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15-04-2014
L’arbre des justes
Nous avons planté en l’an 2 000 dans notre jardin de Saint Lieux un cèdre pour honorer le Père Augustin MISAGO qui venait de ressortir vivant et acquitté après 18 mois de séjour dans les prisons du Rwanda.
Ce geste l’a touché car il venait inspecter son arbre à chacun de ses passages dans notre région. Après la 2° guerre mondiale, les juifs ont planté une forêt en l’honneur des Justes des Nations, ceux qui, appartenant à une autre nation que la leur, les avaient pourtant défendus au péril de leur vie.
Le Père MISAGO était évêque de Gikongoro au Rwanda, tandis que me sœur Madeleine participait avec la Caritas au secours des réfugiés. Payant une rançon pour l’un, abritant l’autre, transportant ceux qui le lui demandaient, démarchant les nouvelles autorités afin qu’elles épargnent leurs vaincus, demeurant auprès de ces populations dont il avait la responsabilité en tant qu’Evêque.
Dans une situation de guerre civile, ces gestes devenaient des actes héroïques.
En ce début de Semaine Sainte où l’on commémore un Juste persécuté, on peut se demander pourquoi le Père MISAGO a été accusé publiquement par le président de son pays et quelques jours plus tard mis en prison. Pendant le temps de liberté qui lui restait, il a envoyé un message à ses amis :
« Le Seigneur est ma lumière et mon salut ».
C’est le début du Psaume 27 que les chrétiens méditent pendant la Semaine Sainte.
Peut être avait –il en mémoire la fin de ce psaume :
« De faux témoins se sont levés contre moi, ils soufflent la violence.
Je le crois, je verrai la bonté du Seigneur sur la terre des vivants.
Espère en Dieu, prends cœur et prends courage. Espère en Dieu » ?
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Son espérance était bien sûr de sortir vivant de cette épreuve, obtenir un espace de paix pour son peuple, mais aussi « une terre des vivants » promise à ceux qui ont su donner un peu de leur vie pour leurs frères.
Beaucoup de gens qui prétendent commémorer le génocide rwandais se bornent à ressusciter des images de sang. Je voudrais pour ma part rappeler le souvenir de toutes les victimes et aussi de tous ceux qui modestement ou publiquement se sont dépensés pour la survie de leurs frères.
Publié par Pierre Raffin dans Biographie, Migrations - International - Rwanda | RSS 2.0








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