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20-01-2017
Ces évènements qui bousculent : l’accueil des réfugiés syriens à Toulouse
Voilà déjà plus d’un an, une religieuse habitant un bâtiment prêt à être démoli au quartier des Izards à Toulouse. Elle entend de nuit des coups violents sur les murs du bâtiment voisin prêt à être démoli. C’étaient des réfugiés syriens qui venaient le skater. Ils étaient 140 !
« Quand j’ai entendu frapper si fort, dit-elle, il m’est venu ce mot du Christ dans l’Apocalypse : voici que je me tiens à la porte et je frappe. Cette fois, il a frappé fort ! »
Depuis ce temps, il ne cesse de frapper pour elle… un peu moins fort, peut être.
Les sœurs de sa petite communauté ont rapidement fraternisé avec ces nouveaux venus. Les services à rendre ne manquaient pas. Mais voilà que les HLM font évacuer ces nouveaux venus…
Des associations de Toulouse qui défendent le Droit au Logement se sont mobilisées et ont obtenu des solutions provisoires.
Des gens du quartier et des assistants sociaux se sont mobilisés aussi pour aider au jour le jour ces gens à reprendre pied : établir des dossiers pour défendre leurs droits, aider les enfants à rejoindre une école, laquelle n’est pas adaptée aux primo arrivants qui ne connaissent pas la langue.
Une association s’est créée, devenue « le cercle des voisins », pour aider ces personnes à faire leurs premières démarches, et aussi ressentir la chaleur d’un accueil.
Le cercle des voisins se réunit sur la place du marché autour d’une boisson chaude. Les gens vont et viennent apporter leurs nouvelles. Chacun met ses talents à la disposition pour trouver un commencement de solution. Ce sont souvent des retraités qui en connaissent un rayon sur la prise en charge mutuelle dans le quartier, classé zone sensible.
Parmi eux, Violette de Toulouse, c’est son nom d’artiste, retraitée de l’enseignement, réalise de grandes silhouettes au fusain, représentant ces personnes de tous âges et toutes conditions sociales, privées de tout, enfermées dans leur situation comme dans une prison. Pourtant leur regard exprime la protestation plus que leur désarroi !
Une équipe d’ACO (Action Catholique Ouvrière) du voisinage et les chrétiens du quartier, à commencer par le prêtre Georges, ont souhaité manifester ce que représente aujourd’hui l’Enfant de Bethléem qui naît et ne cesse de naître, dans des conditions d’errance : les parents doivent se déplacer de Nazareth en Galilée à Bethléem en Judée, pour s’enfuir ensuite en Egypte… Cette histoire est connue des musulmans. De fait, certains ont joué un rôle, notamment comme interprète dans la chaîne de solidarité.
Une après midi de partage au lieu le 15 janvier dernier dans la chapelle qui sert d’abri à la communauté chrétienne du lieu.
Ce moment a été bouleversant d’émotion.
Témoignage d’Anne Marie, la religieuse, que la vie des migrants syriens ne quitte plus. Puis témoignages des travailleurs sociaux interpellés par la précarité de ces personnes et aussi les tendances de l’administration, et souvent du personnel « qui croient avoir affaire à des statistiques plutôt qu’à des personnes », des mots aussi qui font mal de la part du personnel chargé des expulsions…
Témoignages de beaucoup d’autres qui ont pris la parole. Le mot dignité prenait chair pour eux, aussi bien à travers les situations subies par ces personnes que par les lueurs qui apparaissent dans leurs yeux lorsqu’un peu d’espoir commence d’être entrevu.
Des réfugiés plus anciens ont pu exprimer comment ils avaient été bouleversés par ce partage parce que c’était leur histoire qui remontait en eux : histoires de ruines, de guerres, de larmes, de sang… et aussi de gestes de solidarité qui ont permis de vivre et d’espérer encore.
Les membres de l’ACO ont pu exprimer comment de près ou de loin, y compris lorsqu’ils participent à des collectifs de type syndical ou politique ou associatif, ils prennent le relais de ces réponses qui s’ébauchent dans le quotidien de nos vies. Ils étaient dans leur mission en proposant ce partage : un moment où l’on s’assied pour rappeler ce qui s’est passé, dire comment on a été touché et interpellé au fond de soi même, échanger, chercher, découvrir ce qu’il y a de beau à se reconnaître enfants de Dieu, responsables les uns des autres, réconfortés en cela par le pape dans son engagement sur les problèmes de l’immigration dans le monde. Il y a des réalités de souffrances qu’on ne veut pas voir, des causes qui concernent l’égoïsme vécu jusqu’au plan international. Il y a la lumière du Christ qui promet un avenir à tous nos efforts de fraternité.
C’est ce que nous commençons de ressentir lorsque nous prenons le temps de partager et de prier ensemble
Publié par Pierre Raffin dans Action Culturelle, Migrations - International - Rwanda, Non classé, Témoignage, Vie d'Eglise | RSS 2.0






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