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24-11-2015
Ton Peuple cherche ta Parole
De mois en mois, les agressions terroristes se succèdent sur notre sol et réveillent des sentiments de compassion et d’insécurité. Nous apercevons tout à coup la fragilité de notre vie démocratique aussi bien que notre attachement profond aux valeurs qui la fondent. Nous avons besoin de les exprimer.
En le faisant, chacun prend encore mieux conscience d’être rattaché par des liens invisibles à une foule d’être humains.
Beaucoup ont répondu à l’appel de l’Evêque de Toulouse et se sont rendus le soir du 16 novembre à une célébration qui réunissait des croyants chrétiens, juifs, musulmans dans ce lieu symbolique qu’est la Cathédrale Saint Etienne.
On a lu le passage du 2° chapitre de la Bible qui raconte le meurtre d’Abel par son frère Caïn. Cette vieille histoire, racontée à la manière des mythes de l’Antiquité, fait comprendre que le problème du mal et de la violence est aussi vieux que l’humanité.
Ce jour là, le mythe devenait une parole vivante. L’homme qui l’écoute accepte tout à coup de recevoir une Parole venant de Dieu, alors que dans sa vie habituelle il passe le temps à douter de son existence.
Il accepte de se laisser interroger par le mensonge de Caïn qui vient de tuer son frère : « Suis-je le gardien de mon frère ? ». Eh oui, j’ai une mission vis-à-vis de mon frère, et je l’ai peut être oubliée !…
« Le mal restera comme une bête tapie à ta porte »… et tu mettras beaucoup de temps à t’en délivrer !
Oui, le mal existe. Que signifie ce compagnonnage, à certains jours infernal, avec la vie des hommes ?
La suite de l’histoire biblique montre que ce n’est pas une fatalité : il y a un chemin de libération, et c’est Dieu lui-même qui nous y fait entrer.
Tu dois accepter cela : te laisser remettre en question, ne pas mépriser cette main tendue qui soutiendra ton courage.
L’Evêque a fait remarquer pour conclure que le grand rétable de marbre qui orne le chœur de l’église avait été illuminé de teintes bleu, blanc, rouge… comme la Tour Eiffel, comme le Christ de la baie de Rio de Janeiro. Cette lumière tricolore symbolisait les valeurs de Liberté, Egalité, Fraternité que la France a propagées dans le monde.
Il aurait pu continuer en rappelant que ce rétable représente la lapidation de Saint Etienne, le premier martyr chrétien. Etienne a eu conscience de mourir comme le Christ, redisant la même espérance que lui et lui demandant sa force.
Un jeune homme, nommé Saul, qui était d’accord avec l’exécution, gardait les vêtements de ceux qui lapidaient Etienne. Le même Saul est devenu Paul, l’apôtre de Jésus pour les nations païennes.
Que peut-il sortir des soubresauts de l’histoire, si nous la mettons comme Etienne entre les mains de Dieu ?
Pierre RAFFIN
Publié par Pierre Raffin dans Migrations - International - Rwanda, Patrimoine artistique, Vie d'Eglise | RSS 2.0







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