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10-07-2016
Le Christ Bon Samaritain
Luc 10, 25-37
Si nous avons le souci de lire en Eglise cette immense parabole, nous sommes attentifs au dernier mot du scribe venu interroger Jésus : « est devenu le prochain, celui qui a exercé la miséricorde avec le blessé. »
Le pape François a convoqué toute l’Eglise pour être attentive à ce mot dans notre situation de chrétiens du XXI° siècle.
Il a parlé des œuvres de miséricorde, matérielles et spirituelles.
Il a parlé de la Miséricorde de Dieu envers nous… qui nous invite à l’imiter sur ce chemin.
Il a parlé de ce que cela produit en nous lorsque nous nous efforçons d’exercer cette miséricorde.
La miséricorde s’oppose à la dureté de cœur qui attristait Jésus : « navré de l’endurcissement de leur cœur » (St Marc ch 3)
Il a parlé de la Porte à franchir par en pèlerin.
Certains parmi nous ont franchi cette Porte à Lourdes. Ce qui était important, c’était de la franchir ensemble, parce que nous reconnaissions ainsi une fraternité qui nous donne du courage sur le chemin de notre foi.
La fraternité chrétienne vécue dans l’Eucharistie nous renvoie tout droit à notre baptême, c’est pourquoi il y a des vasques où chacun peut se signer.
C’est une façon de valoriser la demande de pardon au début de la messe : « Que Seigneur tout puisant nous fasse miséricorde… » Nous entrons dans le monde gratuit de l’amour de Dieu pour les hommes.
Le but de l’Année Sainte est de permettre à chaque chrétien de faire un nouveau pas pour entrer dans le Mystère de la Miséricorde de Dieu pour nous : la tendresse de Dieu qui se développe en pardon inconditionnel, en confiance, en proposition de se mettre debout, et finalement en appel à devenir ce que nous sommes : à l’image de Dieu.
Si vous allez à Chartres, ne manquez pas de vous arrêter devant le Vitrail du Bon Samaritain. Jésus, le Bon Samaritain, reconduit l’humanité blessée vers sa demeure, le Paradis, le lieu qui lui était destiné pour achever sa route dans la communion parfaite avec ce Dieu d’amour qui lui a été révélé en Jésus Christ.
Ces artistes théologiens nous amènent à comprendre le mystère de Dieu en le replaçant dans cette histoire globale que veut rappeler l’année de la Miséricorde.
C’et bien l’humanité de notre temps et celle des temps à venir qui est prise en charge par Dieu, celle qui est assaillie par tous les doutes, les tentations de repli individualiste et finalement l’oubli de celui qui peut lui apporter le salut.
Nous sommes porteurs de ce message : « Nous sommes aimés par Dieu, nous avons bien un avenir. Mais cet avenir passe aussi par la Porte de notre cœur qui doit apprendre la miséricorde vis-à-vis de ses frères.
Cette attitude de miséricorde passe par des gestes concrets d’accueil, de sensibilité réelle aux blessures de nos contemporains.
Nous sommes par vocation des signes du pardon, de la miséricorde, de la bienveillance de Dieu vis-à-vis de tout homme.
Il faudrait que les gestes vécus en église, comme le repas partagé nous serve d’inspiration. A l’un de ces repas, une femme seule, marocaine, qui se débat avec ses enfants déjà adolescents disait que l’un d’eux voulait venir avec elle. Elle lui avait répondu : « non, j’ai besoin d’avoir ce temps pour moi. » Elle appréciait ce repas comme un temps où l’on échange librement, où l’on aperçoit les idées et les exigences de vie reconnues par chacun. C’était, en fait, un lieu où sa dignité pouvait être mieux envisagée.
L’année sainte, c’est la découverte vécue par chacun qu’il a des ressources en lui pour panser les blessures de l’humanité.
Cela nous demande aussi l’ouverture à l’Esprit de Dieu qui nous demande d’accepter une certaine improvisation. Non pas que nous n’ayons rien prévu mais nous sommes capables de nous adapter à l’inconnu qui vient nous déranger.
Cette année se terminera bientôt avec la fête du Christ Roi, lui qui nous convoque tous à être les artisans de son Royaume. Le hasard des lectures bibliques de ce dimanche nous fait envisager le Christ Bon Samaritain comme celui qui d’après l’hymne de Saint Paul dans la Lettre aux Colossiens est l’Image du Dieu invisible, le Premier Né de la Nouvelle Création dont il est le centre. Tout a été fait par Lui et pour Lui.
Il vaut mieux terminer avec les paroles du pape :
« C’est le 20 novembre 2016, en la solennité liturgique du Christ, Roi de l’Univers, que sera conclue l’Année jubilaire. En refermant la Porte Sainte ce jour-là, nous serons animés de sentiments de gratitude et d’action de grâce envers la Sainte Trinité qui nous aura donné de vivre ce temps extraordinaire de grâce. Nous confierons la vie de l’Eglise, l’humanité entière et tout le cosmos à la Seigneurie du Christ, pour qu’il répande sa miséricorde telle la rosée du matin, pour une histoire féconde à construire moyennant l’engagement de tous au service de notre proche avenir. Combien je désire que les années à venir soient comme imprégnées de miséricorde pour aller à la rencontre de chacun en lui offrant la bonté et la tendresse de Dieu! Qu’à tous, croyants ou loin de la foi, puisse parvenir le baume de la miséricorde comme signe du Règne de Dieu déjà présent au milieu de nous. » (Le Visage de la Miséricorde n°5)
Publié par Pierre Raffin dans Action Culturelle, sermon, Vie d'Eglise | RSS 2.0








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