19-12-2013

« Le bonheur est dans les prés »

Après presque 20 ans dans le secteur urbain de Jolimont-la Juncasse, on m’a demandé d’être curé dans la banlieue, à Villeneuve et à Frouzins.

église de Villeneuve Tolosane

église de Villeneuve Tolosane

Déjà Maurice PUECH m’y attendait et nous avons ainsi habité ensemble une vingtaine d’années. Maurice nous a quittés en 2003, emporté par un cancer. Nous avions le désir de constituer un secteur paroissial où l’on pourrait proposer une forme d’Eglise plus proche de la vie des gens des milieux populaires… souvent éloignés de la pratique religieuse.

Maurice avait un véritable sens du contact, c’est ainsi qu’il ne manquait jamais le marché de Cugnaux. Il m’a fait connaître des gens qui avaient une activité associative…Certains croyants en ont déduit qu’on ne s’intéressait pas à eux et ont demandé le renvoi de ces prêtres d’un mauvais genre.

J’ai été heureusement soutenu par notre doyen, Gérard LESTIENNE, qui a fait valoir que si certains chrétiens étaient partis ailleurs, d’autres pourraient peut être venir…

L’évêque a sagement conclu : « Je vous laisse une chance. » La chance a duré 20 ans de plus ! Nous avons vécu cette chance, certains diront cette grâce d’une nouvelle évangélisation. Le presbytère prenait un autre visage. Le jardin, avec ses vieux arbres était un lieu de partage. Les employés municipaux qui venaient pour l’entretien prolongeaient souvent leur activité avec le verre de pastis. La saison venue, la collecte des champignons occupait nos conversations, quand ce n’était pas les tableaux de rugby que Maurice peignait à ses moments perdus. On y parlait aussi du monde tel qu’ils le voyaient, du respect de la dignité de chacun dans son travail.

Maurice fréquentait la Cellule du parti Communiste où la vie locale était analysée selon les thèmes et les objectifs de ce parti, avec la culture populaire que le parti entretenait. L’Eglise n’y avait pas une bonne réputation et les curés y étaient considérés comme des gens qui cherchaient un pouvoir dans la société tout en s’entourant de mystère. Les communistes n’étaient pas les seuls à penser cela ! Tout le monde avait plaisir à vivre avec nous des relations qu’on ressentait franches et désintéressées. 

Lorsque j’ai quitté les lieux, deux ans après le décès de Maurice, l’évêque est venu rencontrer la communauté chrétienne pour la féliciter du travail accompli et l’encourager pour ce qui restait à faire. Il avait employé la comparaison « du corps qui a des articulations et des jointures ». Chaque chrétien est un lieu de jointure entre le monde qui l’entoure et qu’il a pour vocation d’habiter, et le Royaume de Dieu qu’avec l’aide de la communauté il expérimente déjà et apprend à espérer.

écusson VTDans chacune des municipalités, nous avons vécu des évènements culturels, tels que le jumelage de la commune de Frouzins avec Calenda en Espagne, des expositions à la Galerie Municipale de Villeneuve, des manifestations importantes lors de la restauration d’églises ou de l’implantation d’une croix dans le Cimetière des Pousses. Autant de lieux où les gens ont l’occasion se rencontrer, de s’apprécier  et peut être d’accueillir un Message si important pour leur vie

Publié par Pierre Raffin dans Biographie, Catéchèse | RSS 2.0

Une Réponse à “« Le bonheur est dans les prés »”

  1. chastrusse dit :

    Merci Pierre, pour notre groupe de relecture qui relie notre foi et notre vie. Personnellement, je suis marqué par les rencontres de 3 prêtres: 1 aumônier scout dans les soubresauts de la fin de la guerre d’Algérie: clarté dans les divisions et souci de garder le lien; l’évêque de Durban en Afrique du Sud: Blanc avec les Noirs vivant sa devise: « Là où est l’Esprit, là est la liberté », et notre aumônier national du CCFD qui lorsqu’il célèbre nous rend réellement participant de la cène du Seigneur.
    Bon jubilé et ad multos !

Laisser un commentaire

Roubaoye |
Augustinegunq |
Grandmaitrelanature |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Tadfziv
| Lesentretiensdumardi
| Mscparay