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15-11-2015
Les spiritualités au secours de la Planète
Sermon pour le 15 Novembre 2015
J’avais préparé ce sermon en pensant aux inquiétudes sur l’avenir de la planète qui vont faire l’objet de la COP 21.
Les attentats du 13 novembre à Paris nous ramènent sur le même sujet : le renforcement des mesures sécuritaires suffit-il à écarter les causes de ces actes de violence ? Le combat qui est à mener n’a-t-’il pas une dimension spirituelle ?
Marc 13, 24-32 (évocation de la fin du monde)
Dans les jours qui précèdent la Passion, Jésus parle de ce qui se passe comme d’une angoissante transition.
On peut retenir l’image du figuier qui ne donne pas de fruit et se dessèche, puis voilà de jeunes bourgeons qui annoncent une nouvelle saison.
Entre temps, des choses terribles se passent qui évoquent la fin des vieux temps.
Le passage de Jésus par la souffrance et la mort est de cet ordre là.
Jésus applique à sa vie et à son œuvre d’annoncer l’Evangile, l’image d’une angoissante venue au monde.
« Le monde ancien s’en est allé,
un nouveau monde est déjà né ».
Mais pour cela, il faut qu’un passage s’accomplisse. L’Evangile accentue le caractère dramatique de ce renouvellement du monde.
Il y a dans le déroulement de la vie du monde quelque chose d’imprévisible. C’est ce que la Bible suggère, nous vivons nous aussi des temps difficiles, peut être de plus en plus difficiles.
Une publicité appelant à l’engagement par rapport aux problèmes de l’environnement affirme que le problème, ce n’est pas la nature qui se dégrade car elle n’en sait rien, le problème, c’est nous qui le savons et en sommes parfois responsables.
Dans le même courant d’idées, le philosophe Dominique BOURG amène cette question au débat : « Les spiritualités au secours de la planète ? »
Il argumente son propos de façon intéressante en se plaçant du point de vue de tout ce qui peut contribuer à donner du sens : les mouvements politiques, les philosophies, les religions.
C’est ainsi qu’il parle des spiritualités qui peuvent sauver la planète.
Il y a longtemps que l’on n’avait pas entendu cela !
La seule expérience d’une action militante donne à apercevoir que l’on fait de la spiritualité sans le savoir, comme Monsieur Jourdain de la prose !
On est amené en effet, et c’est la doctrine sociale de l’Eglise, à faire des choix pour le bien commun, et cela se passe chaque fois que dans la vie quotidienne on relativise notre intérêt immédiat.
On est amené à rencontrer les autres, à débattre chaque fois que l’on sort de notre petite planète, à trouver du courage, à repartir en cas d’échec ou de contradiction.
Ces valeurs s’attachent à notre personne et nous font progresser, trouver d’autres raisons que la peur pour se décider à bouger…
Dominique BOURG est peut être chrétien, Il se place en tout cas au niveau de la philosophie.
Si nous sommes croyants en Jésus et si nous souhaitons partager notre foi, nous rencontrons tout de suite des gens pou nous dire : « il est probable que ces valeurs dont nous parlons sont issues de la foi chrétienne, mais nous serons pas chrétiens pour autant. Il suffira de recycler ces valeurs culturellement acquises dans le combat qui nous concerne tous pour l’avenir de la planète ! »
Avec cette provocation, nous avons à nous demander ce qui nous rattache vraiment au christianisme et comment la foi en Jésus nous appelle à faire un nouveau pas dans la confiance et l’espérance.
Pour un chrétien, cette espérance a un visage et un nom : Jésus Christ qui a assumé en lui-même le chemin de l’humanité, ce chemin que nous vivons aujourd’hui avec ses doutes, ses fragilités, ses élans d’espérance, pour le faire déboucher sur un nouveau printemps.
L’histoire du figuier qui se dessèche n’est-elle pas la figure de nos rêves un jour engloutis, du passage par le vide, de l’épreuve de la contradiction… tout ce qui est en réalité le climat où s’expérimente la foi.
