02-10-2015
L’étape II du Synode sur la famille
Marc 10, 2-16
Aujourd’hui reprend à Rome le Synode sur la Famille.
Le désir du pape est de donner plus de dynamisme et de sens à ce que nous vivons tous les jours.
Une paroissienne vient de faire un séjour à l’hôpital. A cause de son naturel sympathique, le personnel infirmier aimait s’attarder dans sa chambre.
Ils ont écarquillé leurs yeux lorsqu’elle leur a annoncé qu’à la sortie, ils allaient fêter avec son mari leur 50 ans de mariage !
Surtout si l’on n’a pas le soutien fraternel d’une communauté croyante, une telle durée dans la complicité et l’amour apparaît de l’ordre de la légende d’un passé lointain.
On peut dire que Jésus a mis la dragée haute :
« Homme et femme il les créa. Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni. »
Les premiers chrétiens ont vu dans la vie de mariage et ses prolongements dans les enfants, une manière de suivre le Christ dans ce qu’il a d’exigeant comme dans les bonheurs simples qu’il traduit lui-même en accueillant les enfants, les cajolant, les bénissant, les supportant… en les aimant.
Le pape invite à s’asseoir pour accueillir cette expérience de vie que nous avons reçue.
C’est un peu la manière de faire de Jésus : on vient lui poser une question sur le divorce : il ne répond pas directement, mais il invite les auditeurs à réfléchir :
« Voyons, au commencement, dans la pensée de Dieu lorsqu’il créa le monde », qu’est-ce qu’il voulait, où voulait-il en venir ?
Est-ce que la découverte- pleine d’admiration- de la création ne nous dit pas quelque chose ?
Les auteurs des premières pages de la Bible placent l’homme devant l’univers déjà créé, et l’homme donne un nom à toute chose.
L’homme en question, c’est déjà le savant qui classe, observe, étudie, cherche à transformer.
Mais comment va-t-il faire pour s’observer et se comprendre lui même ?
« Et Dieu fit descendre sur lui un profond sommeil. »…
C’est dire que l’homme, habitant de la nature, n’arrive pas à s’expliquer lui-même.
Il y a un mystère dans sa vie qui ne peut s’approfondir que par la rencontre de l’Autre. Ainsi s’explique ce cri d’admiration : « celle-ci est la chair de ma chair » !
Nous recevons ce précieux cadeau de la tradition biblique comme une invitation à vivre dans l’action de grâce et la confiance dans l’avenir.
Malheureusement nos mentalités d’hommes et femmes de ce siècle ont de la peine à entrer dans cette perspective. On nous reproche d’habiter des idéaux trop lointains pour que cette réalité mystérieuse de l’être humain puisse nous intéresser.
Par ce synode, dans lequel il invite le monde chrétien à s’impliquer, le pape nous invite à aborder ces réalités dans un esprit de dialogue : il faut admettre que toutes les civilisations n’ont pas la même conception de l’amour et du mariage… Aujourd’hui, les rudes conditions de vie, la grande mobilité, les difficultés pour les jeunes d’avoir un emploi, la possibilité de maîtriser mieux la fécondité, l’injuste répartition des richesses, ne nous incitent pas à regarder l’univers autour de nous et notre propre vie comme un cadeau plein de mystère, que chacun peut accueillir avec le cœur plein de reconnaissance et de dynamisme.
Les chrétiens de chaque génération ont la mission de partager la Parole de Dieu avec leurs contemporains dans des termes qui soient compréhensibles par eux… et, demande le pape, avec honnêteté, c’est-à-dire en étant prêts à remettre en question certaines manières de voir de nos prédécesseurs.
Jésus nous en donne l’exemple : alors que ses contradicteurs viennent poser une question qui pourrait bien être un piège : « Est-ce que un homme a le droit de renvoyer sa femme ? » Jésus répond en invitant ses auditeurs à ne pas se demander d’abord ce qui est permis ou défendu, mais plutôt à comprendre par nous mêmes la volonté de Dieu, son désir qui est de nous permettre une vie faite de découverte et de respect mutuel et qui trouve à son tour son soutien dans l’institution du mariage.
Le pape met en avant un deuxième mot : la Miséricorde. Ce mot implique que le Seigneur va nous montrer un chemin, mais qu’il prend son temps avec nous.
Dialoguer avec humanité signifie avoir un idéal, une joie à nous rappeler la tendresse de Dieu pour nous, et aussi avoir la conscience de nos propres limites, qui nous amène à comprendre les autres au lieu de les écraser.
Les évêques poursuivent un débat qu’ils ont commencé il y a un an. On verra s’y affronter plusieurs tendances de la communauté chrétienne. Ils n’arriveront pas à une unanimité parfaite.
Par ce débat, nous montrerons que plus que le plaisir secret d’avoir raison ou d’être meilleurs que nous frères, nous avons le souci d’écouter leurs questions et tout aussi bien d’être fidèles à la Parole qui nous a construits.
Publié par Pierre Raffin dans Formation, sermon, Vie d'Eglise | RSS 2.0






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