02-08-2016
La mort d’un prêtre
Une belle église gothique, un prêtre âgé et quelques vielles personnes qui continuent leur mission de prière, comme des lampes qui, dans l’obscurité de l’église, persistent à entretenir leur petite lueur.
Il fallait deux terroristes déboussolés venues s’acharner sur ces vielles personnes pour que tout le monde s’aperçoive que la prière existe, que même modeste, elle a peut être un sens.
La prière en continu, dont certains chrétiens donnent l’exemple, est regardée souvent comme une habitude passée de mode, mais l’évènement si scandaleux, lâche et atroce vient tout à coup rendre sympathiques ces gens qu’habituellement on oubliait.
On a vu des inconnus déposer leurs fleurs, leurs bougies, leurs poèmes et leurs larmes devant l’image du Père Jacques : c’était leur prière…
Quand le mal est fait, il reste encore cela : un sentiment d’injustice, d’amitié, de compassion, une protestation pour dire qu’il y a quelque chose à faire, que tout n’est pas fini, du moins si nous le voulons bien.
Jésus a aimé ces gestes spontanés qui montrent que la foi, que l’on croyait éteinte ou inexistante, est enracinée au fond de nous-mêmes et peut nous surprendre.
En s’informant un peu on apprend quel était ce vieux prêtre, qui n’était pas si vieux, tant il était attentif à la vie des gens, heureux même d’avoir vieilli car cela lui donnait le temps de s’intéresser à tout ce que d’autres ne prennent même pas la peine de regarder : parce ce que « l’on n’y peut rien », par ce qu’ « on ne peut pas soulager toute la misère du monde ».
Il aurait répondu : « Bien sûr, mais on peut toujours commencer à faire quelque chose! »
Un homme de plus de 80 ans peut vous apprendre encore la jeunesse du cœur !
Et voilà que celui qui s’était effondré dans une flaque de sang, victime de la guerre du terrorisme, redevient vivant à nos yeux et nous interpelle même. On entend le message, même si l’on n’ose pas trop y croire.
Dans ce moment si émouvant, des chrétiens ont voulu réinterroger leur foi et aussi la partager. On retrouvait ainsi comment, d’après la Bible, des attitudes toutes simples de don de soi et de fraternité peuvent devenir des actes de martyre, des témoignages poussés jusqu’à la limite de sa propre existence.
C’est ce qu’écrivaient des juifs persécutés autrefois à Alexandrie peu de temps avant la naissance de Jésus :
« La vie des hommes justes est dans la main de Dieu
Aucun tourment n’a de prise sur eux.
Leur départ de ce monde a passé pour un malheur, on les croyait anéantis…
Aux yeux des hommes ils subissaient un châtiment,
Mais par leur espérance ils avaient déjà l’immortalité…
Car Dieu les a mis à l’épreuve et les a reconnus dignes de lui.
Comme on passe l’or au feu du creuset il a éprouvé leur valeur
Commun sacrifice offert sans réserve, il les a accueillis » (Livre de la Sagesse ch 2 et 3)
L’image d’Epinal du vieux prêtre célébrant la messe avec quelques fidèles a été soudain décapée par la cruauté de l’histoire.
L’angoisse sournoise que provoquait le terrorisme a soudain été relayée par un sursaut de dignité.

dimanche 31 JUILLET 2016 cathédrale d’Orléans
Les fidèles présents, musulmans et catholiques, ont salué ce rassemblement hautement symbolique et fraternel.
Nous condamnons toute forme de maltraitance, d’assassinat, d’agression, de meurtre, ou d’attaque terroriste. L’Islam est une religion de paix.
Pour combien de temps ? Le temps que d’autres se ressaisissent et entre dans cette nouvelle confiance que donnent les vrais témoins – qui s’étonnent eux-mêmes d’être relayés par un peuple de croyants.
Publié par Pierre Raffin dans mystique, Témoignage, Vie d'Eglise | RSS 2.0
Une Réponse à “La mort d’un prêtre”
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Mon Père,
je me permets de prendre contact avec vous dans le cadre de recherches généalogiques car je suis (quasiment) certaine que ma mère, Elisabeth RAFFIN (20/02/1932 – 28/03/2015), épouse de Bernard MARTY, fille de Lucien et Marie-Louise RAFFIN, était votre cousine.
En effet, mes recherches sur le net m’ont amenée à réaliser que vous êtes très vraisemblablement le frère de Soeur Madeleine RAFFIN, elle aussi décédée l’an dernier l’an dernier, dont j’ai entendu parler à maintes reprises.
Mon oncle Emmanuel RAFFIN, un autre de vos cousins, m’a transmis les informations qu’il a collectées concernant la branche RAFFIN-LAHAYE, mais il manque encore beaucoup de noms et de dates.
Accepteriez-vous de m’aider à les compléter, voire de me transmettre des photos anciennes scannées de vos parents ou vos grands-parents RAFFIN (mes arrière grands parents) par exemple ?
Si tel est le cas, je vous remercie vivement par avance de prendre contact avec moi par mail.
Bien à vous,
Anne-Bénédicte BLANC (née MARTY)
Réponse : je suis bien content que ce blog serve à découvrir les antennes familiales.
Tu pourras lire l’article suivant qui concerne un membre plus lointain de notre famille, le colonel Birot mort les derniers jours de la guerre 14-18 !
A bientôt
Pierre RAFFIN