Mais le figuier redonne ensuite des bourgeons imprévus : on est entré dans une nouvelle saison, le monde nouveau dans lequel le Christ nous entraîne par sa résurrection.

Le Bon Samaritain Van Gogh
A la différence de la Nuit des Etoiles,il y a une partie lumineuse dans le tableau. Une source d’eau pure établit la frontière
L’année de la Miséricorde qui commence nous dit que la foi en Jésus ne nous ouvre pas seulement sur une espérance meilleure, elle nous affirme que nous avons pour vocation d’être des visages de la Miséricorde de Dieu qui entretient l’espérance.
La rencontre du Christ que nous renouvelons dans les sacrements nous imprègne d’une nouvelle vie pour aujourd’hui et pour demain.
Entretien avec Dominique BOURG– Revue Projets
Pour le philosophe Dominique Bourg, nous n’éviterons pas la catastrophe écologique. Il est donc urgent de se préparer à l’affronter. À cet égard, les spiritualités offrent de vraies ressources pour résister.
Face aux enjeux environnementaux, la démarche spirituelle est-elle un simple palliatif, un engagement en désespoir de cause ?
Nous avons besoin d’un véritable sursaut spirituel pour affronter ces enjeux. Mais ce qui nous arrive est aussi un défi à la spiritualité, un défi énorme pour la production de sens.
Publié par Pierre Raffin dans Action Culturelle, Laïcité, Patrimoine artistique, sermon | RSS 2.0
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Vincent Van Gogh était fils de pasteur protestant et s’est préparé à une vie missionnaire auprès des mineurs du Hainault en Belgique Voir : http://mistraletnoroit.free.fr/IMG/pdf/Vincent_Van_Gogh_au_Borinage_Belgique_.pdf
« « Tu sais qu’un des principes, une des vérités fondamentales, non seulement de l’Evangile, mais de toute la Bible, est que la lumière brille dans les ténèbres.
Par les ténèbres vers la lumière. Or, qui en a davantage besoin à l’heure actuelle ? L’expérience a prouvé que ceux qui travaillent dans les ténèbres, dans les entrailles de la terre, tels les ouvriers des mines, sont touchés par la Parole de l’Evangile et s’y attachent. Eh bien ! au sud de la Belgique, dans le Hainaut, des environs de Mons à la frontière française et même au-delà, il y a une contrée qu’on appelle le Borinage, où vit une population de mineurs et d’ouvriers de charbonnage… J’aimerais aller là-bas comme évangéliste… »
« Le pays me faisait penser aux toiles moyenâgeuses de Brueghel le Drôle et de tant d’autres qui ont su exprimer de façon émouvante l’effet typique du rouge et du vert, du noir et du blanc. Ce qu’on voit ici me rappelle constamment l’œuvre de Thijs Maris et d’Albert Dürer, par exemple.
Il y a des chemins creux bordés de broussailles et d’arbres tordus aux racines enchevêtrées, qui ressemblent parfaitement au chemin de l’eau-forte de Dürer : « Le chevalier et la mort ».
« La neige qui est tombée ces jours derniers donne à l’ensemble l’aspect d’une feuille de papier blanc couverte d’écriture, telles es pages de l’Evangile… Il y a partout à la ronde de cheminées gigantesques et d’énormes tas de charbon à l’entrée des mines, nommées charbonnages… Il a dégelé cette nuit. Je ne saurais dire combien le pays est pittoresque par ce temps, lorsque la neige fond et que les champs noirs portant le vert du blé d’hiver réapparaissent…»
(Lettre à Théo, 26 décembre 1878)
« À plusieurs reprises déjà, j’ai pris la parole en public, dans un local spacieux spécialement aménagé en vue de réunions religieuses
. J’ai parlé également dans des réunions tenues le soir dans des maisons ouvrières. J’ai commenté entre autres la ressemblance entre le grain d’ivraie, le figuier stérile et l’aveugle-né. À Noël, j’ai évidemment parlé de l’étable de Bethléem et de la paix sur la terre… »
(Lettre à Théo vers 1880)