sa passion. Au lieu de s’attrister et de se perdre en remords, ils sont remplis de joie en voyant le Seigneur.

Il y a quelque chose d’étrange dans ce qui se passe en eux :

-            la paix à la place de la peur

-            la joie à la place de la tristesse ou du désespoir.

 

Le sentiment de paix et de joie qui les envahit vient de leur rencontre avec le Seigneur – qui a traversé la souffrance et la mort provoquée par ses ennemis.

Ils osent regarder ces blessures qui ne leur inspirent pas d’abord de la compassion : elles leur paraissent rayonnantes.

Peut être leur est-il revenu ce verset du prophète Isaïe : « c’est par ses blessures que nous sommes guéris » (Isaïe 53, 5)

Il leur montre ses mains et son côté. De ce côté était sorti du sang et de l’eau (Jean 19, 34) quant le soldat l’avait percé de sa lance. Comme si le cœur du Christ était une fontaine où celui qui croit en Jésus peut aller puiser.

Comme les disciples au tombeau le matin : ils voient et ils croient.

Ils voient les blessures mais ils croient à ce que cela peut vouloir dire : ce qui se recueille de la souffrance du Christ sur la croix, c’est la vie nouvelle qu’il nous communique. Voilà ce qu’ils croient.

Le plus étonnant, c’est que ce retournement qui passe de la tristesse et à le la peur, à la paix et la joie de Pâques soit maintenu dans l’Eglise.

Cette première génération n’a cessé de se remémorer les Psaumes et l’ensemble de Écritures Bibliques pour mieux apprécier cette vie nouvelle du Christ ressuscité qui se répand sur le monde.

Le Psaume 118 (117) parle du futur roi David traqué dans la montagne de Judas par le roi Saül qui voulait le supprimer. C’est un scénario qui parle de la persécution d’un homme pourtant béni par Dieu et sauvé par lui. Il se termine par un chant d’action de grâces :

On m’a bousculé pour m’abattre, ce n’était qu’un feu de ronces autour de moi, mais le Seigneur m’est venu en aide : la pierre rejetée par les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle. C’est là l’œuvre du Seigneur, c’est une merveille à nos yeux.

 

Seulement voilà : Thomas, l’un des 12, n’était pas là.

Les autres ont vu et ont cru.

Il sont vu quelque chose de significatif par rapport à ce qui les tourmentaient : la mise à mort de Jésus et avec elle, la perte d’une amitié et de l’espérance qu’ils avaient mise en lui.

Ils ont cru : ce qu’ils voyaient leur suggérait autre chose : la révélation de l’amour de Dieu pour les hommes et l’assainissement qui était promis par l’eau et le sang du Christ qui se répand sur le monde.

Et Thomas conclut : « vous avez vu et vous avez cru, eh bien moi, je n’ai pas vu et je ne crois pas ! »

Cet homme là nous ressemble beaucoup.

 

détail logo miséricorde

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C’est en nous imprégnant de la foi des premiers disciples que nous pouvons nous guérir de notre incroyance.

 

La communauté chrétienne cherche à répondre à l’invitation du Christ en se réunissant chaque semaine. Non pour nous enfermer, mais pour nous imprégner de sa vie toujours nouvelle, trouver le courage de sortir pour la répandre et l’accueillir ailleurs, en rencontrant nos frères et sœurs en humanité avec un regard qui comprend et qui aime.

 

 

 

Publié par Pierre Raffin dans mystique, Vie d'Eglise | RSS 2.0

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