13-03-2014

Les Béguines de Sainte Marie des Anges

 

Le 8 Mars, la Journée de la Femme a oublié Marguerite PORETE, brûlée vive en 1310 pour avoir écrit ces mots :

 

Vertus, je prends congé de vous

pour toujours

J’en aurai le coeur plus libre

et plus gai

Votre service est trop constant

je le sais

.J’ai mis un temps mon coeur en vous

Sans rien me réserver

Vous savez que j’étais à vous,

tout entière abandonnée

J’étais alors votre esclave,

           j’en suis maintenant délivrée

4859C06F

 

 

Tout le monde savait que cette noble dame avait une vie pourtant très austère. Elle appartenait à un mouvement religieux laïc du Moyen Age qui prétendait vivre la recherche de Dieu sans s’embarrasser de l’autorité d’un supérieur religieux. On les appelait les Béguines.

On a brûlé en même temps son livre : « Le miroir des âmes simples et anéanties » où l’on trouve ce poème. Elle dit qu’elle ne peut se satisfaire de la bonne réputation que ses vertus pourraient lui prêter mais qu’elle veut plutôt se donner à la rencontre du pur amour en la personne de Jésus Christ.

« Sire Amour aime et aimera en moi »

Ces Béguines étaient probablement là au moment de la construction de l’église Sainte Marie des Anges au XV° siècle. Elles se délectaient de la Parole de Dieu que l’on pouvait maintenant livre seul dans un livre. La plus riche avait offert une représentation de Marie accueillant l’annonce de l’ange tandis qu’elle lisait le livre de la Bible…

SMA Marie Annonciation

Des dignes descendantes de ces Béguines se réunissent tous les moi s pour livre l’Evangile dans un groupe qu’elles appellent Partage en Chemin.

En méditant le Notre Père à l’envers, elle s’aperçoivent  que Jésus passe de la recherche du pain à celle de la Parole. Qu’il veut nous libérer du mal, des mensonges qui nous sont proposés, pour vivre une autre expérience de liberté : « « je vis en dé-consommation totale pour partager ensuite ce que je ne dépense pas, m’ouvrir aux autres »…

Les tentations que le monde propose sont aussi une chance, elle sont une « épreuve sportive », où « l’on apprend à faire beaucoup de deuils, à vivre joyeusement avec Jésus ». C’est ainsi qu’elles envisagent leur Carême qui et une marche vers Pâques : un temps pris ensemble  ouvert sur des fêtes qui ont un sens si l’on croit en Dieu…

Publié par Pierre Raffin dans mystique, Patrimoine artistique | RSS 2.0

2 Réponses à “Les Béguines de Sainte Marie des Anges”

  1. Uwineza Nadine dit :

    Moi j’ai eu droit à une très belle explication de ce qu’était une béguine de la par de pierre, nul ne possède votre talent d’orateur . Très jolie blog

    • Pierre Raffin dit :

      Je reviens à la page 66 du livre de Marguerite PORETE, il s’agit d’un dialogue entre l’Amour et l’âme :
      L’âme : « Sire Amour aime et aimera en moi »
      Amour : Sauf votre révérence, je n’en suis pas là ! (A l’intention des auditeurs) : Nous dirons que Dieu aime mieux ce qui dépasse cette âme et qui est en lui que ce qui ne la dépasse pas et qu’elle est par elle même… Je dis plus encore : si cette âme avait toute la connaissance, tout l’amour et toute la louange qui furent et seront donnés pas la Trinité divine, ce ne serait encore rien à côté de ce qu’elle aime et aimera ».

      Si l’on s’intéresse à ces jongleries verbales qu’affectionnait le Moyen Age pour parler de Dieu, c’est que nous sommes aussi des béguins et des béguines.

      Bon courage Nadine.

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