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23-11-2013
Vocation
On m’a souvent demandé : « Comment avez-vous eu la vocation de prêtre ? »
Je ne sais généralement que répondre car j’ai manifesté ce désir très jeune, je peux dire plutôt comment j’ai découvert ce qu’est un prêtre… les choix que j’ai faits consciemment pour le devenir, expliquer la préhistoire de ce désir et de ces choix.
Le premier moment significatif a été pour moi la première Communion faite à l’âge de 7 ans, précédée d’un temps de retraite animée par une vieille religieuse réputée pour savoir raconter des histoires.
Je crois que ce fut le début d’une rencontre personnelle avec le Christ. On nous apprenait à soigner le temps de l’action de grâce lorsqu’on vient de recevoir le Corps du Christ.
J’ai dès lors participé quotidiennement à la messe sans jamais ressentir la moindre monotonie. Je découvrais chaque fois un nouvel aspect de ce qui était célébré dans ces rites. La liturgie commençait alors avec le Psaume « Je m’avancerai jusqu’à l’autel de Dieu »… Il y avait déjà là toute la perspective de ma vie.
Plus tard, au cours d’une retraite, un prêtre nous avait expliqué les rites de la messe. J’ai retenu qu’elle était célébrée pour le salut du monde… Un autre m’a invité à apprendre par cœur, pour mieux les méditer, toutes les paroles de la messe.
Les sulpiciens, quant à eux aimaient nous faire méditer sur les textes liturgiques de l’ordination des prêtres et des différents degrés qui la préparent. J’ai retenu la formule : « Imitez ce que vous accomplissez » dans ces rites : si le Christ exprime son amour en se livrant sous la forme du pain et du vin, il nous demande d’être à notre tour ce pain rompu… pour le salut du monde.
Le Père TEILHARD DE CHARDIN, tandis qu’il faisait de longues expéditions à travers la Chine à la recherche des restes préhistoriques du sinanthrope, alors qu’il n’avait à sa disposition ni pain ni vin, avait composé sa «Messe sur le Monde ». C’est cette messe qu’à mon tour je récitais lorsque avec le Poste de Commandement de notre unité en Algérie nous nous déplacions pour suivre les opérations et, en ce qui me concernait, apporter les premiers secours aux blessés.
Peu de temps après mon ordination sacerdotale, j’ai trouvé dans une méditation faite par un jociste cette expression : « Ceux-ci, c’est mon corps ». L’auteur voulait dire que tous ces jeunes que le Christ lui apprenait à réunir dans son cœur étaient le Corps du Christ.
La Liturgie telle que l’entend le Concile est la prière d’un peuple qui célèbre le Christ.
Le Christ avait bien promis aux disciples : « je ne vous appellerai plus serviteurs mais amis ». Au fur et à mesure que l’on chemine en lui faisant confiance il se fait connaître à nous et élargit l’horizon donné à notre mission. Ses paroles n’ont pas fini de résonner : « Le pain que je lui donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde ».
Le prêtre est le ministre de l’Eucharistie, il doit ensuite imiter dans sa vie les mystères qu’il célèbre et inviter les autres chrétiens à le faire.
Quand on parle de vocation, on parle d’un désir, d’une affinité personnelle mais aussi d’évènements extérieurs qui sont venus vous bousculer ou tout simplement vous nourrir.
Enfant j’ai entendu un prédicateur dans la cathédrale de Lavaur reprendre en refrain cette phrase de l’Evangile : « Le maître est là et il t’appelle ». Cette phrase m’a touché parce qu’elle correspondait à ce que je cherchais alors. C’est ainsi que procède la Parole de Dieu. Elle n’agit que sur un coeur qui y est préparé. Cette Parole ne vient pas qu’une fois. Lors qu’on lit, comme je le fais chaque jour, un passage de cette parole, elle me nourrit pour la journée, ensuite une autre, ou la même, autrement.
La Parole de Dieu n’est pas seulement écrite dans des livres, elle est entendue dans telle ou telle réflexion que l’on reçoit des autres, de l’Eglise. Une autre jeune de la JOC écrivait : « Le mouvement joue pour moi le rôle du Christ », parce qu’il m’interpelle et me pousse à aimer les autres.
Il revenait à notre génération cette conviction du Concile : il a plu à Dieu que sa parole ne résonne pas seulement dans des cœurs isolés, mais qu’ils puissent se la renvoyer les uns aux autres pour avancer en peuple (Christ Lumière des Nations n° 9).
Publié par Pierre Raffin dans Biographie | RSS 2.0
2 Réponses à “Vocation”
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J’ai rencontré beaucoup de prêtres, à la JOC, à l’aumônerie du Lycée, en paroisse, à l’ACO ou des prêtres ouvriers.
J’ai partagé avec eux des moments importants de ma vie . J’ai parcouru avec certains des chemins plus ou moins longs.
Tous m’ont apporté quelque chose, ont contribué à ce que je sus devenu. En m’écoutant, en m’accompagnant et en me poussant à aller plus loin. Souvent je venais chercher des réponses et ils me retournaient les questions m’obligeant à trouver moi même les réponses, à aller plus loin.
L’autre soir en révision de vie, on s’est dit que le Christ partait de l’expérience des gens et à partir de là leur faisait faire un pas supplémentaire. C’est souvent ce qui s’est passé lors des rencontres avec les prêtres.
Merci à Philippe, Pierre, Athanase, Jacques, Philippe, Daniel, Daniel, Bernard, Pierre, Henri, René, Jean Marc, Robert, François, Michel et beaucoup d’autres.
Alain
Merci pour cette réflexion, tu touches là à des attitudes que le Concile a encouragées.Le prêtre est un éducateur de la foi dans toutes ses dimensions, en recherchant sa mise en pratique. Il le fait à la manière du Christ. Il vit sa mission en relation avec d’autres prêtres, des évêques de sorte que nous avons bien conscience que le témoignage que nous portons nous dépasse nous mêmes, nous avons toujours à l’approfondir.