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24-06-2015
Madeleine RAFFIN 16 fev 1933 – 3 Juin 2015
Madeleine nous a quittés. Elle a tenu ces dernières années par son courage à se soigner, et bien sûr l’aide, la compétence et la disponibilité de son entourage : famille, amis, personnel soignant, communautés chrétiennes
Nous avons reçu des témoignages marquants les étapes de sa vie.
Elle a commencé sa carrière d’enseignante tout en continuant ses études, d’ailleurs brillantes, en mathématiques. Il ne fallait pas tarder à aider notre mère qui avait perdu en peu de temps un fils handicapé et ensuite son mari. Elle n’arrivait plus à assumer la charge de ses plus jeunes enfants et elle donnait les premiers signes d’un handicap moteur.
Nous sommes en Mai 68, le temps des projets et des remises en cause. Madeleine est professeur de mathématiques au Lycée Technique de Mazamet. Elle vit intensément les évènements avec le SGEN, branche enseignante de la CFDT. Les membres de la fratrie sont casés, elle se voit prête à se consacrer à un projet d’Eglise au service du Tiers Monde. Ce sera le Rwanda. Ses amis lui promettent d’être ses financiers…
Pendant 30 ans, elle y déploiera ses qualités d’adaptation et d’invention au service d’un peuple qui n’a pas tardé à l’adopter. C’est ce que racontera son Livre publié en 2005 : « Le Rwanda, un autre regard. »
Le retraite venue, Madeleine accepte de prendre la responsabilité de la Caritas dans le nouveau diocèse de Gikongoro.
Nous sommes en plein dans la guerre civile, commencée en 1990, qui se terminera dans un génocide.
Elle fait preuve de courage, de lucidité, de sens de l’action commune, jusqu’au jour où elle est expulsée par les nouvelles autorités.
Condamnée à l’exil, Madeleine tente depuis la France d’organiser la solidarité en faveur des plus petits, notamment des enfants, ainsi que de ceux qui sont poursuivis injustement, soutenue par ses Amis toujours fidèles. Avec elle, ils ne pouvaient qu’être eux aussi, « Amis du Rwanda », ou « Amis de Gikongoro », sa ville d’élection.
Les années d’exil lui ont valu de se rapprocher du Club Humaniste, autrefois fondé par des amis enseignants, soucieux de partager dans le dialogue sur leurs raisons de vivre, d’espérer, de croire ou de ne pas croire.. A cause de son engagement durable et sans faille au service du développement, de la paix et de la justice, on lui confiait toujours le mot de la fin où elle exprimait avec concision les valeurs apportées par les intervenants. Pour le dernier, réfugié politique d’origine syrienne, psychiatre presque autodidacte, ancien musulman devenu agnostique, toujours prêt à s’engager pour la liberté et la justice, elle a martelé un éloge qui aurait pu être le sien : « Vous êtes un humaniste d’honneur ! »
Il ne lui restait que quelque semaines à vivre. Elle les a vécues dans la lucidité et la foi en Dieu qui lui étaient coutumières, le souci de préserver son autonomie et l’avenir des projets qu’elle portait.
A quels rivages était-elle prête d’aborder ? Qui entraînait-elle dans son exode ?
Le jour de ses obsèques, à l’Eglise Sainte Germaine à Toulouse
, au tombeau puis à la résidence familiale, ses amis étaient là pour l’accompagner et lui dire qu’ils avaient reçu son témoignage.
Impossible d’oublier ces moments d’émotion qui ressemblaient à une fête de l’Espérance.
Publié par Pierre Raffin dans Action Catholique, Laïcité, Migrations - International - Rwanda, Non classé, Témoignage | RSS 2.0












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